Rapport Valeur des terres agricoles de FAC.

Note de la rédactrice

Allison Finnamore

C'est le début de la saison des salons commerciaux, et l'un des premiers de l'automne est Agri-Trade 2010, qui se tiendra du 10 au 13 novembre à Red Deer, en Alberta. Ces rassemblements constituent l’occasion officieuse idéale de rencontrer des confrères agriculteurs et des consœurs agricultrices, de participer à une séance de perfectionnement professionnel et de jeter un coup d’œil aux tout derniers outils de l’industrie. Une liste des principaux salons et des principales conférences agricoles de 2010 est affichée au www.fac.ca/salonsagricoles.  

La semaine prochaine, je serai à Red Deer à l'occasion du salon Agri-Trade 2010. J'espère avoir le plaisir de rencontrer certains d'entre vous. J'en profiterai pour participer à certaines des séances d'apprentissage, et je vous invite à surveiller les articles à ce sujet dans les éditions des prochaines semaines. 

Au fil de la saison, je participerai à quelques autres salons, et j'espère y rencontrer le plus grand nombre de lecteurs possible aux quatre coins du pays.  

Vos commentaires, vos questions et vos idées d'articles sont toujours les bienvenus. Vous pouvez communiquer avec moi en écrivant à allison@finnamore.ca.


1. La Alliance Grain Traders s'installe à Londres

L'une des sociétés commerciales les plus anciennes et les plus reconnues d'Europe dans le secteur des légumineuses et des graines d'oiseaux a été achetée par l'entreprise canadienne Alliance Grain Traders Inc. (AGTI). 

AGTI a fait l'annonce de l'acquisition de A. Poortman (Londres) Ltd. Group, un importateur, distributeur et stockiste international de légumineuses, plus tôt cette semaine. La transaction de 13,5 millions de dollars canadiens comprend une usine de transformation des haricots secs comestibles et des légumineuses située à Tianjin, en Chine, ainsi que des bureaux commerciaux et des bureaux de vente en Europe. AGTI a aussi engagé la somme supplémentaire de 2 millions de dollars canadiens pour agrandir l'établissement chinois de transformation des haricots. Le bilan de Poortman comprend aussi un fonds de roulement net d'environ 8 millions de dollars canadiens. 

AGTI indique que l'entreprise a été achetée d'Andrew Jacobs, directeur général de Poortmans and Trinidad Benham Corporation, une entreprise chef de file d'aliments emballés des États-Unis. M. Jacobs conservera un rôle de direction dans l'entreprise. 

Murad Al-Katib, président-directeur d'AGTI, note que l'achat de Poortman contribue à l'expansion soutenue d'AGTI dans l'industrie mondiale des haricots secs comestibles. 

« Cette acquisition nous donne entre autres choses une présence dans le secteur de la transformation en Chine, l'une des régions exportatrices de haricots secs les plus importantes au monde, dit-il dans un communiqué. Poortman a une présence établie auprès de bon nombre des principales entreprises européennes de conserve et d'emballage, ainsi que des utilisateurs de légumineuses et d'ingrédients de graines d'oiseaux. Cette acquisition améliore notre plate-forme de distribution en Europe et notre capacité de trouver des fournisseurs de haricots, de lentilles, de pois chiches et de graines d'oiseaux en provenance de partout dans le monde. » 

M. Al-Katib mentionne que Poortman a d'excellentes relations avec des fournisseurs et des clients de nombreuses grandes entreprises alimentaires, et avec les nombreux clients qui achètent régulièrement les produits fabriqués par AGTI.

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2. Dumping des poivrons en provenance des Pays-Bas : douce victoire pour les agriculteurs canadiens

Victoire pour les producteurs de légumes de l'Ontario, qui ont convaincu le Tribunal canadien du commerce extérieur (TCCI) que le Canada est depuis longtemps inondé de poivrons originaires ou exportés des Pays-Bas. 

La semaine dernière, le tribunal a annoncé qu'il confirmait le bien-fondé d'une plainte des Ontario Greenhouse Vegetable Growers (OGVG) selon laquelle les Pays-Bas ont vendu à plusieurs reprises des poivrons à vil prix sur le marché canadien. 

