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Note de la rédactrice

Allison Finnamore

Bon nombre d’entre vous m’ont écrit pour m’informer de la progression de leurs semis. La majorité des messages provenait des Prairies, où beaucoup m’ont signalé des cas d’enlisement d’équipement et la pluie presque incessante. J’apprécie que vous preniez le temps de m’écrire.

Dans le numéro de cette semaine, nous vous proposons des articles qui traitent à nouveau des conditions météorologiques, notamment de leurs répercussions sur les marchés agricoles.

Vos commentaires, vos questions et vos idées d’articles sont toujours les bienvenus. Vous pouvez m’écrire à l’adresse allison@finnamore.ca.


1. L’amélioration des conditions météorologiques fait naître l’espoir

Les tracteurs sont immobiles et de nombreux champs ne sont toujours pas ensemencés en Ontario cette semaine, mais une soudaine amélioration des conditions météorologiques permet aux agriculteurs d’espérer qu’il n’est pas trop tard pour effectuer leurs semis.

L’augmentation des températures et l’ensoleillement ardent suivis d’une brise vive et chaude enregistrés au début et au milieu de la semaine permettent de croire avec optimisme que les champs détrempés pourraient commencer à s’assécher.

Près de Chatham, les agriculteurs ont accueilli favorablement les vents chauds et secs, mais demeuraient aux prises avec les effets de presque 150 millimètres de pluie tombés la semaine dernière.

« Les champs s’assèchent bien, mais des étangs se forment dans les terres basses », affirme Mark Huston, agriculteur de la région de Thamesville, qui creusait des sillons dans certaines de ces zones mercredi pour tenter de drainer l’eau.

Il estime que même s’il ne pleuvait pas et que le temps clément se poursuivait, il faudrait encore au moins deux jours avant qu’on puisse reprendre les semailles à l’exploitation de céréaliculture et d’élevage de sa famille.

Les agriculteurs établis plus au sud sont eux aussi dans une situation difficile. Dans le comté d’Essex, dans l’extrémité sud-ouest, on signale que des producteurs doivent s’attendre à subir des pertes pouvant atteindre 25 p. 100, voire plus dans certains cas.

« La rive nord du Lac Érié n’a pas été épargnée par la pluie », affirme
Peter Johnson, spécialiste des grandes cultures au ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario. Il note que dans la région de Woodstock, par exemple, un producteur a enregistré seulement 13 journées sans pluie dans tout le mois de mai.

Le ministère commence à suggérer l’adoption d’autres plans d’ensemencement pour le maïs. Par exemple, il recommande aux agriculteurs dans les régions où le nombre d’unités thermiques maïs est inférieur à 3 200 d’envisager plutôt des hybrides à cycle plus court. Le ministère indique que le maïs ensemencé dans les sols à texture moyenne, où des rendements moyens en maïs par rapport aux rendements en soja sont plus appréciables, peut tout de même être rentable même s’il est ensemencé au cours de la première semaine de juin. Toutefois, le ministère ajoute que sur les sols plus lourds, le soja présente maintenant un meilleur potentiel de profit.

L’ensemencement du soja continue d’accuser du retard en Ontario, où l’état d’avancement est inférieur à 15 p. 100. Cela dit, le ministère suggère aux producteurs d’éviter d’opter pour des fèves oléagineuses à maturité plus rapide à moins que l’ensemencement soit retardé après le 15 juin.

« Il est inutile à l’heure actuelle de choisir une fève de jour court; cela peut même réduire considérablement le potentiel de rendement », avertit-il.

Pour sa part, le spécialiste du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario, M. Johnson, indique que des saisons de croissance humides comme celle-ci, où le paysage est clairement parsemé de champs détrempés, font ressortir l’importance du drainage souterrain.

« Si vous ne faites pas de [drainage par tuyaux enterrés], vous en paierez le prix. Vous subirez des pertes de rendement », conclut-il.

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2. Les dates limites de l’assurance-récolte sont repoussées

La Saskatchewan Crop Insurance repousse les dates limites d’ensemencement en raison d’un printemps très humide dans de nombreuses parties du Sud et du Centre-Est de la Saskatchewan.

