L’agriculture vous passionne? Voici l’agri-génération.

Note de la rédactrice

Allison Finnamore

Inquiétudes quant aux conditions météorologiques, problèmes de ravageurs et bonnes nouvelles pour les jeunes agriculteurs : nous sommes heureux de vous présenter ces articles ainsi que d’autres dans cette édition de cette semaine de FAC Express.

Vous pouvez nous transmettre vos idées d’articles ou vos commentaires en écrivant à allison@finnamore.ca.


1. La grêle frappe l’Alberta et la Saskatchewan

Au cours des dernières semaines, on a constaté une forte hausse du nombre de réclamations des sinistrés de la grêle, notamment en Alberta et en Saskatchewan.

La Canadian Crop Hail Association rapporte que l’Alberta a connu une hausse spectaculaire des réclamations, passant de moins de 100 à plus de 600 demandes. La cause principale de cette hausse fulgurante est la tempête survenue le 12 juillet qui a frappé le sud de Drumheller, Strathmore, Standard, Rockyford, Hussar et Langdon avec des grêlons de la taille d’une balle de golf, laquelle était jumelée à une menace de tornades.

L’association déclare dans un communiqué que même si le nombre total de réclamations est inférieur à la moyenne, la situation pourrait changer rapidement dans une province qui affiche l’un des taux les plus élevés de tempêtes de grêle au pays.

En Saskatchewan, les réclamations sont bien au-dessus de la moyenne pour cette époque de l’année. À la mi-juillet, plus de 3 200 réclamations avaient été déposées en comparaison à quelque 1 650 demandes reçues à pareille date l’an dernier et contre seulement 650 environ il y a à peine deux semaines.

Deux violentes tempêtes au début juillet ont laissé dans leur sillage des dommages dans de nombreux secteurs de la province, déclare l’association. Le premier juillet, les régions au sud de Swift Current, une région du sud-est allant de Balcarres jusqu’à Yorkton et Langenburg, ainsi que les environs d’Estevan ont été frappés.

Le jour suivant, une autre tempête violente a entraîné des réclamations de Consul dans le sud-ouest jusqu’à Kelvington dans le nord-est de la ceinture céréalière.

La Saskatchewan a également été touchée par la tempête du 12 juillet provenant de l’Alberta, endommageant les régions du nord-ouest de la province, dont Macklin, Luseland, Senlac et Denzil.

Les réclamations provenant du Manitoba demeurent bien en dessous de la moyenne jusqu’à maintenant et s’élèvent à moins de 400 demandes en comparaison à environ 230 il y a deux semaines. Les tempêtes du 13 juillet qui ont frappé le sud de Darlingford jusqu’au sud de Roland constituent la principale cause de l’augmentation.

Dans de nombreuses régions, les précipitations extrêmement abondantes retardent les experts en sinistre contre la grêle alors qu’ils tentent d’inspecter les cultures endommagées. Certains producteurs leur ont prêté main-forte en leur fournissant des véhicules tout-terrain ou à quatre roues motrices afin qu’ils puissent se rendre dans les champs saturés d’eau.

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2. Changement apporté aux dépôts dans les comptes Agri-investissement

Les producteurs agricoles pourront désormais faire leurs dépôts dans le cadre du programme Agri-investissement auprès des institutions financières participantes.

Les avis de dépôt sont actuellement expédiés par la poste. Les représentants du gouvernement fédéral indiquent que le fait de rapprocher les comptes Agri-investissement des producteurs leur donnera la souplesse nécessaire pour assurer encore plus facilement le suivi de leurs fonds et pour obtenir des taux d'intérêt concurrentiels sur leurs dépôts.

Les producteurs doivent ouvrir un compte dans leur institution financière locale et faire leur dépôt pour 2009 dans le cadre du programme Agri-investissement avant la date limite indiquée sur leur avis de dépôt afin de recevoir une contribution de contrepartie des gouvernements.

Les fonds existants que le gouvernement fédéral détient actuellement seront transférés sur le compte Agri-investissement que le producteur possède dans une institution financière. Par l’intermédiaire de l’institution financière, on peut effectuer un prélèvement d’un compte Agri-investissement en tout temps.

