Rapport Valeur des terres agricoles de FAC.

Note de la rédactrice

Allison Finnamore

 

Vous pouvez nous transmettre vos idées d’articles ou vos commentaires en écrivant à allison@finnamore.ca.


1. La Saskatchewan toujours en proie à du mauvais temps

Si, d’ordinaire, les agriculteurs de la Saskatchewan implorent le ciel pour qu’il pleuve en juin, cette année, ils veulent seulement que la pluie cesse.

Entre le 9 et le 11 juin, de 50 à 75 millimètres supplémentaires de pluie sont tombés sur la majeure partie des régions céréalières de la province. Certaines régions, frappées par de violents orages, ont signalé avoir reçu plus de 100 millimètres. Selon Environnement Canada, il s’agissait du huitième épisode de pluie important en Saskatchewan depuis le début d’avril.

Le sol est saturé et les pluies récentes créent des accumulations. Les cultures qui poussent dans les terres basses commencent à être submergées, et on craint de plus en plus pour la viabilité de certaines cultures en terre.

Saskatchewan Agriculture rapporte que l’ensemencement est terminé à 73 p. 100 dans la province, ce qui représente une progression de seulement 3 p. 100 par rapport à la semaine dernière.

Culture semée par région

  • Nord-Ouest : 90 p. 100
  • Sud-Ouest : 88 p. 100
  • Centre-Ouest : 87 p. 100
  • Sud-Est : 75 p. 100
  • Centre-Est : 56 p. 100
  • Nord-Est : 50 p. 100

Tiffany Martinka, spécialiste en agronomie au Canola Council of Canada, indique que dans les environs de Melfort, un acre est inondé pour chaque acre ensemencé.

Le développement végétatif accuse un retard de 7 à 10 jours par rapport à la normale. Saskatchewan Agriculture indique que 77 p. 100 des céréales printanières, 78 p. 100 des oléagineux et 67 p. 100 des légumineuses à grain sont en retard par rapport à leur stade de croissance normal.

Le premier ministre Brad Wall et le ministre de l’Agriculture Bob Bjornerud ont effectué une visite dans les régions les plus durement touchées du nord‑est de la Saskatchewan le 14 juin. Ils étaient accompagnés de David Marit, président de la Saskatchewan Association of Rural Municipalities.

« Il était désolant d’entendre ces gens (les agriculteurs) parler des pertes qu’ils vont subir, rapporte M. Marit. Après un long vol en avion à ne voir que de l’eau, nous savions qu’il y aurait de lourdes conséquences. »

Mercredi après-midi, le ministère fédéral de l’Agriculture Gerry Ritz a effectué une visite des terres gorgées d’eau situées près de Wishart. Dans un communiqué, le ministre Ritz a déclaré que l’assurance récolte et le programme Agri-Stabilité constituaient les « premières lignes de défense et la meilleure façon de fournir rapidement de l’aide ». Les représentants des gouvernements fédéral et provincial collaborent à cette question, ajoute‑t‑il.

Les pertes ne toucheront pas uniquement les exploitations agricoles. Des entreprises de semences, d’engrais et de pesticides enregistreront aussi des revenus inférieurs aux attentes.

Le printemps 2010, le plus humide jamais enregistré, a finalement donné une impulsion aux marchés de grains et d’oléagineux. Le contrat à terme de canola venant à échéance en juillet à Winnipeg a clôturé à 428,10 $ la tonne métrique dans l’après‑midi du 16 juin. Il a gagné 29,70 $ la tonne entre le 14 et le 16 juin. Depuis le 4 juin, le contrat de canola venant à échéance en juillet a gagné 52,20 $ la tonne.

Les conditions humides ont aussi des répercussions sur une grande partie de la production attendue d’avoine de l’Ouest canadien. Selon Randy Strychar, de OatInsight.com, près de 95 p. 100 de la production d’avoine de la Saskatchewan est menacée par les retards d’ensemencement causés par la pluie. Étant donné qu’environ 20 p. 100 des cultures d’avoine du Manitoba sont aussi en proie aux inondations, M. Strychar affirme qu’il pourrait y avoir de sérieuses conséquences sur les prix à terme.

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2. Réouverture de la frontière chinoise au canola canadien

Les producteurs de canola pourront exporter leur production de 2010 en Chine. Des contrats peuvent être signés dès aujourd’hui, annonce le gouvernement fédéral.

En novembre dernier, la Chine a imposé une ordonnance de quarantaine pour empêcher l’importation de semences de canola ayant obtenu un résultat positif à l’épreuve de dépistage de la jambe noire, une maladie fongique susceptible de réduire les rendements du canola. À cette époque, le Canada avait négocié des mesures de transition pour les produits de la campagne agricole 2009. L’annonce d’aujourd’hui concerne l’application de cette entente temporaire à la récolte de 2010.