« L’excès d’humidité empêche à nouveau les producteurs de se rendre aux champs et la progression de l’ensemencement est ralentie, indique le ministre de l’Agriculture de la Saskatchewan, Bob Bjornerud. J’espère que cette prolongation donnera aux producteurs un peu plus de temps pour effectuer leurs semis en continuant d’être assurés, mais nous sommes tous conscients que la meilleure solution à cette situation serait d’avoir du temps chaud et sec. »

Dans les régions où la saison de croissance est plus longue, comme celles d’Estevan, de Moose Jaw et de Swift Current, les producteurs assurés bénéficieront d’une couverture pour la majorité des cultures semées avant le 20 juin.

Dans le reste de la province, les clients de l’assurance-récolte bénéficieront maintenant d’une protection pour toutes les cultures semées avant le 15 juin. Les exceptions sont l’orge, l’avoine, la moutarde, les pois et le canola-navette, qui peuvent être semés et assurés jusqu’au 20 juin.

Si un cultivateur assuré est incapable de semer dans les nouveaux délais fixés en raison de l’excès d’humidité, il recevra un paiement de 70 $ pour chaque acre non ensemencé (Unseeded Acreage Payment). Ce montant ne comprend pas l’intensité des semis et l’intensité de l’assurance ni une franchise de cinq pour cent.

C’est la deuxième année consécutive que La Saskatchewan Crop Insurance repousse les dates limites d’ensemencement en raison de l’humidité excessive.

L’année dernière, la société d’assurance a versé quelque 12 000 paiements relatifs à des acres non ensemencés, au montant d’environ 220 millions de dollars. Les demandes d’indemnisation en 2010 couvraient 6,8 millions d’acres et provenaient des quatre coins de la province, même si les régions les plus durement touchées ont été le Centre-Est et le Nord-Est de la Saskatchewan.

Certains agriculteurs dans les régions les plus humides du Sud-Est de la province espèrent toujours semer leur canola qui est plus lucratif, même s’il doit être semé à la volée ou par avion.

« Il faut compter un peu sur la chance et avoir un brin d’audace lorsqu’on sème à l’aide de certaines de ces méthodes de rechange, mais certains y arrivent », selon Elaine Moats, spécialiste des cultures de Saskatchewan Agriculture à Weyburn.

Elle prévoit que les agriculteurs vont délaisser le blé dur parce qu’il a tendance à prendre plus de temps pour parvenir à maturité. L’avoine et l’orge, deux cultures à cycle plus court, seront sans doute les cultures de remplacement.

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3. Une entente de prix dans le secteur avicole procure une plus grande stabilité

Des éleveurs et des transformateurs de poulets en Colombie-Britannique ont conclu une nouvelle entente de trois ans en matière de fixation des prix, ce qui leur procure une plus grande stabilité dans leurs accords mutuels en matière de fixation des prix.

Dans le cadre de la nouvelle entente, les producteurs obtiennent 4,8 cents le kilogramme de plus que le prix moyen pondéré en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba et en Ontario pour les 11 premières périodes de l’accord. L’écart augmentera ensuite à 4,85 cents le kilogramme de plus que le prix moyen pondéré pour les sept dernières périodes.

« Cet écart permet de payer une partie des coûts supplémentaires liés aux aliments pour animaux et rétablit des conditions de concurrence plus équitables avec les producteurs à l’échelle du pays », explique Bill Vanderspek, directeur général du B.C. Chicken Marketing Board.

La nouvelle entente procure aux éleveurs un prix plus élevé que ce qu’avait exigé le B.C. Farm Industry Review Board dans une décision en matière de prix annoncée en juin dernier. La nouvelle entente de prix est fondée sur cette décision, qui s’est traduite par l’adoption d’une formule d’établissement de prix, mais avec une sécurité de prix à plus long terme.

« C’est une excellente nouvelle pour la rentabilité des producteurs et des transformateurs, dit M. Vanderspek. Plutôt que de devoir investir des fonds et des ressources humaines tous les huit mois pour négocier les prix, les deux parties pourront s’employer à produire et à transformer des poulets. »

L’entente semble fonctionner étant donné que les producteurs et les transformateurs ont retiré tous leurs appels en matière de prix après avoir conclu une entente de prix de trois ans.