Agri-investissement est un programme fédéral de gestion des risques de l’entreprise. Le programme est conçu pour aider les exploitants agricoles à gérer de petites baisses de revenu. Les dépôts annuels correspondent à un pourcentage du montant de ventes nettes admissibles et les agriculteurs reçoivent des contributions de contrepartie des gouvernements.

Agriculture et Agroalimentaire Canada gère le programme dans toutes les provinces sauf au Québec, où c’est la Financière agricole du Québec qui y gère les dépôts et qui continuera de le faire.

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3. Un fonds important pour de jeunes agriculteurs

La création d’un nouveau fonds d’investissement public-privé qui offre 75 millions de dollars en capital-risque aux jeunes agriculteurs du Québec est acclamée dans les milieux agricoles de partout en province.

« Cette initiative envoie un message très clair à tous les jeunes qui sont passionnés d’agriculture, mais qui n’ont pas les ressources familiales ou financières suffisantes pour se lancer seuls en affaires, et ils sont nombreux », déclare Frédéric Marcoux, président de la Fédération de la relève agricole du Québec.

Le nouveau Fonds d’investissement pour la relève agricole, ou FIRA, réunit trois partenaires égaux : le gouvernement du Québec, l’institution financière Desjardins et le Fonds de solidarité de la FTQ (Fédération des travailleurs du Québec), le plus important syndicat au Québec.

Chacun des partenaires contribuera 25 millions de dollars dans le fonds, lequel sera administré par l’agence provinciale de financement agricole, la Financière agricole du Québec. Le programme commencera à l’automne et s'inscrit dans l’effort soutenu du gouvernement du Québec pour restructurer et revitaliser le secteur agricole de la province qui, malgré sa prospérité, est à la merci des subventions.

Dans le cadre de ce nouveau fonds, jusqu’à un demi-million de dollars seront disponibles pour les agriculteurs de 35 ans et moins qui présentent un plan d’affaires solide en vue de l’achat d’une nouvelle ferme ou de la modernisation d’une ferme familiale existante. 

« C’est le plus gros coup de pouce donné aux jeunes agriculteurs depuis les trente dernières années au Québec », souligne Frédéric Marcoux.

Il ajoute que le fonds est le fruit de quatre années de pressions politiques exercées par la Fédération de la relève agricole du Québec et son organisme parent, l’Union des producteurs agricoles, l’important syndicat des agriculteurs du Québec.

Diane Parent, une sommité du milieu universitaire québécois en ce qui a trait à la dynamique sociale de l’agriculture en général et aux questions relatives à la relève agricole, applaudit également le nouveau fonds.

« C’est très intéressant, indique-t-elle. De nombreux jeunes veulent devenir agriculteur, mais ils n’en ont pas la possibilité parce que le fardeau financier est trop lourd à porter. Peut-être que ce nouveau fonds les aidera à réaliser leur rêve. »

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4. Les visites attirent des foules records

Les acheteurs de légumineuses de plus de 20 pays ont passé plusieurs jours en Saskatchewan plus tôt ce mois-ci.

La participation internationale au Congrès annuel de l’Association canadienne de cultures spéciales n’a jamais été aussi importante. Les rencontres ont permis d’offrir de l’information sur les cultures spéciales, mais de nombreux participants ont préféré les visites de champs. Des nouvelles concernant les précipitations records dans certaines régions de la Saskatchewan ce printemps ont été diffusées dans leur pays et ils voulaient se rendre compte de la situation par eux-mêmes.

Gordon Bacon est le président-directeur général de Pulse Canada.

« Certains ont indiqué que les conditions météorologiques du Canada constituent un grand sujet d’actualité en Inde, car notre pays est leur plus grand fournisseur. Ce qui se passe ici est donc d’un grand intérêt pour eux », a-t-il souligné.

Des exportateurs ont amené leurs clients visiter divers secteurs de la province pour qu’ils voient les cultures de pois, de lentilles et de pois chiches. Le Saskatchewan Trade Export Partnership et la Saskatchewan Pulse Growers ont parrainé une visite.

Murad Al-Katib est le président de Saskcan Pulse Trading, un des plus grands exportateurs de légumineuses de la province. Il indique que les acheteurs veulent démêler le vrai du faux quant aux dommages causés aux cultures par l'humidité.