Les producteurs de l'Ontario estiment que la vente de ces marchandises a causé un préjudice et ont voulu y mettre fin. 

Ainsi, plus tôt cette année, les producteurs ont demandé à l'Agence canadienne des services transfrontaliers (ASFC) de faire enquête pour déterminer comment sont fixés les prix des importations de poivrons provenant de Hollande. En septembre, l'ASFC a affirmé qu'il y avait dumping des poivrons de serre originaires ou exportés des Pays-Bas, et que cette pratique avait cours depuis des années. 

Ce verdict de l'ASFC a conduit à la décision du tribunal de la semaine dernière. 

Le président des OGVG, Len Roozen, affirme que son organisation est satisfaite du résultat. 

« La conclusion selon laquelle un dommage a été causé aux producteurs canadiens, et l'imposition de droits qui en découle, rétablissent des conditions équitables pour nos producteurs (qui) veulent faire concurrence selon des pratiques commerciales loyales, dit-il. Cette affaire montre que nous sommes préparés à nous défendre si nécessaire. » 

Ces représailles publiques ont des conséquences à long terme pour les Néerlandais, parce que les poivrons originaires ou exportés des Pays-Bas seront assujettis à un droit antidumping au Canada pendant cinq ans. 

Pour sa part, le Canada a beaucoup à perdre en cas de dumping. Selon l'association des producteurs, les agriculteurs ont fait « des investissements importants » dans la technologie des serres pour répondre à la demande de légumes canadiens sur le marché, y compris les poivrons. 

Et, au fil du temps, ce secteur est devenu l'un des plus importants en Amérique du Nord, avec une production de plus de 1 800 acres de tomates, de concombres et de poivrons en serre. 

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3. Transport du bétail : les contrevenants s'exposent à des sanctions pécuniaires plus lourdes

L'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) peut maintenant imposer aux personnes qui maltraitent les animaux ou qui les transportent de façon inappropriée une amende pouvant atteindre 10 000 $. 

Cette augmentation, la première en plus de dix ans, représente une hausse de plus du double de la sanction maximale de 4 000 $ qui était imposée auparavant aux contrevenants à la Loi sur la santé des animaux

Peu de temps après l'annonce de ces modifications par le ministre de l'Agriculture, Gerry Ritz, la semaine dernière, les organismes du secteur agricole ont applaudi cette mesure de répression. 

Les Producteurs de poulet du Canada (PPC) et les Éleveurs de dindon du Canada (EDC) croient que l'imposition de sanctions plus élevées aux personnes qui maltraitent les animaux ou qui les transportent de façon inappropriée, conjuguée aux mesures accrues d'application du règlement de la Loi sur la santé des animaux, aideront à veiller à ce que les animaux soient transportés de façon sécuritaire et sans cruauté. 

« Le but ultime de tous les partenaires dans le secteur de l'élevage des
animaux - de l'éleveur au producteur, en passant par l'inspecteur et le transformateur - est de veiller à ce que les animaux d'élevage soient traités sans cruauté à tous les maillons de la chaîne et qu'ils soient en santé et exempts de blessures à leur arrivée à l'usine », affirme le président des EDC, Mark Davies. 

Pour leur part, les Producteurs laitiers du Canada (PLC) estiment que la règlementation renforcée et les sanctions accrues constituent un mécanisme supplémentaire pour empêcher le mauvais traitement ou le transport inadapté des animaux d'élevage. Ces mesures constituent un complément du Code de pratiques pour le soin et la manipulation des bovins laitiers, une publication de 2009 des PLC. 

Jacques Laforge, président des PLC, affirme que ce code - une première dans l'industrie de l'élevage - offre un éventail précis de pratiques exemplaires fondées sur des bases scientifiques solides. 

« Le Code fait partie du quotidien des producteurs laitiers partout au Canada et leur permet d'assurer un traitement optimal à leurs animaux à la ferme, y compris lors de la préparation et du chargement des bêtes pour le transport. » 

Dave Solverson, président du comité des soins aux animaux de la Canadian Cattlemen's Association (CCA), estime que les consommateurs ont besoin de savoir que la vaste majorité des animaux, pendant leur transport et à chaque jour de leur vie, sont en sécurité et en excellente santé. 

