Les tracteurs sont immobiles et de nombreux champs ne sont toujours pas ensemencés en Ontario cette semaine, mais une soudaine amélioration des conditions météorologiques permet aux agriculteurs d’espérer qu’il n’est pas trop tard pour effectuer leurs semis.
L’augmentation des températures et l’ensoleillement ardent suivis d’une brise vive et chaude enregistrés au début et au milieu de la semaine permettent de croire avec optimisme que les champs détrempés pourraient commencer à s’assécher.
Près de Chatham, les agriculteurs ont accueilli favorablement les vents chauds et secs, mais demeuraient aux prises avec les effets de presque 150 millimètres de pluie tombés la semaine dernière.
« Les champs s’assèchent bien, mais des étangs se forment dans les terres basses », affirme Mark Huston, agriculteur de la région de Thamesville, qui creusait des sillons dans certaines de ces zones mercredi pour tenter de drainer l’eau.
Il estime que même s’il ne pleuvait pas et que le temps clément se poursuivait, il faudrait encore au moins deux jours avant qu’on puisse reprendre les semailles à l’exploitation de céréaliculture et d’élevage de sa famille.
Les agriculteurs établis plus au sud sont eux aussi dans une situation difficile. Dans le comté d’Essex, dans l’extrémité sud-ouest, on signale que des producteurs doivent s’attendre à subir des pertes pouvant atteindre 25 p. 100, voire plus dans certains cas.
« La rive nord du Lac Érié n’a pas été épargnée par la pluie », affirme
Peter Johnson, spécialiste des grandes cultures au ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario. Il note que dans la région de Woodstock, par exemple, un producteur a enregistré seulement 13 journées sans pluie dans tout le mois de mai.
Le ministère commence à suggérer l’adoption d’autres plans d’ensemencement pour le maïs. Par exemple, il recommande aux agriculteurs dans les régions où le nombre d’unités thermiques maïs est inférieur à 3 200 d’envisager plutôt des hybrides à cycle plus court. Le ministère indique que le maïs ensemencé dans les sols à texture moyenne, où des rendements moyens en maïs par rapport aux rendements en soja sont plus appréciables, peut tout de même être rentable même s’il est ensemencé au cours de la première semaine de juin. Toutefois, le ministère ajoute que sur les sols plus lourds, le soja présente maintenant un meilleur potentiel de profit.
L’ensemencement du soja continue d’accuser du retard en Ontario, où l’état d’avancement est inférieur à 15 p. 100. Cela dit, le ministère suggère aux producteurs d’éviter d’opter pour des fèves oléagineuses à maturité plus rapide à moins que l’ensemencement soit retardé après le 15 juin.
« Il est inutile à l’heure actuelle de choisir une fève de jour court; cela peut même réduire considérablement le potentiel de rendement », avertit-il.
Pour sa part, le spécialiste du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario, M. Johnson, indique que des saisons de croissance humides comme celle-ci, où le paysage est clairement parsemé de champs détrempés, font ressortir l’importance du drainage souterrain.
« Si vous ne faites pas de [drainage par tuyaux enterrés], vous en paierez le prix. Vous subirez des pertes de rendement », conclut-il.