« On constate que des exportateurs internationaux passent beaucoup de temps dans leurs voitures pour visiter notre magnifique province. Ils partent en excursion pour mener leur propre inspection sur le terrain et se forger leur propre opinion », indique-t-il.

Murad Al-Katib est optimiste en ce qui concerne la production de légumineuses, malgré le record de précipitations dans le nord-est et le centre-est de la Saskatchewan, car un grand nombre de cultures semblent être de très bonne qualité dans les régions du centre-ouest, lesquelles cultivent beaucoup de lentilles et de pois.

« Dans l’ensemble, quand nous comparons les gains dans les secteurs de Kindersley, de Rosetown et de Swift Current avec certaines des pertes dans l’Est, l’offre globale, augmentée des stocks de report, restera encore très élevée, déclare Murad Al-Katib. La durabilité de nos réserves sera très forte cette année, à moins de subir des conditions météorologiques imprévues, comme un gel précoce ou une pluie incessante au moment de la récolte. »

Gordon Bacon abonde dans le même sens, mais il ajoute que les agriculteurs doivent encore être aux aguets et se soucier de facteurs impondérables comme la maladie des plantes et la température au moment de la récolte.

« Je suis convaincu que beaucoup d’agriculteurs prévoient déjà devoir former des andains ou faucher leurs récoltes sur une terre humide et ils s’inquiètent du temps qu’elles prendront à sécher, confie Gordon Bacon. En réalité, jusqu’à ce que la récolte soit totalement ensilée, nous ne connaîtrons pas l’effet des conditions météorologiques déjà enregistrées sur la production ou la qualité. »

Les violentes tempêtes de juillet et d’août sont une autre source de préoccupations. La Canadian Crop Hail Association indique que plus de 2 500 réclamations ont été déposées en Saskatchewan au cours des deux premières semaines de juillet. Le total de l’année courante dépasse 3 200 réclamations, soit plus du double de celles soumises par les sinistrés de la grêle à la même période l’an dernier.

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5. Nouvelle usine de transformation de la volaille prévue

Les producteurs avicoles de la Nouvelle-Écosse adhèrent à l’idée d’une nouvelle usine de transformation de la volaille dont l’ouverture est prévue à Kentville au printemps 2012.

Et ils mettent la main à la pâte en investissant 23 millions de dollars dans le projet de 46 millions de dollars.
 
Maple Lodge Farms, la plus importante entreprise privée de transformation de la volaille au Canada, dont les principales usines sont situées à Brampton en Ontario et à Saint-François au Nouveau-Brunswick, financera l’autre moitié du projet.
 
La nouvelle usine transformera des poulets et des dindons de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard.
 
La nouvelle a été bien accueillie par les producteurs de volailles et de poulets de la Nouvelle-Écosse où environ 45 p. 100 d’entre eux n’avaient plus accès à une usine de transformation dans la province depuis la fermeture en 2007 de l’usine des Aliments Maple Leaf située à Cunard. Depuis, les producteurs expédient la plus grande partie de leurs produits à l’usine de transformation de Maple Lodge à Saint-François. Les autres produits ont été envoyés à l’usine de l’ACA Co-operative à New Minas en Nouvelle-Écosse.
 
Outre le financement, les producteurs se sont engagés à expédier leurs produits à la nouvelle usine, laquelle sera dotée d’un concept et d’un équipement modernes et efficaces. Maple Lodge Farms offrira un accès aux marchés nationaux pour les produits transformés.
 
Le Nova Scotia Poultry Industry Strategic Planning Committee (Comité de planification stratégique de l’industrie avicole de la Nouvelle-Écosse) représente les producteurs de poulets et de dindons de la Nouvelle-Écosse. Lors d’une annonce conjointe émise par le comité et Maple Lodge Farms, le président du comité Ian Blenkharn a déclaré que l’initiative enthousiasme l’industrie, soulignant qu’elle apporte une pérennité aux agriculteurs et aux employés de l'industrie avicole de la région.

« Nous avons collaboré avec Maple Lodge et les producteurs de poulets et de dindons de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard afin de trouver une solution à long terme pour la mise sur pied d’une industrie de transformation rentable », a-t-il ajouté.