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4. Les producteurs de lait unissent leurs forces dans la lutte contre la paratuberculose

La paratuberculose, ou maladie de Johne, a été désignée comme une menace majeure pour les producteurs de lait du Canada atlantique. Toutefois, ce n’est pas une tâche facile de mesurer l’ampleur du problème, et encore moins de prendre des mesures pour en arriver à la maîtriser.

La maladie se transmet habituellement de vaches plus âgées à des veaux, mais ceux-ci n’affichent aucun symptôme jusqu’à ce qu’ils aient atteint l’âge de quatre ou cinq ans. La maladie touche le tractus gastro-intestinal de l’animal et peut entraîner des pertes importantes de lait, un risque accru de mise à la réforme et une baisse du succès de reproduction. Le symptôme principal est la diarrhée, mais des experts affirment que de nombreux producteurs n’établissent jamais le lien avec la paratuberculose.

L’industrie laitière de la région unit ses forces pour en arriver à maîtriser la maladie. La Atlantic Johne’s Disease Initiative a reçu une contribution de 1,1 million de dollars des conseils de l’industrie laitière de
l’Île-du-Prince-Édouard, du Nouveau-Brunswick et de Terre-Neuve-et-Labrador, ainsi que du Programme canadien d’adaptation agricole (PCAA).

Le Dr Greg Keefe du Collège vétérinaire de l’Atlantique (CVA) supervisera l’initiative.  Il est en ce moment à la recherche de producteurs volontaires. Des échantillons seront prélevés dans différentes zones de la ferme selon un protocole approuvé par le département de l’Agriculture des États-Unis (USDA). Ils seront analysés au laboratoire du CVA.

« En élaborant cette initiative, nous avons examiné d’autres programmes similaires utilisés ailleurs au Canada et dans la monde, dit M. Keefe. Nous avons pris le meilleur de chacun de ces programmes et avons créé un modèle durable pour réduire la maladie dans les troupeaux infectés et empêcher qu’elle se propage d’un troupeau à l’autre. »

Même si le résultat du dépistage est positif, M. Keefe précise que cela indique seulement qu’au moins une vache est atteinte. Les bovins seraient alors soumis à un dépistage individuel afin de déterminer l’ampleur du problème. Le premier test est gratuit pour les producteurs participants, et le projet paie aussi une partie du coût des tests.

Les résultats sont communiqués au vétérinaire du producteur, qui peut élaborer une stratégie de gestion du risque adaptée à l’exploitation. La paratuberculose est incurable, donc selon la production de lait de la vache, l’animal peut être mis à la réforme ou le producteur peut décider de le garder mais de veiller à ce qu’il n’entre pas en contact avec les jeunes veaux.

« Si l’exploitation obtient un résultat négatif aux tests de dépistage, le vétérinaire peut alors suggérer au producteur des moyens de veiller à limiter le risque pour sa ferme », ajoute M. Keefe. Toutefois, dit-il, il arrivera que la paratuberculose n’apparaît pas au cours de la première année où sont conduits des tests.

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5. Risque accru de fièvre charbonneuse

L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) recommande fortement aux éleveurs de bétail des provinces des Prairies de prendre les précautions nécessaires pour protéger leurs animaux contre la fièvre charbonneuse l’été prochain.

La fièvre charbonneuse est une maladie d’origine naturelle qui peut avoir des conséquences dévastatrices sur les élevages de bovins, de moutons, de chèvres, de chevaux et de bisons. Les spores causant la maladie sont présentes dans le sol des Prairies. Elles remontent généralement à la surface du sol durant les mois d’été lorsque des précipitations importantes ou des inondations sont suivies par du temps chaud et sec.

