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Note de la rédactrice

Allison Finnamore

Plus tôt cette semaine, j'ai assisté à certaines des réunions tenues dans le cadre de la Plant Canada Conference 2011, qui rassemblait six sociétés du domaine des sciences végétales. Pendant quatre jours, plus de 500 chercheurs se sont réunis pour discuter de leurs recherches et de leurs découvertes récentes, ainsi que de toutes les études en cours visant à aider les producteurs agricoles canadiens à optimiser leur production. Les participants à cette assemblée ne représentaient qu'une fraction des chercheurs qui travaillent au nom des agriculteurs.

Ces scientifiques ont une fine connaissance des questions qui vous préoccupent. Ils travaillent d'arrache-pied pour trouver des solutions viables qui vous aideront à affronter les nouveaux ravageurs, les changements climatiques et les problèmes de récolte. Et ils contribuent à mettre les découvertes faites en laboratoire au service des agriculteurs.

Vos commentaires, vos questions et vos idées d’articles sont toujours les bienvenus. Vous pouvez m’écrire à l’adresse allison@finnamore.ca.


1. Étude de l'impact du changement climatique sur les conditions météorologiques

Quelque 500 experts en sciences végétales canadiennes se sont réunis à Halifax cette semaine à l'occasion de la Plant Canada Conference.

Les sociétés canadiennes d'agronomie, de recherche horticole, de phytophysiologie, de phytopathologie, de malherbologie, et l'Association botanique du Canada se sont réunies pour discuter de l'adaptation des végétaux aux changements environnementaux. Les sociétés ont tenu des réunions conjointes et ont effectué des visites de la Nouvelle-Écosse, mais ont aussi tenu leurs propres réunions pour discuter de nouveaux projets de recherche et de découvertes récentes dans certains domaines de recherche.

David Phillips, climatologiste principal à Environnement Canada, et Paul Bullock du Département des sciences du sol à l'Université du Manitoba, ont prononcé des discours thèmes à l'intention de l'assemblée, mentionnant tous deux que le changement climatique et les changements des régimes météorologiques ont un impact sur les cultures canadiennes.

M. Phillips a souligné que les événements météorologiques extrêmes, comme les tempêtes de verglas, la pluie, le vent et la neige, se produisent plus souvent qu'avant, et qualifie les récents événements météorologiques d'« atroces, meurtriers et catastrophiques, d'une ampleur épidémique qui touche toute la planète ».

Par ailleurs, note‑t‑il, les saisons sont de plus en plus imprévisibles. Par exemple, certaines parties de la Saskatchewan qui étaient accablées par la sécheresse l'année dernière se trouvent inondées cette année. Les acériculteurs, poursuit M. Phillips, entamaient leur saison au début de la coulée de la sève, le premier jour du printemps. Au fil des ans, la saison a tellement changé que 80 % des producteurs ont maintenant terminé avant même l'arrivée du printemps.

D'après les prévisions des modèles météorologiques, indique-t-il, les saisons continueront de changer et la variabilité des conditions météorologiques ira en augmentant. Il en résultera des saisons de croissance plus longues et des conditions encore plus extrêmes.

M. Phillips encourage donc les phytologues à poursuivre leurs recherches « afin d'optimiser les semences » pour pouvoir composer avec les changements prévus des conditions météorologiques.

M. Bullock a, quant à lui, soupesé les avantages et les inconvénients du changement climatique pour les cultures canadiennes. D'un côté, les pertes de rendement, l'aridité accrue, des sécheresses plus graves ou plus fréquentes, la tolérance des variétés à un plus grand nombre de ravageurs et la mauvaise distribution des précipitations sont certaines des préoccupations que les chercheurs attribuent au changement climatique. En revanche, le changement climatique pourrait avoir des répercussions positives comme un plus grand nombre de degrés-jours de croissance, la stimulation des rendements par le dioxyde de carbone, l'expansion vers le nord des régions cultivables, une plus grande efficience d'utilisation d'eau, un enracinement plus profond et des sols plus chauds.

Le changement climatique devrait aussi avoir un impact sur les mauvaises herbes, note-t-il.