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6. Le Canada aux aguets alors que le ver gris gagne du terrain dans le nord

Des activités de surveillance à l’échelle nationale sont en cours pour contrer la propagation d’un autre ravageur qui profite maintenant d’un milieu de vie nordique qui lui était autrefois hostile.

Un nombre record de vers gris occidentaux du haricot, un insecte qui naît dans le maïs avant de migrer vers les haricots secs et les haricots mange-tout, commencent à se propager cet été en Ontario et dans le sud du Québec.

Tracey Baute, entomologiste des grandes cultures du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario qui vit à Ridgetown, indique que les pièges dans le sud de l’Ontario ont fait état de plus de 1 200 papillons du ver gris occidental du haricot en juillet. À pareille date l’an dernier, seulement quatre papillons avaient été piégés.

La situation est encore pire au Michigan, où près de 3 800 papillons ont été piégés.

Selon Tracey Baute, le réchauffement des températures attribuable aux changements climatiques, de même que les milieux vierges où poussent des cultures sans travail du sol pourraient expliquer pourquoi ce ravageur, qui était autrefois confiné aux régions de culture de maïs méridionales des États-Unis comme le Nebraska et le Colorado, s’implante dans un nouveau milieu de vie.

« Le papillon semble très à l’aise ici, avec nos sols sablonneux et nos cultures de maïs et de haricots secs, précise Tracey Baute, conceptrice du Baute Bug Blog, un blogue consacré aux questions portant sur les nouveaux insectes ravageurs. La culture de maïs est en danger dans l’ensemble du Canada. »

En réponse à la menace, les homologues de Tracey Baute dans l’ouest du Canada posent également des pièges pour déterminer la migration du ver gris dans le Midwest.

Elle exhorte les agriculteurs à aller sur le terrain et à dépister les pontes et les larves. Les œufs sont pondus plus ou moins dans les quatre feuilles supérieures des plants de maïs, habituellement sur la surface supérieure. Les larves ne sont pas cannibales, elles survivent donc en grand nombre, ce qui signifie qu’une seule ponte peut déclencher une importante infestation dans le champ.

Tracey Baute révèle que tout ce qu’ils ont appris concernant le ver gris dans le sud des États-Unis ne s’applique guère au Canada.

« Nous devons apprendre au fur et à mesure, indique-t-elle. Les seuils de contrôle sont tous différents ici comparés à ceux dans le Sud. C’est une toute nouvelle expérience. »

Les chercheurs ont découvert qu’il faut pulvériser le maïs quand il y a des masses d’œufs sur 5 p. 100 des plants inspectés. Les technologies de protection contre les insectes YieldGard pour le maïs Bt ne sont pas efficaces contre cet insecte. Cela signifie que l’insecte doit être contrôlé avant qu’il ne pénètre dans l’épi et qu’il ne soit protégé de la pulvérisation.

« Il est beaucoup plus facile de trouver des œufs dans le maïs que dans les haricots secs, indique Tracey Baute. Nous sommes actuellement au sommet de la période de vol des papillons, c’est donc le moment de faire du dépistage et de pulvériser les plants si le seuil est atteint ».

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7. Examen du système de tarification énergétique

L’organe de réglementation qui régit le prix de l’électricité a refusé la mise en place d’une modification à la facturation qui risquait d’ajouter des centaines de dollars à la facture mensuelle d’électricité des producteurs agricoles de l’Île-du-Prince-Édouard.

Le système à deux niveaux actuel fait en sorte que les producteurs agricoles et autres gros clients ruraux paient un tarif moins élevé pour l’électricité consommée mensuellement au-delà de 2000 kilowattheures. Maritime Electric demandait la permission d’abolir cette distinction et de pouvoir facturer le même tarif à tous ses clients ruraux.

De fait, la Island Regulatory and Appeals Commission avait donné au service d’électricité le feu vert pour mettre en place ce changement en 2008 et le nouveau système de tarification devait entrer en vigueur le 1er avril de cette année.

Or, une campagne menée par le milieu agricole et d’autres groupes touchés a permis de suspendre l’entrée en vigueur de ce changement jusqu’à la tenue de nouvelles audiences publiques sur la question.

