Des questions comme l'accent mis sur le règlement des positions à la fin du mois, la préparation en vue des élections de mi-mandat cette semaine aux États-Unis, et la réunion de la Réserve fédérale américaine plus tôt cette semaine se conjuguent pour donner un mois au cours duquel les marchés de grains à l'échelle mondiale ont affiché d'excellents résultats.
Les paragraphes qui suivent contiennent les faits saillants du dernier mois, soit du 30 septembre au moment d'écrire ces lignes, le 2 novembre :
Maïs
Si l’on en croit le prix de clôture d’aujourd’hui (2 novembre), les prix à terme du maïs au Chicago Board of Trade (CBOT) ont gagné 80 cents le boisseau. Depuis l’atteinte d’un point de rupture plus élevé le 11 octobre, les prix se sont consolidés.
Le fait que les prix franchissent soit la limite supérieure, soit la limite inférieure de la fourchette de consolidation est ce qui déterminera la prochaine direction majeure du marché. Le lundi 1er novembre, le contrat a frôlé la limite supérieure de cette fourchette, mais les optimistes ont comme prochain objectif un prix de 6 $ le boisseau.
En attendant la publication du rapport du département de l'Agriculture des
États-Unis (USDA) sur la production et l'offre et la demande, le 9 novembre, on s'attend, d'après les estimations du marché, à une légère révision en baisse des prévisions de production de maïs aux États-Unis - dans la fourchette de 12,5 à 12,6 milliards de boisseaux. Toutefois, le déclin pourrait être compensé en partie, voire en totalité, par une demande plus faible dans un contexte où les exportations sont léthargiques.
Les indicateurs de base semblent transparaître dans le marché à l'heure actuelle, ce qui n'éveille guère l'espoir d'une remontée pour le moment chez ceux qui envisagent le marché d'un œil optimiste. Les tendances saisonnières indiquent un raffermissement des prix après la récolte, cependant, parce que la pression de vente « aussitôt récolté » s'atténue. Les utilisateurs finaux auront vraisemblablement besoin, au fil du temps, d'améliorer les niveaux des prix au comptant pour répondre à la demande.
Toutefois, une plus grande attention sera dirigée vers le besoin de veiller à accroître la superficie cultivée en maïs aux États-Unis en 2011. Les négociants continuent donc de surveiller les prix du soja d’ici la fin de l’année. Il y a plus d'indicateurs de base qui entrent en jeu dans le cas du soja, notamment la forte demande de la Chine, la nécessité d'une bonne production en Amérique du Sud et les répercussions possibles de La Niña sur les conditions météorologiques.
Soja
Les prix à terme des fèves de janvier ont gagné 1,18 $ - ce qui représente une hausse d'un quart entre la dernière séance de bourse de septembre et le 2 novembre.
Au cours des dernières séances, le contrat a flirté avec sa valeur de clôture la plus élevée depuis le début de septembre 2008. Le prochain seuil de résistance, d’après le graphique mensuel, se situe à 12,91 $, le sommet atteint en 2009.
Je me méfie quelque peu de l'indicateur de la moyenne mobile de
convergence/ divergence qui, sur le graphique de prix, commence à tendre à la baisse. Toutefois, nous avons vu la même chose se produire au début d’octobre, juste avant que le rapport du 8 octobre de l’USDA attise l’élan haussier.
Que nous réserve le rapport de l'USDA à paraître le 9 novembre?
Dans l'élaboration des prévisions avant la publication de ce rapport, il y a peu de changement pour ce qui est du soja, nous nous en tenons aux tendances historiques des estimations de production aux États-Unis, qui indiquent de façon générale un léger déclin. Selon des comptes-rendus informels, les résultats de la récolte sont irréguliers, au mieux. Il se peut que le prochain rapport de l'USDA annonce une baisse inattendue, mais, comme nous l'avons souvent vu dans le passé, nous nous attendons à un léger déclin de 0,1 boisseau par acre. Ce chiffre est le résultat d'un calcul mathématique qui permet de prévoir la variation de rendement entre octobre et novembre au cours des années où les estimations d'octobre concernant la récolte étaient inférieures aux estimations de septembre. Cela porte les estimations de la récolte de fèves aux États-Unis à 3,403 milliards de boisseaux. Il pourrait être justifié que l'USDA révise légèrement à la hausse ses estimations concernant les exportations de fèves en 2010-2011 et la trituration nationale, ce qui devrait entraîner une réduction des stocks de report de fèves aux États-Unis.
Blé
Les prix à terme du blé à Minneapolis ont crû de plus de 40 cents entre la dernière séance de bourse de novembre et la journée du 2 novembre. Le lundi 1er novembre, les contrats ont frôlé la limite supérieure de la solide fourchette commerciale de trois mois aux États‑Unis, dans la région de 7,80 $ et 7,90 $ le boisseau.
Les marchés à terme du blé aux États-Unis semblent légèrement « surachetés », du moins à mon avis. Des préoccupations persistent au sujet des conditions arides qui prévalent dans l'ensemble des régions productrices de blé de force rouge d'hiver aux États-Unis, mais les conditions ont encore le temps de s'améliorer, et les prévisions à long terme laissent entrevoir des précipitations. Ainsi, la demande - qui demeure languissante - demeure le facteur déterminant des prix du blé.
Les préoccupations liées à la récolte des États-Unis semblent pour le moment éclipsées par l'incertitude entourant les élections au Congrès américain et la réunion de la Réserve fédérale qui a pris fin mercredi. Les participants au marché se tiennent à l'affût de l'impact que ces événements auront sur le dollar US.
Résultat global
Je me méfie des grands développements politiques comme ceux de cette semaine et de l'influence qu'ils peuvent avoir sur les questions macroéconomiques mondiales au cours des jours qui viennent - et, finalement, de l'effet de contagion qu'ils peuvent avoir sur les marchés de grains.
À court terme, le principal facteur déterminant de la santé des marchés des produits de base sera peut-être en fait les développements dans les marchés des actions et des changes. Tant que les marchés des actions demeurent stables et que le gouvernement américain imprime de nouveaux billets
(ce qui joue sur le dollar US), les marchés des produits de base demeureront bien soutenus. Mais le jour où le gouvernement des États-Unis mettra fin à ses mesures de stimulation et à ses mesures de détente à l'égard du marché des actions est celui où l'univers des produits de base risque de chanceler.
Mike Jubinville de Pro Farmer Canada offre de l'information sur les marchés des produits et les stratégies de marketing. Téléphoner au 204-654-4290 ou se rendre à l'adresse http://www.pfcanada.com pour en savoir plus au sujet des services qu'il offre.