« En règle générale, les plantes nuisibles poussent pendant l'hiver », mentionne M. Bullock. Il note que les mesures de désherbage actuelles ne seront peut-être plus efficaces. Par exemple, l'efficacité du glyphosate diminue lorsque le dioxyde de carbone augmente, ce qui est l'un des effets du changement climatique. « C’est un peu préoccupant. »

Les précipitations, ajoute-t-il, sont de plus en plus difficiles à prévoir.

« C'est dans ce domaine que nous avons les plus grandes lacunes en matière de prévisions », confie M. Bullock. Toutefois, note-t-il, de nombreuses études indiquent que « les périodes de temps sec pourraient être de plus en plus longues entre les périodes de précipitations, qui seront moins fréquentes, mais plus intenses ».

« Ce n'est pas de bon augure, parce qu'une mauvaise répartition des précipitations est généralement défavorable pour les rendements des cultures. »

Dans l'ensemble, dit M. Bullock, les avantages et les inconvénients du changement climatique sur les cultures canadiennes sont presque en symétrie.

« Nous pouvons assurément nous attendre à des effets positifs, mais aussi à des effets négatifs. L'avenir nous le dira bien », conclut-il.

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2. Les prix du porc et les coûts de la production porcine sont en hausse

Les producteurs de porcs du Canada obtiennent plus d'argent de la vente de leurs animaux cette année.

S'il s'agit d'une bonne nouvelle pour l'industrie, le Conseil canadien du porc (CCP) se méfie de ce que cette hausse représente réellement sur le plan des résultats nets des producteurs.

« Les producteurs enregistrent de petits gains cette année, mais ils doivent rembourser leur dette des cinq ou six dernières années », avertit Gary Stordy, directeur des relations publiques du CCP.

Et si les prix sont plus élevés qu'il y a quelques années, il en va de même du coût de production.

Les producteurs sur la côte est et certains sur la côte ouest doivent expédier leurs porcs vers des établissements de transformation plus éloignés. L'accès aux céréales fourragères pose aussi problème.

Tandis que certains agriculteurs du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse, de l'Île-du-Prince-Édouard et de l'Ontario sont des producteurs mixtes qui produisent leur propre fourrage, d'autres achètent leurs céréales de cultivateurs de l'Ouest canadien, de l'Ontario, des États-Unis et d'autres pays. «Certains  n'ont pas accès à des céréales fourragères à prix raisonnable », affirme M. Stordy, et même si la demande est en croissance, les rendements sont aussi en hausse, de sorte qu'il faut continuer de surveiller la situation.

« Toutefois, nous avons maintenant atteint un point où la demande dépasse le volume produit », explique-t-il. Le maïs a plus de 1 000 utilisations, de la fabrication de tasses en plastique et de bouteilles à boisson gazeuse à la fabrication d'éthanol, en passant par l'utilisation fourragère dans l'industrie du porc. M. Stordy estime que cette dernière utilise 40 % du maïs et du blé produits. « Cette demande excède l'offre. »

« La demande est telle qu'en cas de problème dans les régions de culture du maïs, il risquerait de ne pas y avoir suffisamment de maïs pour nourrir les animaux, affirme M. Stordy. C'est une préoccupation constante. Nous disposons habituellement d'une réserve qui nous permet de tenir de quatre à six mois, mais la réserve nous permettrait de tenir seulement deux semaines. »

Pour tirer parti de la hausse positive des prix du marché, toutefois, le CCP recommande aux producteurs de gérer leurs coûts et d'utiliser des outils de gestion des risques d'entreprise, notamment de bloquer les prix de leurs céréales fourragères dans la mesure du possible. Ce faisant, indique M. Stordy, ils auront la possibilité d'enregistrer des bénéfices.

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3. La CCB lance un appel de livraison spécial pour le blé dur

La Commission canadienne du blé (CCB) lance un appel aux cultivateurs pour qu’ils livrent du blé dur parce que les vastes inondations qui ont touché l’ensemble des Prairies ont sérieusement retardé son programme d’expédition du blé dur.

La CCB a lancé des appels de livraison pour tous les grades de blé dur étant donné que les chargements à Thunder Bay accusent deux semaines de retard et que la commission risque de devoir payer des pénalités de stationnement aux navires en attente, indique Maureen Fitzhenry, porte‑parole de la CCB.