« On s’attend à ce que le risque de fièvre charbonneuse augmente cet été », déclare le Dr Brian Evans, vétérinaire en chef et chef de la salubrité des aliments du Canada, dans un communiqué récent. Il encourage tous les éleveurs de bétail des Prairies à discuter avec leur vétérinaire au sujet de la vaccination de leurs animaux, particulièrement si leur troupeau se trouve dans une région où la fièvre charbonneuse a déjà été dépistée.

L’ACIA recommande également aux producteurs de protéger leurs animaux en prenant les mesures suivantes :

  • éviter de donner aux animaux non vaccinés du foin coupé près du sol ou des aliments du bétail qui ont été en contact avec le sol;
  • nettoyer vigoureusement et désinfecter le matériel et les chaussures pouvant avoir été en contact avec du sol contaminé;
  • nettoyer les vêtements portés pour s’occuper des animaux malades séparément des autres vêtements à nettoyer.

On trouve de plus amples renseignements sur la fièvre charbonneuse à l’adresse http://www.inspection.gc.ca/francais/anima/disemala/anthchar/
anthcharf.shtml
.

 

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6. Nouvelle poire prête pour la production

Les consommateurs devraient commencer à voir la toute nouvelle poire produite en Ontario, appelée Sundown, dans le rayon fruits de leur épicerie cet été.

La Vineland Growers Cooperative, qui est le plus important fournisseur de poires des chaînes d’alimentation au détail de l’Ontario, a conclu une entente avec le Vineland Research and Innovation Centre en vue de produire la poire Sundown en Ontario, au Québec et dans les Maritimes.

La Vineland Cooperative est le principal emballeur de fruits dans l’Est du Canada. Elle fournit à 120 producteurs membres et non membres des services de vente de fruits tendres et de raisin frais, et vend plus de la moitié de la production de fruits tendres de l’Ontario.

La poire Sundown, officiellement appelée AC Harovin Sundown, a été mise au point par Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC). Le Vineland Research and Innovation Centre, organisation indépendante et sans but lucratif spécialisée en horticulture, a négocié les droits mondiaux de marketing et de commercialisation de la poire Sundown au moment de son lancement, il y a trois ans.

Le centre prévoit que la poire Sundown sera appréciée des consommateurs en raison de sa peau vert clair, de sa chair ferme et de son goût sucré unique. Le centre affirme aussi que les producteurs apprécieront sa tolérance au feu bactérien, sa résistance au froid, sa durée utile de stockage après récolte et son rendement.

Jim Brandle, président-directeur général du centre de recherche et d’innovation, affirme que le marketing a été reconnu comme étant un obstacle à la rentabilité l’année dernière dans une étude stratégique à long terme dans le cadre du Programme de transition relatif aux vergers et aux vignobles.

« Pour rester concurrentiel, le secteur agricole canadien doit forger de nouveaux types d'alliances de marketing qui lui permettront de conquérir des marchés de premier plan et d'augmenter les marges des producteurs », explique M. Brandle. Il ajoute que la coopérative est déjà un négociant renommé qui a conclu de solides ententes de vente au détail dans l'Est du Canada et coordonne plus de 70 p. 100 de la production de poires en Ontario.

Les producteurs désireux de produire des poires Sundown sont priés de communiquer directement avec la Coopérative. Des sous-licences peuvent aussi être octroyées par Vineland pour les régions autres que l'Ontario, le Québec et les Maritimes.

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7. Étude sur la rétention des étiquettes IRF

La perte d’étiquettes chez les bovins est la principale lacune des étiquettes d’identification par radiofréquence (IRF), affirme Paul Laronde, coordonnateur, Technologie et étiquettes, à l’Agence canadienne d’identification du bétail (ACIB).

M. Laronde est la personne de l’Agence vers qui se tourner quand il s’agit de quantifier les plaintes et de trouver des solutions. Et, si la perte d’étiquettes est un problème, il souligne que « les étiquettes ne tombent pas si elles sont posées correctement. Une étiquette manquante signifie en principe qu’elle s’est accrochée sur un obstacle, par exemple, une mangeoire, une clôture ou une corde utilisée pour lier les balles. »

Les producteurs qui ont des problèmes d’étiquettes peuvent les déclarer directement à l’aide du formulaire de contrôle de la qualité des étiquettes disponible en anglais sur le site Web de l’ACIB à www.canadaid.ca/fr.