Le gouvernement fédéral affirme que la prolongation de cette entente permettra à l’industrie canadienne du canola de continuer à conclure des marchés avec les importateurs chinois pour les produits de la campagne 2010, qui commence en août.

Le Conseil canadien du canola (CCC) applaudit cette annonce.

« Cette prolongation permettra aux agriculteurs canadiens d’avoir un certain accès au marché chinois pour leur production de 2010 », se réjouit la présidente du CCC, JoAnne Buth. « Cette entente fait en sorte que la frontière de la Chine reste en partie ouverte, mais elle n’élargit pas l’accès au marché chinois. En effet, notre accès y demeure très limité, donc nous continuerons de travailler avec la Chine pour écarter ses préoccupations liées à la jambe noire et pour rétablir complètement les échanges commerciaux. »

Le CCC mentionne que le Canada entreprend des études conjointes avec la Chine en vue d’analyser des moyens d’atténuer la propagation de la jambe noire à la récolte chinoise, et pour mener des essais d’aliments pour bovins laitiers afin d’accroître la valeur du tourteau de canola en Chine.

La Chine était la plus importante destination des exportations de graines de canola canadiennes en 2008‑2009 (2,8 millions de tonnes). En raison des restrictions actuelles, l’accès du Canada est limité à entre 1,4 et 1,5 million de tonnes annuellement. En date d’avril 2010, le Canada avait expédié 1,62 million de tonnes au cours de l’année d’expédition 2009‑2010.

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3. Deux plaintes commerciales continuent d’attirer l’attention

Les producteurs de bœuf canadiens continuent de suivre l’évolution de deux plaintes commerciales distinctes déposées auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

La première concerne l’étiquetage obligatoire du pays d’origine imposé par le gouvernement des États‑Unis pour la viande et les fruits et légumes frais vendus dans les épiceries. Le Canada et le Mexique croient que l’étiquetage du pays d’origine constitue un obstacle technique au commerce qui restreint l’accès au marché. Les deux pays affirment que les exigences en matière d’étiquetage sont une violation du droit commercial international.

Le groupe spécial de l’OMC, qui compte trois membres, est présidé par un diplomate suisse qui possède une longue expérience comme membre d’autres groupes de règlement des différends. Les premières présentations sont prévues le 23 juin, et la phase orale des débats devrait avoir lieu en septembre.

Le président de la Canadian Cattlemen’s Association (CCA), M. Travis Toews, ne s’attend toutefois pas à un règlement rapide.

« Nous nous attendons à ce que le groupe spécial rende une décision quelque part l’année prochaine, dit‑il. Il est à souhaiter que ce soit plus près de janvier que de juin, mais il est certain que cela prendra du temps. »

L’autre différend soumis à l’OMC concerne la Corée du Sud, qui refuse d’ouvrir sa frontière au bœuf canadien depuis la découverte d’un cas d’encéphalite spongiforme bovine (ESB) en mai 2003. Le Canada soutient que le maintien de cette interdiction n’est pas fondé sur des normes internationales ou sur la science.

Un groupe spécial de règlement des différends de l’OMC a entendu les premiers arguments dans cette affaire, et M. Toews attend le résultat avec confiance.

« Nous avons entendu des choses qui nous portent à croire que la Corée serait peut‑être prête à régler ce différend avant qu’une décision soit rendue », dit‑il.

Lorsqu’on lui demande quelles conditions il serait prêt à accepter, M. Toews répond qu’un premier pas dans la bonne direction serait de rétablir l’accès au bœuf non désossé provenant de bovins âgés de moins de 30 mois. Il ajoute qu’une telle mesure serait « significative sur le plan commercial » d’ici le rétablissement complet éventuel de l’accès au marché.

La Corée du Sud a acheté pour 50 millions de dollars de bœuf canadien en 2002, se classant ainsi au quatrième rang des plus importants marchés d’exportation.

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4. Un achat d’engrais qui inquiète

Depuis 1995, lorsque Timothy McVeigh a fabriqué une bombe à l’aide de 40 sacs de nitrate d’ammonium et fait exploser un immeuble du gouvernement fédéral à Oklahoma City, tuant 168 personnes, les autorités partout dans le monde sont sur un pied d’alerte chaque fois que des achats inhabituels de grandes quantités d’engrais sont effectués.

À l’approche des sommets du G8 et du G20, qui se tiendront au Canada, on a craint, plus tôt ce mois‑ci, qu’un autre complot terroriste se trame lorsqu’un magasin de fournitures agricoles du sud de l’Ontario a avisé la police d’un achat suspect.