La Commission demande aux producteurs d’honorer leurs contrats de livraison de blé dur avant la fin de la campagne agricole 2010‑2011, qui prend fin le 31 juillet.

« Nous grattons les fonds de tiroir à la recherche du moindre grain de blé dur à l’heure actuelle », dit Mme Fitzhenry.

On signale que l’espace disponible dans les élévateurs à grains des Prairies atteint presque des records, et que les installations devraient être en mesure de recevoir les livraisons sans problème.

La CCB a déclaré récemment que les agriculteurs ont eu des difficultés à livrer des volumes de blé dur suffisants pour répondre à la demande des clients par suite des inondations et des conditions humides qui ont touché une grande partie des régions de culture du blé dur de l’Ouest canadien le printemps dernier.

La Commission envisage peut-être de prolonger la campagne agricole de plusieurs semaines sur certaines lignes de chemin de fer du Canadien Pacifique pour permettre aux agriculteurs d’honorer leurs contrats de livraison de la campagne en cours, ajoute Mme Fitzhenry.

Le programme de livraison de la CCB a été perturbé plus tôt cette année en raison du retard de mise en place des wagons aux lieux de chargement. De fortes avalanches survenues dans les Rocheuses ont accru les retards, et les conditions excessivement humides du printemps ont achevé d’aggraver la situation.

À un moment donné, la commission accusait de quatre à six semaines de retard dans ses livraisons de grain, mais la situation se résorbe graduellement, mentionne Mme Fitzhenry.

« L’année 2011 est assurément l’une des plus difficiles que nous ayons connue. »

Le début imminent de la saison d’expédition à Churchill, dans le Nord du Manitoba, ajoute à la pression sur les livraisons. En effet, le premier navire doit y arriver dans quelques semaines pour prendre du grain, notamment du blé dur, et la CCB s’affaire en ce moment à assembler des wagons porte‑rails pour s’y rendre, dit la porte‑parole.

Le rapport de fin d’année de la Commission, normalement attendu vers le début du mois d’août, a été reporté à plus tard au courant du mois en raison de la récolte tardive attribuable aux conditions humides, note‑t‑elle.

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4. L’environnement est une priorité pour les producteurs laitiers

Jeff Nonay a adopté une technique novatrice qui permet de protéger l’environnement sur sa ferme laitière.

M. Nonay composte les résidus de cloison sèche contenant du gypse, ou sulfate de calcium, avec le fumier de son bétail. La matière qui en résulte fournit 90 % des éléments nutritifs du sol dont le producteur a besoin pour sa ferme laitière de 2 500 acres située au nord d’Edmonton, en Alberta. Ce processus réduit les émissions de gaz à effet de serre de l’exploitation de 60 à 80 %, en plus de consommer annuellement 600 tonnes de matière industrielle qui autrement aboutirait dans un site d’enfouissement.

M. Nonay a exposé sa méthode unique lors de la récente assemblée annuelle des Producteurs laitiers du Canada (PLC), qui avait pour thème la durabilité de l’environnement.

Les émissions de gaz à effet de serre qui résultent de l’éructation et des flatulences des vaches est un sujet délicat dans l’industrie laitière, que l’on accuse parfois de participer au réchauffement climatique.

Il ressort d’une étude récente de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) que le secteur laitier mondial a émis en 2007 près de deux milliards de tonnes de dioxyde de carbone, soit environ quatre pour cent des émissions mondiales annuelles de gaz à effet de serre qui contribuent au réchauffement climatique.

Toutefois, les conférenciers présents à l’assemblée des PLC ont fait savoir aux participants que les producteurs laitiers du Canada participent à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Jacques Laforge, président sortant des PLC, a récemment installé un biodigesteur industriel de 3 millions de dollars sur sa ferme laitière de Grand‑Sault, au Nouveau‑Brunswick, grâce à une contribution de 1,2 million de dollars du gouvernement.

Ce digesteur procure un grand nombre d’avantages du point de vue de l’environnement, comme la réduction du volume de fumier, le recyclage des fibres de paille en litière pour les vaches, l’élimination quasi complète des émissions d’ammoniac et même la génération d’électricité pour produire de l’eau chaude, énumère M. Laforge.