La Fédération de l’agriculture de l’Île-du-Prince-Édouard, le Syndicat national des cultivateurs et le Dairy Farmers of P.E.I. ont tous témoigné devant la commission. Ils soutiennent que les producteurs agricoles de l’île paient déjà des factures d’électricité considérablement plus élevées que leurs homologues du reste du pays et qu’ils n’auraient aucun moyen de récupérer les coûts supplémentaires à un moment où l’industrie agricole est confrontée à une crise financière majeure.

Même si on a surmonté cet obstacle, le Syndicat national des cultivateurs et la Fédération de l’agriculture de l’Île-du-Prince-Édouard concèdent que la question est loin d’être réglée. Maritime Electric a demandé que l’on procède à un examen de toutes ses catégories de tarifs, demande que la commission a acceptée. Cela signifie que l’on étudiera la question dans le cadre d’un examen plus étendu qui devrait se terminer à la fin 2011.

Edith Ling du Syndicat national des cultivateurs de l’î.-P.-É. dit s’inquiéter des suites que pourrait avoir cet examen.

« Nous devons suivre la situation de très près », explique-t-elle. « L’élimination de la structure tarifaire à deux niveaux coûterait chaque mois des milliers de dollars à de nombreux producteurs qui, ne disposant d’aucun moyen de récupérer ces coûts, devraient prélever ceux-ci à même les bénéfices nets de leur exploitation agricole, laquelle est souvent familiale. »

Le directeur général de la fédération, John Jamieson, affirme que l’on doit multiplier les efforts à long terme pour réduire la consommation et les coûts énergétiques. M. Jamieson indique que le secteur agricole s’est montré proactif à cet égard et que « nos membres font faire des vérifications de la consommation énergétique et qu’ils utilisent le nouveau programme provincial qui aide les agriculteurs à mettre en place des solutions énergétiques à la ferme ».

Selon Mme Ling et M. Jamieson, le fait que trois organismes agricoles aient présenté essentiellement les mêmes arguments lors des audiences a sans contredit joué un rôle majeur dans la décision de la commission.

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8. Les agriculteurs envisagent les biosolides avec prudence

Les producteurs agricoles de la Nouvelle-Écosse sont peu enthousiastes à l’idée d’utiliser des biosolides dans leurs champs, malgré des mesures d’évaluation encore plus strictes qu’auparavant mises en place au printemps dernier par le gouvernement provincial.

Les biosolides résultent du traitement des eaux usées municipales et sont utilisés comme amendements de sols.

La Nouvelle-Écosse a modifié ses lignes directrices en ce qui a trait à l’utilisation des biosolides en mars 2010.

Le porte-parole du ministère de l’Environnement, Bruce Nunn, indique que le changement le plus important consiste en des tests encore plus rigoureux qu’auparavant pour des contaminants comme les dioxines, les furanes et les produits ignifuges. De plus, « les stations d'épuration des eaux qui produisent des biosolides doivent répondre à des normes de qualité plus strictes qu’auparavant et doivent obtenir des autorisations environnementales du ministère de l’Environnement. »

Il ajoute que « seulement les biosolides de Classe A – un matériau de la plus haute qualité – peuvent être utilisés sur les fermes. »

Les tests d’évaluation supplémentaires sont peut être destinés à apaiser les craintes du public en ce qui concerne l’utilisation sécuritaire des biosolides sur les terres agricoles, mais les producteurs de la province préfèrent malgré tout attendre avant de se prononcer.

Richard Melvin, président de la Nova Scotia Federation of Agriculture, souligne que la question « tend à être une importante source de critiques ».

« Nous reconnaissons qu’il s’agit d’un produit légal; nous ne pouvons donc pas dire interdire aux agriculteurs de l’utiliser, mais nous n’en faisons pas non plus la promotion », déclare-t-il.

La politique de la fédération sur les déchets non agricoles déconseille son utilisation. Elle mentionne que son utilisation « peut créer chez le public une impression qui va à l’encontre de la priorité accordée à la sécurité alimentaire par l’industrie. La fédération n’encourage donc pas l’utilisation de déchets de source non animale pour amender le sol des terres agricoles ».