« Des recherches récentes menées dans l'Ouest et en Ontario montrent que plus de 99,9 p. 100 des bovins arrivent à leur destination sans incident, et nous nous employons à faire augmenter cette proportion », dit M. Solverson. 

La CCA mène d'autres recherches sur le transport, révise le code des pratiques d'élevage des bovins de boucherie (Beef Code of pratice) avec l’aide du Conseil national pour les soins aux animaux d'élevage et renouvelle son engagement financier, et s'emploie à élargir la portée du cours de transporteur de bétail certifié par le truchement d'un projet Agri-flexibilité. 

L'ACIA conserve la possibilité d'augmenter les sanctions jusqu'à 50 p. 100 de l'amende maximale dans le cas des contrevenants qui commettent d'autres infractions dans les cinq années suivant la première - comparativement à trois ans auparavant. Ainsi, si un contrevenant commet une deuxième infraction très grave dans les cinq ans suivant une première infraction, l’ACIA pourra lui imposer une amende pouvant atteindre 15 000 $. Auparavant, le maximum était fixé à 6 000 $. 

Pour lire le règlement modifié, consultez http://www.gazette.gc.ca/rp-pr/p2/2010/2010-10-27/html/sor-dors215-fra.html.

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4. La demande de canola s'annonce élevée

La demande mondiale de canola canadien sera forte au cours de la prochaine année. 

Il s'agit d'une prévision de Thomas Mielke, directeur exécutif de la publication bien connue sur l'huile végétale, Oil World

« Je m'attends à ce qu'il y ait un nouveau débat "aliments contre carburants" en 2011 en raison de l'appréciation probable des prix, dit-il. (Cette appréciation) est attribuable, d'une part, à une production insuffisante et, d'autre part, à la croissance considérable des besoins de l'industrie du biodiésel en plein essor à cause des mandats
(des gouvernements). » 

En fait, M. Mielke croit que certains de ces mandats en matière de production de biodiésel dans l’Union européenne devront peut-être être réajustés si la production n'augmente pas suffisamment. La demande de tous les types d'huiles comestibles (soja, palme et canola) continue d'augmenter dans des pays comme la Chine et l'Inde. 

« La tendance est claire. La demande est forte et les producteurs à l'échelle mondiale peinent à satisfaire la consommation. Les stocks vont continuer à diminuer. Le ratio stocks-utilisation sera assez faible, soit seulement 10 p. 100. C'est dangereusement bas. Il n'y a aucune marge de manœuvre pour faire face aux surprises, ce qui rend le marché, à mon sens, très volatil », expose M. Mielke. 

Tous ces facteurs sont de bon augure pour les producteurs de canola canadiens, qui voient les prix augmenter de façon soutenue depuis la récolte. Si on le questionne sur la commercialisation, M. Mielke recommande de ne pas attendre. 

« Je commencerais déjà à vendre tandis que les prix sont très attrayants, dit-il. Je pense qu'il est possible que les prix du canola canadien augmentent légèrement vers le début de 2011. »  

Les perspectives sont beaucoup plus favorables pour le canola canadien qu'elles l'étaient il y a un an. Les agriculteurs ont été surpris que la Chine impose, en novembre 2009, une politique de tolérance zéro à l'égard de la présence de la jambe noire dans les semences de canola importées. 

« Comme la jambe noire est assez courante à l'échelle de l'Ouest canadien, même si les taux d'infection sont faibles, nous étions incapables de satisfaire à une politique de tolérance zéro, explique Joanne Buth, présidente du Conseil canadien du canola (CCC). Nous aurions pu être complètement évincés de ce marché. » 

Les conséquences auraient pu être graves étant donné que la Chine a acheté 2,8 millions de tonnes métriques de semences de canola canadien pendant la campagne 2008-2009, se classant ainsi au premier rang de nos clients. Elle a acheté un autre million de tonnes métriques entre août et novembre 2009. 

Le gouvernement canadien et le CCC ont négocié longuement avec leurs homologues chinois pour trouver un compromis. En fin de compte, l'utilisation de semences de canola canadiennes a été autorisée dans quatre usines de trituration situées sur les côtes chinoises - éloignées des cultures nationales de colza. 