Selon M. Laronde, le formulaire détaillé est conçu pour donner aux producteurs la possibilité de mettre le doigt sur des problèmes précis. En effet, il leur permet de recueillir des statistiques sur les problèmes et de les signaler au fabricant en vue de trouver une solution.

« Nous voulons aller au fond du problème », dit M. Laronde, qui note que toutes les étiquettes approuvées font l’objet d’une vérification annuelle où l’on évalue les composants électroniques, la solidité et la lisibilité.

M. Laronde réalise également une vérification post-traitement, au cours de laquelle il collecte les étiquettes auprès de conditionneurs après qu’elles ont été retirées des animaux destinés à l’abattage.Il effectue ensuite un test de lecture pour s’assurer que chaque étiquette fonctionne.

L’ACIB procède actuellement à la révision de ses normes relatives aux étiquettes en adoptant des normes internationales établies par l’Organisation internationale de normalisation (ISO) ainsi que par le Comité international pour le contrôle des performances en élevage (ICAR).

M. Laronde ajoute que l’ICAR représente « la norme idéale en matière de tests. Nous voulons avoir la meilleure étiquette au monde. »

L’Agence a aussi lancé un vaste essai sur la rétention des étiquettes dans le cadre duquel plusieurs voies seront explorées. L’essai visera notamment les veaux, les bovins d’engraissement et les sujets reproducteurs afin de déterminer les problèmes de rétention à court et à long terme.

Les essais, qui feront l’objet d’un contrôle rigoureux afin de fournir des données statistiquement pertinentes, viseront des animaux de l’Ontario à la
Colombie-Britannique et couvriront une vaste étendue géographique, des zones forestières du Nord de la Saskatchewan aux plaines herbeuses du Sud de l’Alberta. M. Laronde indique que l’objectif est d’avoir une base de référence canadienne en ce qui a trait à la rétention des étiquettes, et ce, à l’aide d’étiquettes déjà approuvées.

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8. Accroître la sensibilisation à l’utilisation d’antibiotiques

Les producteurs de poulet du Canada adoptent une démarche proactive à l’égard des préoccupations au sujet de l’utilisation d’antibiotiques en agriculture.

Mike Dungate, directeur exécutif des Producteurs de poulet du Canada (PPC), affirme que les producteurs de poulet ont toujours pris la salubrité alimentaire au sérieux.

C’est ce qui a conduit à la mise en place, en 1998, du Programme d’assurance de la salubrité des aliments à la ferme (PASAF). Ce programme normalise les pratiques en matière de salubrité des aliments à la ferme, y compris les exigences concernant l’utilisation d’antibiotiques ainsi que l’enregistrement et la déclaration obligatoires de l’utilisation d’antimicrobiens. Toutes les exploitations font l’objet de vérifications annuelles dans le cadre du PASAF.

« La première étape est de veiller à ce que les producteurs utilisent de bonnes pratiques de gestion, indique M. Dungate. Sans pratiques de gestion appropriées, les producteurs auraient peut-être besoin d’utiliser plus d’antibiotiques. »

La mise en place du PASAF est l’une des cinq mesures s’inscrivant dans un plan d’action créé par les PPC pour se pencher sur l’utilisation d’antibiotiques, en particulier sur la question de la résistance aux antimicrobiens.

Les quatre autres mesures sont les suivantes :

  • Investissement dans la recherche sur la résistance aux antimicrobiens et sur les solutions de rechange à l’utilisation d’antibiotiques. Ces dernières années, l’industrie a investi plus de 1,4 million de dollars, et une contrepartie de plus de 5,1 millions de dollars a été octroyée.
  • Établissement d’un groupe de travail composé d’intervenants de l'industrie pour examiner les moyens de réduire l’usage d’antibiotiques.
  • Éducation des consommateurs au sujet de la manipulation et de la cuisson du poulet en toute sécurité.
  • Travail en collaboration avec le Programme intégré canadien de surveillance de la résistance aux antimicrobiens (PICRA) de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC).