« En fin de compte, c’est vraiment le consommateur qui décide, » révèle Richard Melvin, qui cultive des choux-fleurs et des épinards dans la vallée de l'Annapolis, à environ 165 kilomètres au nord-ouest d’Halifax.

« Pour ce qui est des produits frais, la plupart des grands détaillants comme Sobey's et Atlantic Superstore nous ont fait parvenir des documents à signer, dans lesquels nous déclarons ne pas utiliser de biosolides pour la production de produits frais. »

Richard Melvin déclare qu’à sa connaissance les seules fermes de la Nouvelle-Écosse qui utilisent des biosolides, le font pour leur production de fourrage.

Rob Sampson est le président de N-Viro Systems Canada, un fabricant de biosolides. Il indique que l’usine de l’entreprise en Nouvelle-Écosse produit de 25 à 30 tonnes de biosolides de Classe A par année. La totalité de cette production est vendue dans la province, à un coût pour les producteurs de 30 $ à 40 $ la tonne appliquée.

« Si on récupérait tous les biosolides de la région et qu’on en fabriquait un produit, on pourrait à peine couvrir 0,2 p. 100 des terres agricoles, indique-t-il. Les gens croient que ce produit a envahi la province, mais la quantité que peut contenir la benne d’un camion à chargement frontal représente ce que nous pourrions épandre sur un acre. »

Même si le gouvernement et les fabricants sont convaincus de l’innocuité des biosolides, Richard Melvin mentionne que les producteurs continueront à surveiller la situation.

« Nous peaufinerons encore davantage nos politiques. Nous voulons obtenir des conseils éclairés et prendre en compte les préoccupations des gens. Un grand nombre d’experts passent cette information au crible et présentent des recommandations. Mon objectif est de m’assurer que le processus est le plus judicieux possible », souligne Richard Melvin.

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9. La date limite approche pour le programme des jeunes leaders en élevage

Le Cattlemen's Young Leaders Development Program (programme de perfectionnement des jeunes leaders en élevage), un projet-pilote de l’Alberta, accepte maintenant les demandes en vue de participer à sa première étape.

Coordonné par la Canadian Cattlemen's Association, le Cattlemen's Young Leaders Development Program allie une formation pertinente pour l’industrie à des possibilités de mentorat formel et informel destinées à des producteurs âgés de 18 à 35 ans.

La coordinatrice du programme, Jill Harvie, souligne que le programme a pour objectif de tirer parti de l’expertise et de l’expérience des chefs de file de l’industrie pour former une nouvelle génération de producteurs de bœuf. Les nouveaux producteurs seront dotés de connaissances et d’un sens des affaires pour assurer l’avenir de l’industrie, déclare-t-elle.

Six producteurs albertains seront choisis pour participer au projet pilote, qui se déroulera du mois d’août au mois de décembre. La mise en œuvre complète du programme à l’échelle nationale est prévue pour janvier 2011.

Les candidats peuvent choisir entre deux volets de mentorat. Le programme professionnel cible les étudiants du secondaire, les collégiens et les collégiens diplômés ainsi que les étudiants universitaires intéressés par une profession liée à l’industrie du bœuf, comme le marketing, la santé animale et la recherche.

Le mentorat d’un chef de file de l’industrie est adapté aux producteurs actifs qui font preuve de leadership. Les participants seront jumelés à un membre du conseil de la Canadian Cattlemen's Association ou de l’Alberta Beef Producers. Ils auront l’occasion de participer à d’importantes discussions à l’échelle provinciale, nationale et internationale.

Jill Harvie confie que la réponse des mentors potentiels a été formidable, mais elle souligne que l’on prendra grand soin d’établir de bons jumelages.

« Le programme sera aussi souple que possible pour que le participant et son mentor puissent décider des événements et des forums auxquels ils veulent assister, précise Jill Harvie. Cela leur donnera un avant-goût de ce milieu. Si nous pouvons les jumeler selon leurs forces et leurs intérêts, ils seront alors plus enclins à poursuivre leur carrière dans l’industrie du bœuf. »

Les participants qui feront preuve d’excellence au cours du programme pourront présenter une demande en vue d’assister à des événements internationaux, notamment des conférences, des visites de fermes et des tables rondes.