Mme Buth estime que ces usines ont transformé environ 1,2 million de tonnes métriques, ce qui porte les exportations pour 2009-2010 à environ 2,2 millions de tonnes. 

« De plus, nous faisons affaire avec une nouvelle entreprise de trituration, de sorte que nous avons maintenant accès à cinq entreprises, et nous en avons quelques autres en vue », dit-elle. 

Mme Buth garde aussi bon espoir de voir le CCC atteindre l’objectif qu’il s’est fixé en vertu de sa stratégie « Growing Great 2015 », qui vise une production soutenue de 15 millions de tonnes métriques au cours des cinq prochaines années. 

« Nous constatons que les nouvelles variétés ont une capacité exceptionnelle de composer avec (des conditions météorologiques défavorables) et nous constatons que les hybrides affichent des rendements accrus. Je pense que les perspectives sont vraiment prometteuses pour 2015 », dit-elle. 

Les agriculteurs canadiens ont produit 12,6 millions de tonnes de canola en 2008 et 12,4 millions de tonnes l'année dernière. Les résultats finaux pour 2010 ne sont pas encore publiés, mais on estime que la production se situera dans la fourchette de 11 millions de tonnes en raison de l'excès de pluie et des terres inondées dans les principales régions où l'on produit du canola, dans le Nord-est et le Centre-est de la Saskatchewan.   

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5. Les producteurs de pommes de terre de
l'Île-du-Prince-Édouard sont optimistes

Dans la première province productrice de pommes de terre au Canada, les producteurs, qui ont bénéficié d'une période de croissance parfaite, sont convaincus que la récolte abondante sera très payante. 

À un moment donné pendant la saison, l'industrie envisageait une récolte exceptionnelle. Les conditions météorologiques pendant l'ensemencement et la chaleur enregistrée pendant l'été étaient des conditions pour ainsi dire parfaites. Toutefois, en raison du temps sec qui a prévalu en août, on a révisé cette projection à la baisse, prévoyant une récolte « supérieure à la normale ».

Les conditions favorables enregistrées pendant les deux premières semaines d'octobre ont permis aux producteurs d'engranger la plus grande partie de la récolte avant la fin du mois. Contrairement aux deux dernières années, où les conditions humides pendant la récolte ont forcé les producteurs à laisser une proportion considérable des cultures aux champs, les pertes attribuables aux conditions humides devraient être minimes, selon Brian Beaton, spécialiste des pommes de terre au ministère provincial de l'Agriculture. 

M. Beaton indique que grâce aux conditions de croissance favorables, les pommes de terre mises en entrepôt ont très bonne mine. Il ajoute que « la couleur paraît très belle, question qui était source de préoccupation ces dernières années ».  

Boyd Rose, président de l'Office des pommes de terre de l'Î.-P.-É., voit aussi d'un œil optimiste l'aspect de la récolte, et espère que cela se traduira par des prix attrayants. Il note que dans de nombreuses parties d'Europe, les rendements sont faibles en raison des conditions météorologiques. En Idaho, où une récolte record a été produite en 2009, les rendements sont aussi en baisse. 

M. Rose affirme que toutes les conditions sont en place pour que les producteurs de la province obtiennent un bon prix. 

« Si la récolte de cette année n'est pas lucrative, je me demande bien quelle récolte le sera », dit-il.

Jusqu'ici, il indique que les signes sont encourageants. Malgré la vigueur du dollar canadien, les exportations étaient en hausse de 35 p. 100 à la fin d'octobre comparativement à la même période l'année précédente. Le président affirme que les ventes étaient en hausse aux États-Unis et en Europe et que « les exportateurs avec qui il s'est entretenu reçoivent un nombre croissant de demandes ». M. Rose mentionne que les expéditions équivalaient à celles de la dernière saison en octobre. 

Les producteurs de l’Î.‑P.‑É. ont ensemencé 84 500 acres de pommes de terre en 2010, une réduction de 500 acres par rapport à 2009. M. Rose indique qu’en vertu des contrats conclus avec les Fermes Cavendish et les Aliments McCain, les entreprises de transformation accepteront un volume supérieur à celui de 2009. 