« Dans le cadre du PICRA, l’Agence de la santé publique fait des tests de résistance sur les porcs, les bovins de boucherie et les poulets, mais, à la différence des porcs et des bovins, les essais visant le poulet ne sont pas réalisés à la ferme. »

Les PPC aimeraient que la surveillance de la résistance aux antimicrobiens chez les poulets soit effectuée à la ferme.

« Il n’existe aucune étude qui établit un lien entre la résistance aux antibiotiques et l’utilisation d’antibiotiques dans la volaille, mais s’il y a un problème et que nous en sommes en partie responsables, nous voulons y remédier, déclare M. Dungate. Nous voulons effectuer des analyses à la ferme. Nous avons des bénévoles qui sont disposés à le faire. »

Ce projet ira de l’avant lorsque le PICRA aura reçu du financement.

La sensibilisation à cette question est essentielle. En effet, la majorité des producteurs achètent les aliments de leurs animaux dans des provenderies au lieu de les mélanger eux-mêmes à la ferme. Par conséquent, ils ne savent pas exactement ce que contiennent les aliments.

« Il appartient aux agriculteurs de savoir ce que prescrivent les vétérinaires dans les provenderies, souligne M. Dungate. Les éleveurs ne prescrivent pas d’antibiotiques; ils téléphonent à leur vétérinaire s’il y a un problème dans leur cheptel. »

Les vétérinaires, que ce soit ceux qui sont appelés à la ferme ou ceux qui formulent des prescriptions concernant les aliments pour animaux, utilisent uniquement des antibiotiques homologués. La vaste majorité utilise un antibiotique de classe 4 qui n’est pas administrable à l’homme et qui donc ne pose pas de problème de résistance.

« Le simple fait d’avoir utilisé un antibiotique ne signifie pas nécessairement que cela causera une résistance, fait observer M. Dungate. Et même si on n’en utilise pas, il peut y avoir une résistance dans l’environnement. »

« C’est pourquoi nous mettons l’accent sur les pratiques, exemplaires,
c’est-à-dire le nettoyage et la désinfection des bâtiments agricoles, pour procurer l’environnement le plus sain possible aux volailles et réduire le besoin d’utiliser des antibiotiques. »

Pour accroître la sensibilisation, les PPC ont récemment créé et distribué un livret aux producteurs au sujet de l’utilisation d’antibiotiques dans le poulet. On trouve aussi de l’information à ce sujet pour les producteurs et la population sur le site Web des PPC : http://poulet.ca/antibiotiques.

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9. Analyse du marché - Mise à jour sur le marché du canola

Le marché du canola de Winnipeg a effectué une remontée soutenue pendant tout le mois de mai, et les prix à terme de la nouvelle récolte en novembre ont touché l’importante zone de résistance graphique générale de 600 $ la tonne à la fin du mois.

Les prix du canola continuent de se maintenir près de leurs récents sommets, mais à l’arrivée de juin, certains signes indiquent que l’élan haussier va s’interrompre.

Les conditions d’ensemencement dans les Prairies sont toujours une préoccupation centrale, l’humidité demeurant très élevée dans la partie est de la région des Prairies et dans le Sud de la Saskatchewan. Le bruit court que la superficie ensemencée en canola et destinée à d’autres cultures, de même que le potentiel de rendement cette année, seront inférieurs aux attentes dans ces régions.

Essentiellement, la vigueur du marché du canola en mai est attribuable à la ruée incroyable et furieuse du marché du colza européen vers une série soutenue de prix de clôture élevés durant le mois. Les conditions de quasi-sécheresse à l’échelle des principales régions de culture du Nord de la France et de l’Allemagne ont entraîné des révisions à la baisse en ce qui a trait au potentiel de récolte de cette région cette année.

Cependant, les pluies tombées au cours de la fin de semaine dernière et de la semaine qui s’achève, même si elles ont été insuffisantes pour mettre fin à la sécheresse, ont provoqué une liquidation assez brusque par rapport aux récents sommets des prix de contrat, et une partie de la majoration liée au risque a été retirée du marché.