Les exploitations laitières pourraient former des coopératives, propose‑t‑il, pour partager le coût de l’installation des digesteurs.

Les fermes laitières ont d’autres moyens d’être durables sur le plan de l’environnement, souligne Marg Rempel, productrice de Ste. Anne, au Manitoba, qui a récemment découvert un produit appelé Poo‑Poo Paper, soit des extraits de fibres tirées du fumier des vaches et recyclées en enveloppes, en bloc‑notes et en d’autres produits de papier.

Le secteur laitier du Canada est bien placé pour être viable du point de vue de l’environnement en raison de son système de gestion de l’offre, fait remarquer Denis Boutin, l’un des directeurs de la firme québécoise ÉcoRessources Consultants.

En effet, la gestion de l’offre empêche l’expansion démesurée de l’industrie, ce qui atténue ses répercussions sur l’environnement, a expliqué M. Boutin lors de la conférence des PLC.

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5. Aide financière offerte à certains producteurs de la Colombie-Britannique

La Colombie-Britannique a eu accès au programme Agri-relance pour la première fois afin de verser du financement dont ont grandement besoin certains producteurs de pommes de terre et de légumes de la vallée du Fraser et de l’île de Vancouver ainsi que certains grands éleveurs du secteur de l'intérieur de la province.

Des producteurs de pommes de terre et de légumes ont vu leurs champs inondés par suite des pluies abondantes de l'automne dernier, rendant la moitié de leur production impropre à la récolte. De grands éleveurs ont pour leur part essuyé une série de catastrophes, dont des inondations, de la sécheresse et des feux de friches.

La semaine dernière, le ministre fédéral de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire, M. Gerry Ritz, et le ministre de l'Agriculture de la Colombie-Britannique, Don McRae, ont annoncé que les gouvernements verseront une contribution atteignant cinq millions de dollars pour les deux initiatives d'Agri-relance.

L'Initiative Canada-Colombie-Britannique de lutte contre l'excès d'humidité 2011 versera 175 $ par acre aux producteurs de pommes de terre et de légumes des basses terres continentales et de l'île de Vancouver, afin de les aider à restaurer les terres cultivées endommagées par l'eau. L’initiative vise notamment à les aider à éliminer les produits abîmés dans les aires de stockage et à nettoyer et désinfecter les installations.

L'Initiative Canada-Colombie-Britannique d'aide à l'alimentation des animaux et de rétablissement des pâturages 2011 offrira aux éleveurs de bovins et de bisons une aide à l'achat d'aliments de 1,02 $ par vache/veau pour chaque jour passé par l'animal hors du pâturage. De plus, l'initiative proposera une aide au rétablissement des pâturages endommagés par les inondations ou les feux de forêt, en offrant 35 $ par hectare pour couvrir les frais de réensemencement et autres coûts découlant des efforts de rétablissement des pâturages. L'initiative vise notamment les régions de Bella Coola, de Cariboo-Chilcotin et de Central Interior.

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6. Un programme ouvre des débouchés

L'édition 2011 du Cattlemen's Young Leaders Development Program est désormais en bonne voie à la suite d'un processus de recrutement fructueux mené plus tôt cette année.

La réponse est très positive selon la coordonnatrice du programme Fawn Jackson. Seize candidats retenus participent à la session en cours, qui doit s'achever au début de 2012.

Les candidats devaient choisir entre deux volets de mentorat. Le programme professionnel vise des universitaires qui lorgnent une profession dans le secteur du bœuf, notamment le marketing, la santé animale ou la recherche, tandis que le volet « chef de file de l’industrie » vise des producteurs actifs qui présentent un potentiel de leadership.

La mise en œuvre complète du programme national 2011 est consécutive à l'achèvement d'un projet pilote mené en Alberta vers la fin de 2010, dans le cadre duquel cinq participants ont été jumelés à des mentors dans leur domaine d'intérêt.

Ricki Fleming, éleveur de bovins de race Angus et soigneur de bétail principal au Animal Disease Research Institute à Lethbridge, a ainsi fait équipe, dans le cadre du volet axé sur l'industrie, avec les docteurs Michael Jelinski et Craig Dorin, associés directeurs de la société Veterinary Agri-Health Services Ltd.

