L’Ouest canadien risque de subir un autre hiver froid et neigeux en raison du retour prévu de l’effet de La Niña.
Les spécialistes des prévisions météorologiques surveillent de près les températures à la surface de la mer au large de la côte ouest de l’Amérique du Sud. Une baisse des températures de l’eau au cours du prochain mois ou des deux prochains mois signalerait l’apparition d’un épisode La Niña, ce qui pourrait avoir des répercussions sur les conditions météorologiques dans différentes régions, y compris les Prairies canadiennes.
Jusqu’ici, les modèles météorologiques informatiques laissent croire que les possibilités d’un épisode La Niña sont grandes, selon Bruce Burnett, directeur du service de météorologie et d’analyse des marchés à la Commission canadienne du blé (CCB).
« Les modèles indiquent que nous connaîtrons de nouveau des conditions associées à La Niña cet hiver », affirme M. Burnett.
Si cette prévision s’avère exacte, ce sera le deuxième hiver consécutif influencé par La Niña.
« Pour parler en termes généraux, cela pourrait vouloir dire un autre hiver froid et neigeux », avance M. Burnett.
La Niña (terme espagnol qui signifie « petite fille ») est le nom donné au phénomène dans le cadre duquel les eaux de l’océan Pacifique Est et Centre deviennent plus froides que la normale. La Niña est le phénomène inverse d’El Niño (« petit garçon »), où les températures de l’eau augmentent. Ces deux événements modifient la trajectoire du courant‑jet, ce qui peut influencer les régimes météorologiques à l’échelle mondiale.
Cela s’est produit l’année dernière et il en a résulté des températures inférieures à la normale et des chutes de neige supérieures à la moyenne (des conditions hivernales habituellement associées à La Niña) dans de nombreuses régions de l’Ouest canadien.
La Niña a duré anormalement longtemps, du milieu de 2010 à la fin du printemps 2011. Certains lui attribuent les pluies printanières abondantes qui ont causé des inondations dans certaines parties des Prairies.
La perspective d’un autre hiver influencé par La Niña fait craindre à certains la possibilité de nouvelles inondations en 2012.
Cependant, M. Burnett mentionne que les sols dans l’Ouest canadien sont beaucoup plus secs cet automne qu’ils ne l’étaient il y a un an, ce qui devrait réduire le risque d’inondations printanières l’année prochaine. Cela dit, les sols au Manitoba et dans l’est de la Saskatchewan renferment toujours une grande quantité d’humidité souterraine et ne peuvent absorber beaucoup de précipitations, avertit M. Burnett.
« Si jamais d’importantes quantités de neige tombaient dans ces régions, il y aurait un risque d’inondation à l’approche du printemps. »
M. Burnett souligne qu’il est encore trop tôt pour dire si La Niña se produira ou non. Les prévisionnistes auront une meilleure idée d’ici novembre, une fois qu’ils auront obtenu les résultats des derniers modèles informatiques.
Bien sûr, les modèles pourraient se tromper et il se peut que La Niña ne se produise pas du tout, mentionne M. Burnett.
« Les prévisions météorologiques sont loin d’être une science exacte. »