Un homme qui disait représenter un agriculteur a payé comptant 1 500 kilogrammes d’engrais plutôt que de porter cet achat au compte du producteur. Inquiets, les représentants du magasin ont téléphoné aux autorités.

Une enquête a toutefois établi que l’achat était légitime. Selon la police, qui a récupéré l’engrais dans deux domiciles de Toronto, il s’agissait vraisemblablement d’un quiproquo.

Même s’il s’agissait d’une fausse alarme, l’incident a alerté le milieu agricole. La Canadian Association of Agri‑Retailers, qui représente les agro-fournisseurs à l’échelle du Canada, a averti qu’il existe toujours une menace pour la population. Des intrants agricoles essentiels comme les fertilisants sont susceptibles d’être utilisés pour commettre des actes criminels et terroristes, dit David MacKay, président de l’association établie à Winnipeg.

« Quel que soit le résultat, cet incident devrait nous rappeler que la vigilance est de mise, sachant que des menaces potentielles existent et que des terroristes vont continuer d’essayer d’acquérir ces produits agricoles normalement anodins pour les utiliser à des fins de destruction », prévient‑il.

M. MacKay mentionne aussi que la menace n’a pas diminué et demande que les intrants essentiels à la production de cultures agricoles au Canada soient gardés en lieu sûr. Les terroristes et autres malfaiteurs « ne prennent pas toujours des moyens aussi directs » pour se procurer ces intrants afin de les utiliser à mauvais escient, dit‑il, et il est à souhaiter que le gouvernement fédéral participe à la création d’un plan global de surveillance de ces produits à l’échelle nationale.

« Indépendamment de la menace pour la population canadienne, les agriculteurs et les détaillants ne peuvent se permettre de perdre ces produits en raison d’une réglementation outrancière adoptée en réponse à un incident terroriste », fait‑il valoir.

L’association a proposé un protocole intégré de sécurité des intrants de culture de 100 millions de dollars pour les 1 500 lieux de vente de fournitures agricoles au Canada. Les mesures prévues comprendraient l’installation de clôtures de périmètre, la mise en place de dispositifs de surveillance et d’alarme, de systèmes d’éclairage, de verrous et de logiciels, ainsi que la formation du personnel sur diverses techniques de sécurité.

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5. Une nouvelle association québécoise veut du changement

Les fondateurs d’une nouvelle association d’agriculteurs au Québec disent vouloir offrir un choix aux producteurs de la province.

« Les agriculteurs sont des entrepreneurs qui ont besoin de services qui répondent aux besoins uniques liés à leurs activités », affirme Gilles Brouillard, céréaliculteur commercial et président du nouveau Conseil des entrepreneurs agricoles. « Cependant, la vision et les actions singulières de l’[Union des producteurs agricoles] (UPA) empêchent l’organisme de répondre à ces besoins. »

Établi à Montréal le 3 juin, ce nouvel organisme résulte d’une initiative de trois fédérations provinciales d’agriculteurs (les producteurs de cultures commerciales, les jardiniers maraîchers et les acériculteurs) qui représentent près d’un millier de membres au total.

Cette initiative fait également suite à la Coalition pour la liberté d’association en agriculture au Québec, formée l’automne dernier par les trois groupes, qui avait réclamé publiquement l’abolition du monopole syndical en agriculture au Québec et la fin du modèle de représentation unique par l’UPA.

Selon M. Brouillard, ces deux initiatives ont reçu un vaste appui de l’industrie.

Il affirme que des producteurs ont communiqué avec lui pour demander une représentation élargie et pour manifester le désir de s’affranchir de pratiques comme la commercialisation collective.

« L’agriculture s’est grandement diversifiée et spécialisée ces 38 (dernières) années », souligne‑t‑il.

D’autres associations se sont formées au cours des dernières années. En 2008, un rapport provincial sur l’avenir de l’agriculture dans la province faisait état de la nécessité de garantir le développement viable de l’agriculture au Québec et, ainsi, recommandait une plus grande pluralité de représentation pour les producteurs agricoles de la province.

Le gouvernement provincial devrait étudier la formation d’une autre association agricole ombrelle plus tard cette année, et l’UPA a déclaré qu’elle organisera des manifestations aux quatre coins de la province si la formation d’une autre association agricole est approuvée.

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6. Les demandes d’assurance grêle maintenant en ligne

Les producteurs de cultures agricoles et fourragères de l’Alberta peuvent maintenant acheter une assurance directe contre la grêle à n’importe quelle heure du jour en utilisant le nouvel accès en ligne offert sur le site Web de la Agriculture Financial Services Corporation (ASFC).

Les agriculteurs voulaient avoir la possibilité d’acheter de l’assurance 24 heures sur 24 à la lumière des prévisions météorologiques, sans avoir besoin de communiquer avec un agent, indique Lorelei Hulston, directrice provinciale de l’assurance à la AFSC.