M. Fleming, qui s'intéressait à la santé animale et à la gestion de pâturage, a profité de l'expertise des deux vétérinaires en matière de nutrition et de biosécurité, et a assisté à un atelier sur le pâturage donné à Acme.

M. Fleming estime que ce programme offre un excellent potentiel permettant de combler l'écart entre l'univers des 4-H et de l'éducation collégiale et le monde réel des affaires, ainsi que la chance d'établir des contacts avec l'industrie et de créer des possibilités de croissance future.

MM. Jelinski et Dorin considèrent que cette expérience constitue un moyen de réinvestir dans une industrie qui a fourni nombre d'excellents mentors au fil des ans. M. Jelinski affirme qu'ils envisageraient certainement de participer de nouveau. Les deux confrères estiment que les bases d'une relation durable avec M. Fleming sont jetées, et prévoient entretenir cette relation dans l'avenir.

Coordonné par la Canadian Cattlemen's Association, le Cattlemen's Young Leaders Development Program vise à tirer parti de l'expertise et de l'expérience de leaders de l'industrie en combinant de la formation axée spécifiquement sur l'industrie et des occasions de mentorat formel et informel destinées à des producteurs âgés de 18 à 35 ans. Les participants disposent d'un budget de 2 000 $ pour participer, à leur choix, à l'un des nombreux événements de l'industrie.

Les candidatures pour 2012 seront acceptées à partir du 1er novembre 2011. Consultez le www.cattlemensyoungleaders.com (site disponible en anglais uniquement) pour obtenir plus d'information.

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7. AgraPoint entre dans l'ère des médias sociaux

En 2011, la création d'un blogue ne relève pas exactement de la haute technologie. Toutefois, pour la société d'experts-conseils néo-écossaise AgraPoint, il s'agit d'un moyen utile de communiquer avec les agriculteurs.

Ce printemps, AgraPoint a mis en ligne 10 blogues traitant de sujets comme les petits fruits, les légumes, la commercialisation et la salubrité alimentaire. Ces carnets font partie d'une vaste stratégie utilisant les médias sociaux pour communiquer de l'information locale aux cultivateurs, indique la directrice du marketing et des communications d'AgraPoint, Lynne Godlien.

« Les gens ont toujours eu la possibilité de communiquer avec nous par courriel, mais nous ne recevions jamais autant de demandes que nous en recevons par le truchement des blogues. Une personne peut nous demander quelles sortes de ravageurs elle devrait dépister dans un certain type de grandes cultures. Ce n'est pas le genre de question qu'on nous pose sur le site Web, mais on nous la pose sur le blogue. »

« Cela s'apparente à une conversation. C'est très informel, indique Mme Godlien. Un producteur qui lit un blogue a l'impression que c'est John le spécialiste qui s'adresse à lui, et non pas Lynne la directrice des communications qui lui envoie un courriel. De plus, les blogues peuvent être mis à jour à partir de n'importe quel endroit où l'on trouve une connexion Internet. Les spécialistes peuvent facilement afficher un message à partir du champ grâce à leur [téléphone intelligent]. »

L'expert-conseil en matière de bleuets Peter Burgess rédige des blogues sur les bleuets en corymbes et les bleuets nains. Les années précédentes, il envoyait quelques courriels par semaine aux producteurs de bleuets nains pendant la saison de la pourriture sclérotique, mais trouvait que « c'était une tâche très contraignante et difficile. Sur le blogue, il est facile de rédiger et de modifier un article, de le copier-coller, et d'y joindre des photos et des liens Internet.

Il ajoute qu'il peut facilement mettre à jour son blogue à mesure que les questions se présentent. Entre autres sujets récents, il a publié des mises à jour sur divers ravageurs et différentes maladies, un rappel concernant l'installation de pièges à mouches des fruits, et de l'information sur des événements à venir.

Mme Godlien indique que les blogues qui traitent des bleuets sont les plus populaires à l'heure actuelle, mais que cela va sans doute changer étant donné la nature saisonnière de l'agriculture.

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8. La recherche sur le génome du blé est porteuse de promesses

Des chercheurs de plusieurs pays travailleront en collaboration pour cartographier le génome du blé, et espèrent y arriver d'ici les cinq prochaines années.