Les demandes doivent être déposées d’ici le 31 juillet 2010. Les formulaires sont offerts sur le site : www.cattlemensyoungleaders.com. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec Jill Harvie par courriel, à harviej@cattle.ca.

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10. Analyse du marché - Le marché du lin atteint de nouveaux sommets

Les prix au comptant de la graine de lin ont connu une remontée massive au cours des quatre à six dernières semaines, atteignant rapidement la zone de 13 $ le boisseau pour l’ancienne récolte et la nouvelle récolte, ce qui représente une hausse de presque 5 $ le boisseau ou plus de 60 p. 100, et ce, en une très courte période!

À l’instar de nombreuses autres cultures des Prairies, ce marché se montre de plus en plus anxieux à l’égard des nombreux acres de lin qui n’ont pas été ensemencés en Saskatchewan et au Manitoba, réduisant par conséquent le potentiel de production pour 2010. L’impression qui se dessine actuellement sur le marché veut que la production canadienne de lin ne dépassera pas 600 000 tonnes, voire même 500 000 tonnes. L’an dernier, la production du Canada se chiffrait à 930 000 tonnes.

Il semble que les utilisateurs finaux se soient soudainement aperçus que les stocks de l’ancienne récolte disparaissaient plus vite que prévu cette année, la demande de la Chine compensant partiellement pour le relâchement dans les achats faits par l’Europe (quoique plus tôt dans la saison et à des prix inférieurs) et que la production serait sans aucun doute inférieure aux prévisions initiales.

L’automne dernier, à la suite de l’embargo européen sur les importations de lin canadien, le marché croyait (moi y compris) que les stocks de cultures de l’an dernier pourraient gonfler cette année pour atteindre une quantité énorme variant entre 400 000 et 500 000 tonnes. Je crois maintenant que les stocks de fin de campagne au 31 juillet ne dépasseront pas la barre des 250 000 à 270 000 tonnes. Et maintenant, avec le temps humide qui menace la nouvelle culture, on assistera à un resserrement important des stocks de lin.

Cette nouvelle réalité laisse à penser qu’il est fort probable que les stocks de fin de campagne du lin pour la nouvelle culture 2010-2011 diminuent davantage pour atteindre la barre des 100 000 à 150 000 tonnes, ce qui commence à être très juste. Les stocks de report de lin canadien en 2008-2009 atteignaient 227 000 tonnes.

Cet hiver, PFCanada n’était pas très enthousiaste quant aux perspectives immédiates pour le prix du lin étant donné l’incertitude qui continuait de planer sur la relation commerciale avec nos principaux acheteurs de l’Union européenne. Par conséquent, à moins d’un écart d’au moins
2 $ le boisseau entre le prix du lin et celui du canola, je ne voyais rien qui justifiait sur le plan économique la culture du lin.  

Cependant, j’avais aussi mentionné dans ce bulletin il y a quelque temps que les producteurs de lin devraient envisager un marché à plus long terme, soit le printemps 2011, moment où il pourrait y avoir resserrement des stocks, ce qui entraînerait peut-être une majoration des prix.

En conséquence, PFCanada s’est abstenu complètement de fixer le prix à terme de la nouvelle récolte de lin – en attendant une meilleure occasion – et il semble bien que ce moment arrive bientôt quoique beaucoup plus tôt que je ne l’avais prévu.

Aucun terrain d’entente n’a été trouvé et aucun progrès n’a été enregistré dans le différend commercial sur le lin Triffid opposant le Canada et l’Union européenne, qui est notre principal acheteur. Cette situation demeure donc préoccupante. Mais pour l’instant, les marchés réagissent de façon étonnamment haussière aux nouvelles contraintes auxquelles fait face le Canada au chapitre de l’approvisionnement en lin pour 2010-2011.

Mike Jubinville de Pro Farmer Canada offre de l’information sur les marchés des produits et les stratégies de marketing. Téléphoner au 204‑654‑4290 ou se rendre à l’adresse http://www.pfcanada.com (en anglais seulement) pour en savoir plus au sujet des services qu’il offre.

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