De façon générale, les marchés de grains ont été en hausse au cours de la dernière semaine, dans la foulée de la publication du rapport du 30 juin du département de l'Agriculture des États-Unis (USDA) sur les superficies et les stocks de grain.
Ce rapport a entraîné une hausse marquée du marché du maïs et, par le fait même, une appréciation d'autres marchés. La prévision de l'USDA selon laquelle la superficie de maïs s'établirait bien en deçà des attentes du marché, à 87,87 millions d'acres, a été abaissée de 900 000 acres comparativement au rapport de mars sur les perspectives d'ensemencement, ce qui était inattendu.
Néanmoins, ce sont des résultats surprenants pour ce qui est de la superficie de maïs étant donné le rythme d'ensemencement presque record aux États-Unis ce printemps, et le fait que les négociants s'attendaient à un accroissement plutôt qu'à une diminution du nombre d'acres de maïs en 2010 comparativement au rapport de mars.
Mais les chiffres sont les chiffres. Et, conjugués au taux d'utilisation trimestrielle record du maïs de la campagne précédente dont fait état le rapport sur les stocks trimestriels de céréales de l'USDA, ils indiquent que les prix du maïs sont trop bas et créent un vif intérêt acheteur.
En ce qui concerne le Canada, ce rapport pourrait encourager certains utilisateurs des Prairies à étendre la couverture de leur orge fourragère s'il apparaît maintenant que le volume de maïs américain disponible pour le marché de l'élevage sera moins élevé qu'on ne le croyait. J'ai aussi le sentiment qu'il y aura un moins grand volume de drêche sèche de distillerie tandis que la production d'éthanol se maintient à la hausse.
Autres marchés
Les marchés boursiers sont à la baisse. La dette européenne et l'affaiblissement de la confiance des consommateurs aux États-Unis et en Chine suscitent des inquiétudes persistantes. Cela fait douter de la reprise économique mondiale et maintient les investisseurs sur la corde raide.
Si l'on examine l'ensemble du marché des actions, aux États-Unis en l'occurrence, je continue de trouver inquiétants le graphique de l'indice boursier S&P 500 (Standard and Poor's) qui s'approche dangereusement du « point de rupture fatal » (le croisement descendant de la moyenne mobile de 50 jours et de la mobile moyenne mobile de 200 jours) et l'index des marchandises du Commodity Research Bureau, qui se situe maintenant sous sa cible de 200 sur le Direct Market Access. Le TSX se comporte à peu près comme le S&P 500.
Il est difficile dans cet environnement d'imaginer une reprise durable à court terme à moins qu'un revirement positif marqué des statistiques sur l'emploi ou qu'une réduction soudaine des stocks de brut se produise prochainement.
Sinon, un malaise règnera sur les macro-marchés, au mieux jusqu'à ce que nous commencions à réaliser les gains du deuxième trimestre. L'expression « la lumière au bout du tunnel » est-elle appropriée tandis que nous nous remettons de la position de régularisation du deuxième trimestre? Ou bien les actions vont-elles continuer de chuter? Qui sait?
Toutefois, la montée en flèche du volume, ainsi qu'un croisement négatif des indicateurs de la moyenne mobile de convergence/divergence sur les graphiques de divers indices boursiers sont de mauvais augure.
Ces graphiques d'indices boursiers reflètent le sentiment général de la collectivité internationale des investisseurs. Et si le marché est actuellement d'avis que les investisseurs souhaitent retirer leurs positions des marchés, il convient de noter que cela nuira tout simplement à tous les autres marchés, y compris les marchés agricoles, même s'il apparaît des problèmes d'ordre météorologique qui menacent la production.
Nous aurons beau toujours porter une attention stricte aux questions fondamentales de l'offre et de la demande propres à chacun des marchés agricoles, mais ces puissantes forces macroéconomiques ne peuvent être réprimées facilement dans notre univers qu'est l'agriculture, en particulier dans le monde d'aujourd'hui où les flux spéculatifs et d’argent dans tous les marchés peuvent avoir une forte influence sur l'orientation des prix.
Les marchés demeurent préoccupés par la direction que prend l'économie au lendemain des sommets du G8 et du G20, tenus à Toronto, en raison d'un communiqué général indiquant que les principaux gouvernements adopteront bientôt un plan prévoyant simultanément des hausses de taxes et des réductions des dépenses publiques. Si, d'une part, il est louable que les gouvernements veuillent contrôler des déficits budgétaires galopants, on craint d'autre part que l'adoption d'une telle politique de taxation et d'économie à ce moment-ci menace une reprise économique mondiale toute récente, qui semble même chancelante.
Par conséquent, des mesures d'austérité de cette nature prises trop tôt par les gouvernements risquent d'alimenter la déflation de même que la récession à double creux tant redoutée.
Des acteurs du marché acceptent difficilement la décision des Européens d'imposer avant tout la rigueur budgétaire à l'économie mondiale. Cette mesure est prise à un moment où celle-ci commence à peine à afficher des signes de vigueur et où elle se relève de la récente récession. Il reste que tout cela rappelle vraiment les politiques des années 1930 qui ont été à l'origine de la récession en Amérique du Nord et dans la majorité des pays d'Europe, récession qui a fini par prendre des proportions mondiales et a duré près d'une décennie.
Et si une période de déflation se développe plutôt qu'une période d'inflation, ce sera une mauvaise nouvelle pour les marchés des marchandises et des actions.
Nous devons tous être au courant de ces macro-questions concernant l'orientation de l'économie mondiale et de la possibilité que celle-ci s'effondre.
Mike Jubinville de Pro Farmer Canada offre de l’information sur les marchés des produits et les stratégies de marketing. Téléphoner au 204‑654‑4290 ou se rendre à l’adresse http://www.pfcanada.com (en anglais seulement) pour en savoir plus au sujet des services qu’il offre.