La connaissance de la séquence d'ADN permettra aux sélectionneurs de végétaux de mettre au point des variétés de blé offrant un rendement plus élevé, une meilleure qualité, et une plus grande résistance aux maladies.

La tâche ne s'annonce toutefois pas facile parce que le génome du blé a cinq fois la taille du génome humain.

Des chercheurs du Centre d'amélioration des cultures de l'Université de la Saskatchewan, à Saskatoon, vont cartographier les gènes de l'un des 21 chromosomes du blé. Curtis Pozniak, sélectionneur de blé dur, dirige ce projet en collaboration avec le sélectionneur de blé de printemps Pierre Hucl.

« Un certain nombre de pays ont choisi un chromosome ou quelques chromosomes dont ils souhaitent établir la séquence, indique M. Pozniak. Pour notre part, nous avons choisi le chromosome 6D parce qu'il renferme quelques-uns des gènes qui sont importants pour l'agriculture dans l'Ouest canadien. »

Le chromosome 6D contient des gènes qui représentent la clé de la résistance aux maladies, comme la rouille, et qui sont importants pour la qualité générale du blé à l'utilisation finale.

Ce projet sera géré par l'organisme Genome Prairie et s'inscrit dans le cadre du Canadian Triticum Advancement through Genomics Project (projet d'amélioration du blé commun canadien par le truchement de la génomique) évalué à 8,5 millions de dollars. Il représentera la participation du Canada aux nouveaux efforts internationaux en matière de séquençage du blé.

Le gouvernement fédéral octroiera 4,1 millions de dollars par le truchement de l'initiative Génome Canada. D'autres organismes apporteront des contributions importantes, dont le gouvernement de la Saskatchewan (1,5 million de dollars), la Western Grains Research Foundation (1,1 million) et le National Agri-Food Biotechnology Institute de l'Inde (1 million).

« Ce type de collaboration en matière de recherche entre le public et le privé doit être plus fréquent, dit Gerrid Gust, cultivateur de Davidson, en Saskatchewan, et président de la Western Canadian Wheat Growers Association. Grâce à la collaboration et à la mise en commun du savoir, des variétés améliorées seront plus rapidement à la disposition des producteurs. »

Le blé représente annuellement environ quatre milliards de dollars pour l'industrie agricole canadienne. La valeur totale est d'environ 11 milliards si l'on tient compte de la transformation alimentaire à valeur ajoutée.

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9. Analyse du marché - Faits saillants du marché des oléagineux

De façon générale, les marchés de grains ont suivi les prix à terme du maïs de Chicago cette semaine.

Le marché assujetti aux conditions météorologiques de l'été est maintenant bien en place, ce qui signifie que la volatilité des prix persiste, et demeure associée aux prévisions météorologiques en Amérique du Nord (en particulier à l'échelle du Midwest des États-Unis). Et lorsque les conditions météorologiques ne représentent pas l'enjeu dominant, c'est l'influence des forces macroéconomiques extérieures (à commencer par le débat sur la conciliation de la dette en Union européenne (UE) et aux États-Unis).

Toutefois, les conditions météorologiques exerçaient une influence haussière sur les marchés à la fin de la semaine dernière et au début de cette semaine en raison des nouvelles conditions chaudes et arides sur une grande partie de l'Amérique du Nord.

Oléagineux
Examinons d’abord le soja du Chicago Board of Trade. Depuis janvier, le contrat de novembre pour la nouvelle récolte se situe dans une fourchette de prix de 14,00 $ à 13,00 $ le boisseau. Ce marché qui évolue en spirale depuis longtemps finira par atteindre un point de rupture, et, selon la direction qu'il prendra, établira des prix de rupture cibles soit de 11,70 $, soit de 15,30 $.

Les prix à terme du soja se situent près de la limite supérieure de leur fourchette commerciale actuelle cette semaine (le 20 juillet au moment de la rédaction de ces lignes). Les retombées positives du marché du maïs et les conditions chaudes et arides dans le Midwest, censées faire diminuer les évaluations de l'état des cultures cette semaine, contribuent à faire augmenter les prix à terme du soja. Le régime météorologique actuellement en place sur le Midwest devrait se maintenir jusqu'en fin de semaine.