« L'analyse effectuée par l'office indique que nous n'aurons pas de difficulté à vendre la totalité de notre récolte et qu'il n'y a pas lieu de forcer quoi que ce soit dans le marché, dit le président. Nous avons besoin de réaliser un bénéfice substantiel pour couvrir les coûts de production de la récolte 2010 et pour recouvrer une partie des pertes considérables de l'année dernière. » 

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6. Hausse des paiements d'assurance-grêle par rapport à 2009

La Canadian Crop Hail Association déclare que les paiements versés aux sinistrés en 2010 totalisent 155 millions de dollars et que les producteurs des Prairies ont présenté 16 000 demandes d'indemnité. 

En 2009, les versements se chiffraient à 76 millions de dollars et en 2008, ils avaient atteint un sommet inégalé de 341 millions de dollars. 

Dans un communiqué, l'association déclare qu'en 2010, une somme d'un peu plus de 264 millions de dollars a été perçue auprès des producteurs sous forme de primes. Comme les paiements se chiffrent à 155 millions, cela représente, à l'échelle de l'industrie, un ratio sinistres-primes d'un peu moins de 59 p. 100. Par comparaison, le ratio sinistres-primes en 2009 était d'environ 29 p. 100, tandis qu'en 2008, les versements dépassaient les primes perçues et le ratio sinistres-primes était de 118 p. 100.  

En Alberta, les agriculteurs reçoivent à peu près 3 millions de dollars de paiements d'assurance-grêle pour un total de plus de 2 500 réclamations. Ces réclamations au titre de l'assurance-grêle dépassent la couverture de l'assurance-récolte. 

Une somme d'environ 62 millions de dollars a été perçue sous forme de primes, ce qui donne un ratio sinistres-primes d'environ 61 p. 100 - en baisse par rapport aux deux dernières années. En 2009, le ratio sinistres-primes était de 83 p. 100 pour des versements de 49 millions de dollars. En 2008, le ratio sinistres-primes était de 147 p. 100. 

Pour 2010, les paiements se situent près de la moyenne décennale en Alberta. Toutefois, toute la saison de la grêle - qui va de juin à septembre - a été occupée.  

Malgré une nette réduction de la superficie ensemencée en Saskatchewan en raison de l'excès d'humidité, le montant de l'assurance-grêle acheté par les producteurs n'a diminué que légèrement, déclare l'association. Tandis que de nombreuses régions ont été aux prises avec des pluies record pendant la période de croissance, les réclamations et les versements au titre de l'assurance-grêle des sinistrés de la grêle correspondaient à peu près à la moyenne. 

La différence en 2010 est que les tempêtes ont été moins violentes et que les dommages ont touché une région géographique plus étendue qu'à l'habitude. Il n'y a pas eu de tempêtes de très grande envergure, mais les experts d'assurance-grêle ont été confrontés à des problèmes logistiques dans leurs déplacements d'une région à l'autre, ainsi qu'à des problèmes d'accès aux champs attribuables aux pluies abondantes. 

Les données préliminaires indiquent un total d’environ 11 600 réclamations et des versements totaux de près de 103 millions de dollars, ce qui donne un ratio sinistres‑primes d’à peu près 62 p. 100. 

Au Manitoba, le nombre total de demandes - près de 2 200 - est inférieur à la moyenne quinquennale. On estime que les versements s'élèvent à 14,8 millions de dollars, ce qui se situe près de la moyenne. L'année dernière, les versements totalisaient 12,2 millions.  

Les primes totales perçues auprès des producteurs s'élèvent à 37,6 millions de dollars, ce qui donne un ratio sinistres-primes de 39 p. 100. À titre indicatif, le ratio sinistres-primes en 2009 était inférieur à 29 p. 100. En 2008, il était de 35 p. 100, déclare l'association.  

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7. Les producteurs de viande de la Nouvelle-Écosse unissent leurs forces

Les éleveurs de bovins de boucherie, de porcs et de moutons de la Nouvelle‑Écosse unissent leurs forces pour épargner de l’argent et coordonner leurs efforts. 