Peut-être que le marché reflète déjà les attentes selon lesquelles la sécheresse risque de faire diminuer la récolte allemande de colza à 4,65 millions de tonnes, comparativement à 5,7 millions de tonnes l’année dernière, comme le prévoit actuellement la firme d’analyse des marchés des oléagineux Oil World de Hambourg.

« En Europe, l’état des cultures de colza continue de se détériorer depuis la mi-mai, principalement en Allemagne et en France », a déclaré Oil World.

L’Allemagne est le plus grand producteur de colza de l’Union européenne (UE); elle produit environ un quart de la récolte de l’UE. La production de colza en 2011 en UE pourrait diminuer à 19,2 millions de tonnes, une baisse de 1,4 million de tonnes en un an, en grande partie à cause des dommages causés aux cultures en Allemagne, indique Oil World.

Cela représente une baisse de production de 7 p. 100, ce qui est considérable, mais est-ce catastrophique?

Pour le moment, notre canola résiste assez bien à la diminution des prix à terme du colza en UE enregistrée au début de la semaine, en réaction aux préoccupations persistantes au sujet du temps humide qui afflige les régions de l’Est de la Saskatchewan et les parties ouest du Manitoba.

Il ne fait aucun doute que des problèmes existent dans les Prairies. Si les conditions sont assez belles dans la partie ouest des Prairies, des producteurs dans la partie est (notamment dans le Sud du Manitoba et dans le Sud de la Saskatchewan) me signalent constamment que les conditions de sol détrempé continuent d’entraver la progression des semailles.

Les pluies tombées tout au long de la fin de semaine dernière et jusqu’à mardi, et les perspectives d’autres précipitations plus tard cette semaine dans la région, donnent presque à penser que le temps va manquer pour ensemencer dans une vaste étendue de la Saskatchewan et du Manitoba, ainsi que du Dakota du Nord.

J’essaie toutefois de garder à l’esprit le caractère saisonnier du marché du canola en ce début de juin.

Toutefois, l’année dernière a été une exception notable, en ce sens que le caractère saisonnier habituel du marché n’a pas été respecté. En effet, un creux de marché a été atteint en juin, et les marchés des produits agricoles ont ensuite affiché une nette remontée pendant tout l’été et à l’approche de l’hiver.

En temps normal, toutefois, les marchés des céréales et des oléagineux ont tendance à commencer à fléchir à un certain moment en juin. Le printemps inspire habituellement des préoccupations liées aux retards d’ensemencement, mais à la mi-juin, la plupart des années, malgré ces craintes, l’essentiel des cultures nord-américaines est semé, et on peut évaluer si elles connaissent un bon départ à la mi-juin ou la fin juin. Ensuite, les marchés ont tendance à décliner jusqu’à ce qu’apparaisse la prochaine menace d’ordre météorologique, plus tard dans l’année. Les fonds spéculatifs sont souvent retirés des marchés en juin si les perspectives de récolte paraissent raisonnables.

Les prix des cultures sont très élevés en ce début de juin, du moins par rapport aux prix normaux observés dans le passé. Et cela me préoccupe si les caractéristiques saisonnières traditionnelles devaient apparaitre en juin.

Cependant, des prix plus élevés à ce moment-ci sont justifiés si l’on tient compte des problèmes de sécheresse dans les Plaines du Sud des États-Unis et dans le Nord de l’Europe et de l’humidité qui entraîne des retards d’ensemencement dans les Plaines du Nord des États-Unis, dans les Prairies canadiennes et dans certaines parties de l’Est du Midwest américain. Les dates limites de l’assurance-récolte commencent à se faire courtes, et les marchés demeureront solides si les conditions météorologiques continuent de créer des problèmes.

Par contre, si les conditions météorologiques s’améliorent et que l’essentiel des semis est effectué d’ici au début de juin, nous risquons néanmoins de voir apparaître certaines tensions sur les prix.

Mike Jubinville de Pro Farmer Canada offre de l’information sur les marchés des produits et les stratégies de marketing. Téléphoner au 204-654-4290 ou se rendre à l’adresse www.pfcanada.com pour en savoir plus au sujet des services qu’il offre.

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