Toutefois, les gains du soja sont limités par la demande d'exportation léthargique et par la reprise des ventes de fonds spéculatifs, tandis que le marché du soja se situe à la limite supérieure de sa fourchette commerciale.

Comme l'indice saisonnier de cinq ans indique que le contrat pour les haricots de novembre tend à reculer de la fin juin jusqu'à la fin août, l'expérience donne à penser que le marché devrait atteindre un point de rupture en baisse. Toutefois, si les fonds spéculatifs en position longue uniquement devaient susciter de l'intérêt dans le marché du soja comme investissement de faible volatilité (par rapport à la plus forte volatilité comparative des prix à terme du blé ou du maïs), la possibilité d'une remontée contraire à la saison n'est pas à écarter.

Canola
Si l'on en croit les graphiques, le canola continue d'évoluer dans une fourchette commerciale latérale semblable à celle du soja. Rien n'indique toutefois clairement l'atteinte imminente d'un point de rupture en hausse ou en baisse dans le cas du canola.

La ligne précédente de tendance à la hausse, qui a été frôlée vendredi dernier, la formation graphique en doji, et les données qui forment une chandelle rouge sur les graphiques de prix ne sont assurément pas des signaux techniques positifs. Les données aléatoires quotidiennes font ressortir une tendance de surachat,  et ceux qui envisagent le marché d'un œil optimiste ont intérêt à agir au plus tôt, car les prix à terme sont peut-être destinés à frôler de nouveau une zone de soutien graphique en baisse à 550 $ la tonne.

Le soutien dont bénéficie le canola provient de la réduction de superficie irréversible aux États-Unis et au Canada, ainsi que de la baisse de rendement irréversible en UE. Toutefois, le canola est simplement un autre choix d'oléagineux pour les consommateurs, et est déjà cher comparativement au soja et à d'autres huiles végétales. Il faut savoir qu'un écart de production d'un million de tonnes dans les Prairies ne signifie pas que les prix à terme du canola augmenteront nécessairement, mais plutôt que sa valeur comparative par rapport aux prix des oléagineux concurrents demeure plus élevée, et ce, pour une plus longue période.

Les stocks d'huile de palme, qui est une huile saine, un régime d'achat patient de la Chine, et un équilibre gérable de l'offre et de la demande de soja constituent des raisons pour lesquelles le canola ne peut entreprendre une tendance haussière soutenue à l'heure actuelle.

Certains acteurs du marché considéraient que les préoccupations relatives à l'état des cultures dans l'Ouest canadien étaient une source de soutien du marché pour le canola. La Saskatchewan et le Manitoba sont aux prises avec une vague de chaleur, et on rapporte que les températures chaudes exercent une certaine tension sur les cultures. Même si de nombreuses régions pourraient bénéficier d'un regain de pluie imminent, les avis étaient partagés quant à l'ampleur possible des dommages que les températures chaudes pourraient causer aux cultures.

Inversement, d'autres indiquent que la chaleur a généralement un effet positif en ce sens qu'elle a permis un développement végétal tardif. Les réserves d'humidité demeurent amples et la récente sécheresse a entraîné un enracinement plus profond du canola, permettant aux cultures en croissance d'aller chercher plus d'éléments nutritifs.

Si l'on examine un graphique des prix à terme du canola de novembre, on constate que le marché fluctue depuis des mois en hausse et en baisse à l'intérieur de la tendance latérale générale de six mois, affichant souvent des augmentations de trois ou quatre semaines, et que la flambée actuelle des prix dépend strictement des prévisions météorologiques.

PFCanada continue de considérer la progression du marché, qui frôle les limites supérieures de la fourchette commerciale actuelle, comme une occasion de vente potentielle.

Enfin, le dollar canadien qui demeure très fort a un effet défavorable sur les marges de trituration du canola, et certains acteurs du marché ont l'impression que les prix à terme ne sont pas encore prêts à tester la limite supérieure de la tendance commerciale latérale de six mois.

Mike Jubinville de Pro Farmer Canada offre de l'information sur les marchés des produits et les stratégies de marketing. Téléphoner au 204-654-4290 ou se rendre à l'adresse www.pfcanada.com (en anglais seulement) pour en savoir plus au sujet des services qu'il offre.

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