Pork Nova Scotia, Nova Scotia Cattle Producers et la Sheep Producers Association of Nova Scotia se sont unis pour former une nouvelle organisation appelée Agri‑Commodity Management Association. 

Le directeur général de l’association, Brad McCallum, est un agrologue de 27 ans qui occupait un poste à Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC). 

Il indique que la Agri‑Commodity Management Association ne remplacera pas les groupes de producteurs de porcs, de bovins et de moutons. Elle fournira plutôt des services professionnels, participera à la coordination des activités de lobbying, permettra de réduire les coûts indirects, fera de la recherche et produira des notes documentaires et des notes d’information, tout en cherchant de nouveaux débouchés pour les producteurs de viande rouge. 

Parmi les services que l’association offrira en priorité, mentionnons l’administration du Programme de paiements anticipés (PPA) d’AAC, qui offre aux producteurs des avances sur la valeur de leurs produits agricoles

L’association des producteurs de bœuf, qui compte plus de 800 membres, est beaucoup plus nombreuse que celle des producteurs de porcs et de moutons. Toutefois, M. McCallum ne craint pas que les intérêts de ce groupe passent avant ceux des deux autres. 

« Les trois associations de producteurs continueront d’exister. Nous travaillons directement avec leur conseil d’administration respectif pour leur offrir des services qui répondent à leurs besoins », explique M. McCallum. « Chaque association continuera de mener ses propres activités de lobbying. Notre travail consistera à leur fournir des renseignements généraux à l’appui de ces activités et à évaluer à quels chapitres elles peuvent collaborer pour mener des initiatives en tant qu’association unique. » 

M. McCallum indique que grâce aux services offerts aux agriculteurs, ces derniers pourront consacrer plus de temps à la production agricole et se libérer des tâches administratives qu’ils doivent parfois accomplir à titre bénévole. 

« Cela fait deux ans et demi ou trois ans qu’il n’y a pas de directeur général au conseil du porc », dit‑il. « Maintenant, un organisme est en place pour fournir des renseignements de base et assister à des réunions au nom des producteurs. L’existence d’un intermédiaire qui peut s’occuper de leurs affaires leur permet de se consacrer à leurs propres activités. » 

Le ministère de l’Agriculture de la Nouvelle‑Écosse verse un financement de démarrage de 300 000 $ à l’organisme, qui prévoit être autosuffisant d’ici trois ans. 

M. McCallum espère aussi aller chercher des fonds en acceptant des contrats d’autres groupes de producteurs spécialisés (comme l’administration des paiements du PPA), ou en offrant des services à court terme comme l’organisation d’événements. 

« L’une des plus grandes difficultés est la raison même de ma présence au sein de cette association », dit M. McCallum, « soit la collaboration et la coordination des efforts. Rétablir la rentabilité de ce secteur ne sera pas une tâche facile, mais c’est quelque chose de possible. »

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8. Les producteurs de porcs rassemblent des informations pratiques

Un nouveau projet dans le cadre duquel on procédera à l’analyse et à la compilation de données statistiques sur 13 aspects de la production porcine aidera les producteurs de porcs du Québec à mieux comprendre et promouvoir leur industrie, déclare le président de la fédération des producteurs de porcs de la province. 

« Nous avons besoin d’un outil comme celui‑là », dit Jean‑Guy Vincent. « Cet outil nous aidera dans nos discussions avec (le gouvernement et les organismes de financement agricole) et permettra de renforcer la transparence et la crédibilité de nos pratiques de production. » 

La Fédération des producteurs de porcs du Québec a annoncé la semaine dernière ce projet étalé sur un an. Deux entreprises privées chercheront et rassembleront de l’information sur 13 indicateurs de développement durable en production porcine. 

Les 13 indicateurs, répartis en indicateurs environnementaux, sociaux et économiques, ont été déterminés au cours des deux dernières années par un groupe de travail composé de représentants de 30 associations agricoles, groupes environnementaux et organismes municipaux. 

L’étude examinera des questions comme l’utilisation de pratiques agroenvironnementales et de salubrité à la ferme en production porcine, l’évolution des rejets de phosphore, les émissions de gaz à effet de serre et d’ammoniaque, les pratiques en matière de bien‑être animal, la perception de la population à l’égard de l’industrie porcine, et l’implication sociale des producteurs porcins dans leur milieu. 

