Un sondage en cours suscitera de nombreuses discussions dans le milieu agricole.
On demande aux producteurs de canola des Prairies s’ils aimeraient que la Commission canadienne du blé (CCB) vende une partie ou la totalité de leur récolte, à leur choix.
La Manitoba Canola Growers Association (MCGA) mène ce sondage pour donner suite à une résolution adoptée par ses membres il y a cinq ans en vue d’étudier d’autres méthodes de commercialisation.
Toute question concernant la CCB peut être délicate et constitue un sujet qui divise certains agriculteurs en raison du différend de longue date au sujet du monopole sur la vente de blé, de blé dur et d’orge brassicole de l’Ouest canadien.
« Nous nous sommes appliqués, avec beaucoup de sérieux et de diligence, à examiner en toute impartialité les autres activités de la commission, affirme le vice-président de la MCGA, Ed Rempel. Nous avons fait des démarches auprès de la CCB, et il s’agit strictement d’une question d’affaires. »
Une réunion a eu lieu le 18 novembre 2010 pour discuter de la façon dont la CCB commercialiserait le canola et en assurerait le transport de la ferme au port.
« Sans trop entrer dans les détails, (la CCB) a l’impression que de temps en temps, il y a sans doute moyen de réduire un peu les coûts. Elle a indiqué en toute justice qu’il ne s’agit pas de grosses sommes, ce qui nous donne à penser que les sociétés céréalières et les entreprises de trituration font un bon travail, mais la commission pensait pouvoir ajouter une certaine valeur », explique M. Rempel.
La MCGA indique que les producteurs profiteraient d’avantages éventuels comme une commercialisation professionnelle par une organisation dirigée par des producteurs, la gestion des risques par la mise en commun des prix, et une utilisation accrue de wagons de producteurs au port de Churchill.
La MCGA a fait paraître des annonces contenant le sondage dans des médias agricoles de l’Ouest canadien cette semaine. Le sondage comporte quatre questions ainsi que de l’espace pour faire des commentaires. La question principale est la suivante : « Combien de tonnes de canola aimeriez-vous que la CCB vende en votre nom? » Les producteurs peuvent répondre au sondage en ligne jusqu’à la fin d’avril à http://www.mcgacanola.org/.
« Nous pensons que cela va piquer la curiosité de nombreux producteurs, dit M. Rempel, qui compare l’exercice au fait de plonger l’orteil dans l’eau. Selon la taille de leur exploitation, il se peut que des producteurs engagent 100, 200, ou même 300 tonnes dans le cas de gros producteurs. »
On croit qu’il faut un engagement minimum de 200 000 tonnes de canola à l’échelle de la région des Prairies pour que l’idée soit viable. Un plan marketing devrait aussi être élaboré et approuvé par le conseil d’administration de la CCB et par le ministre responsable de la CCB.
Au Canada, la production de canola se concentre principalement en Saskatchewan. L’association Sask Canola, qui représente les producteurs de la province, ne formulera pas de commentaires à propos du sondage avant d’avoir tenu une réunion de son conseil d’administration, le 20 avril.