L’étude examinera aussi des indicateurs économiques comme la valeur ajoutée, le revenu agricole net (avant amortissement), la consommation de porc, le ratio capitaux propres/actifs et les sommes consacrées à la recherche et au développement, ainsi que la proportion des revenus provenant du marché et les retombées économiques de la production porcine au Québec. 

Selon M. Vincent, la collecte et l’analyse des données permettront aux producteurs de porcs de la province de mesurer leur progrès au chapitre du développement durable. 

Il croit aussi que cette information sera d’une très grande valeur pour d’autres organismes et orienteront les discussions sur des questions de nature gouvernementale, financière, sociale et environnementale. 

« Les producteurs de porcs ont pris conscience de la nécessité d’en apprendre plus au sujet des meilleures pratiques à adopter à la ferme », commente M. Vincent. Il ajoute que les producteurs ont « les mêmes préoccupations que l’ensemble de la société » au sujet des répercussions potentielles et réelles de leurs exploitations sur l’environnement, les animaux et les personnes qui habitent près de leurs fermes. 

En améliorant leur performance, pense M. Vincent, les producteurs du Québec optimiseront leurs chances de profiter de la lente amélioration des conditions du marché. 

« La situation s’améliore (mais) la production porcine n’est pas un secteur facile », dit‑il. « Nous devons poursuivre nos efforts acharnés. » 

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9. Analyse du marché – Le point sur les marchés de grains aux États-Unis

Des questions comme l'accent mis sur le règlement des positions à la fin du mois, la préparation en vue des élections de mi-mandat cette semaine aux États-Unis, et la réunion de la Réserve fédérale américaine plus tôt cette semaine se conjuguent pour donner un mois au cours duquel les marchés de grains à l'échelle mondiale ont affiché d'excellents résultats. 

Les paragraphes qui suivent contiennent les faits saillants du dernier mois, soit du 30 septembre au moment d'écrire ces lignes, le 2 novembre : 

Maïs
Si l’on en croit le prix de clôture d’aujourd’hui (2 novembre), les prix à terme du maïs au Chicago Board of Trade (CBOT) ont gagné 80 cents le boisseau. Depuis l’atteinte d’un point de rupture plus élevé le 11 octobre, les prix se sont consolidés.  

Le fait que les prix franchissent soit la limite supérieure, soit la limite inférieure de la fourchette de consolidation est ce qui déterminera la prochaine direction majeure du marché. Le lundi 1er novembre, le contrat a frôlé la limite supérieure de cette fourchette, mais les optimistes ont comme prochain objectif un prix de 6 $ le boisseau. 

En attendant la publication du rapport du département de l'Agriculture des
États-Unis (USDA) sur la production et l'offre et la demande, le 9 novembre, on s'attend, d'après les estimations du marché, à une légère révision en baisse des prévisions de production de maïs aux États-Unis - dans la fourchette de 12,5 à 12,6 milliards de boisseaux. Toutefois, le déclin pourrait être compensé en partie, voire en totalité, par une demande plus faible dans un contexte où les exportations sont léthargiques. 

Les indicateurs de base semblent transparaître dans le marché à l'heure actuelle, ce qui n'éveille guère l'espoir d'une remontée pour le moment chez ceux qui envisagent le marché d'un œil optimiste. Les tendances saisonnières indiquent un raffermissement des prix après la récolte, cependant, parce que la pression de vente « aussitôt récolté » s'atténue. Les utilisateurs finaux auront vraisemblablement besoin, au fil du temps, d'améliorer les niveaux des prix au comptant pour répondre à la demande. 

Toutefois, une plus grande attention sera dirigée vers le besoin de veiller à accroître la superficie cultivée en maïs aux États-Unis en 2011. Les négociants continuent donc de surveiller les prix du soja d’ici la fin de l’année.  Il y a plus d'indicateurs de base qui entrent en jeu dans le cas du soja, notamment la forte demande de la Chine, la nécessité d'une bonne production en Amérique du Sud et les répercussions possibles de La Niña sur les conditions météorologiques.  

Soja
Les prix à terme des fèves de janvier ont gagné 1,18 $ - ce qui représente une hausse d'un quart entre la dernière séance de bourse de septembre et le 2 novembre. 

Au cours des dernières séances, le contrat a flirté avec sa valeur de clôture la plus élevée depuis le début de septembre 2008. Le prochain seuil de résistance, d’après le graphique mensuel, se situe à 12,91 $, le sommet atteint en 2009. 

Je me méfie quelque peu de l'indicateur de la moyenne mobile de
convergence/ divergence qui, sur le graphique de prix, commence à tendre à la baisse. Toutefois, nous avons vu la même chose se produire au début d’octobre, juste avant que le rapport du 8 octobre de l’USDA attise l’élan haussier. 

Que nous réserve le rapport de l'USDA à paraître le 9 novembre? 

Dans l'élaboration des prévisions avant la publication de ce rapport, il y a peu de changement pour ce qui est du soja, nous nous en tenons aux tendances historiques des estimations de production aux États-Unis, qui indiquent de façon générale un léger déclin. Selon des comptes-rendus informels, les résultats de la récolte sont irréguliers, au mieux. Il se peut que le prochain rapport de l'USDA annonce une baisse inattendue, mais, comme nous l'avons souvent vu dans le passé, nous nous attendons à un léger déclin de 0,1 boisseau par acre. Ce chiffre est le résultat d'un calcul mathématique qui permet de prévoir la variation de rendement entre octobre et novembre au cours des années où les estimations d'octobre concernant la récolte étaient inférieures aux estimations de septembre. Cela porte les estimations de la récolte de fèves aux États-Unis à 3,403 milliards de boisseaux. Il pourrait être justifié que l'USDA révise légèrement à la hausse ses estimations concernant les exportations de fèves en 2010-2011 et la trituration nationale, ce qui devrait entraîner une réduction des stocks de report de fèves aux États-Unis. 

Blé
Les prix à terme du blé à Minneapolis ont crû de plus de 40 cents entre la dernière séance de bourse de novembre et la journée du 2 novembre. Le lundi 1er novembre, les contrats ont frôlé la limite supérieure de la solide fourchette commerciale de trois mois aux États‑Unis, dans la région de 7,80 $ et 7,90 $ le boisseau. 

Les marchés à terme du blé aux États-Unis semblent légèrement « surachetés », du moins à mon avis. Des préoccupations persistent au sujet des conditions arides qui prévalent dans l'ensemble des régions productrices de blé de force rouge d'hiver aux États-Unis, mais les conditions ont encore le temps de s'améliorer, et les prévisions à long terme laissent entrevoir des précipitations. Ainsi, la demande - qui demeure languissante - demeure le facteur déterminant des prix du blé. 

Les préoccupations liées à la récolte des États-Unis semblent pour le moment éclipsées par l'incertitude entourant les élections au Congrès américain et la réunion de la Réserve fédérale qui a pris fin mercredi. Les participants au marché se tiennent à l'affût de l'impact que ces événements auront sur le dollar US. 

Résultat global
Je me méfie des grands développements politiques comme ceux de cette semaine et de l'influence qu'ils peuvent avoir sur les questions macroéconomiques mondiales au cours des jours qui viennent - et, finalement, de l'effet de contagion qu'ils peuvent avoir sur les marchés de grains. 

À court terme, le principal facteur déterminant de la santé des marchés des produits de base sera peut-être en fait les développements dans les marchés des actions et des changes. Tant que les marchés des actions demeurent stables et que le gouvernement américain imprime de nouveaux billets
(ce qui joue sur le dollar US), les marchés des produits de base demeureront bien soutenus. Mais le jour où le gouvernement des États-Unis mettra fin à ses mesures de stimulation et à ses mesures de détente à l'égard du marché des actions est celui où l'univers des produits de base risque de chanceler.

Mike Jubinville de Pro Farmer Canada offre de l'information sur les marchés des produits et les stratégies de marketing. Téléphoner au 204-654-4290 ou se rendre à l'adresse http://www.pfcanada.com pour en savoir plus au sujet des services qu'il offre.

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