Par exemple, illustre Mme Hulston, une veille de tempête de grêle peut être diffusée le samedi tard dans la nuit. La protection pourrait être achetée la nuit même et entrer en vigueur le dimanche à midi. S’il doit attendre au lundi pour parler à un agent, un producteur n’a pas de couverture avant le mardi midi, et il est peut‑être alors trop tard.

Selon Mme Hulston, ce programme a été conçu pour être convivial. Il comporte un minimum d’éléments graphiques afin que les clients qui disposent d’une ligne commutée n’aient pas de problème d’accès.

Les producteurs doivent d’abord communiquer avec la AFSC pour obtenir un code d’activation qui leur permet d’ouvrir une session dans le site de l’assurance directe contre la grêle. À la première utilisation, ils devront fournir un code d’utilisateur et un mot de passe.

Les renseignements sur les terres seront déjà saisis pour les utilisateurs qui ont déjà acheté de l’assurance grêle ou de l’assurance récolte par le truchement de la ASFC. Il s’agit ensuite de sélectionner la terre ou les terres à assurer et d’ajouter les données concernant la grêle.

L’utilisateur entre ses choix quant au montant de la couverture par acre, le type de franchise et les dommages précédents causés par la grêle, et il peut sélectionner plusieurs champs. Une fois cette étape franchie, le programme passe à la page du paiement, où sont fournis les détails de la prime et le montant de la couverture.

Dès cette semaine, Mme Hulston note que les producteurs auront la possibilité de payer par carte de crédit ou de porter le montant total au solde de leur compte de la ASFC.

Les utilisateurs qui n’ont jamais acheté d’assurance grêle ou d’assurance récolte par le truchement de la AFSC peuvent saisir les renseignements sur leur terre au moment où ils reçoivent leur code d’activation.

Pour obtenir plus d’information, composez le 1-877-899-AFSC.

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7. Les crosses de fougères pourraient devenir une culture commerciale, selon un chercheur

Le chercheur d’Agriculture Canada John DeLong recommande vivement aux cultivateurs de produire des crosses de fougères.

Aussi appelées « têtes de violons », les frondes courbées des fougères-à-l’autruche sauvages sont depuis longtemps reconnues comme un mets fin du printemps dans les Maritimes et dans certaines parties de l’Ontario et du Québec. Les crosses poussent sur des superficies humides le long de cours d’eau et de ruisseaux, et sont habituellement récoltées à l’état sauvage.

M. DeLong pense que les crosses de fougères devraient avoir un avenir prometteur comme culture commerciale, et ce, pour deux raisons : elles ont une valeur nutritive élevée et la cueillette à l’état sauvage ne permettra peut‑être pas de continuer de satisfaire la demande.

M. DeLong mentionne que lui et les autres collaborateurs de son équipe de recherche ont été « surpris » de constater le profil nutritionnel exceptionnel des crosses de fougères. Elles offrent le double de l’activité antioxydante des bleuets de même qu’un complément unique d’acides gras oméga‑3 bons pour la santé.

« Certains acides gras se trouvent dans le poisson mais sont tout simplement inexistants dans les végétaux, à l’exception toutefois des crosses de fougères », indique M. DeLong, chercheur rattaché au Centre de recherches de l’Atlantique sur les aliments et l’horticulture, à Kentville, en Nouvelle‑Écosse.

Ce profil nutritionnel pourrait rendre les crosses de fougères attrayantes pour les producteurs commerciaux.

« Il existe un potentiel économique véritable qui dépasse de loin les débouchés actuels », assure M. DeLong. « En ce moment, il s’agit d’une industrie purement artisanale. Des gens vont cueillir les crosses de fougères à l’état sauvage – ce qui est bien. Pour l’instant, on ne détruit pas d’habitats naturels et on n’altère pas l’écosystème. Mais à mesure que la demande augmentera, la pression sur les peuplements sauvages risque de s’accroître également. Au lieu de cela, les crosses de fougères pourraient être gérées plus rigoureusement à titre de culture commerciale. »

M. DeLong pense qu’un « milieu naturalisé » pourrait offrir la meilleure façon de cultiver les crosses de fougères. C’est exactement ce que fait l’entreprise NorCliff Farms de Port Colborne, en Ontario. Les propriétaires Nick Secord et Nina DiLorenzo produisent des têtes de violons sur quarante acres de basses‑terres marécageuses qui reproduisent l’environnement naturel des fougères. M. DeLong indique que les producteurs contrôlent l’humidité de la superficie cultivée à l’aide d’un barrage.

« On a peu étudié les aspects économiques jusqu’ici », indique M. DeLong. « Mais on suppose qu’un investissement initial assez important dans la main‑d’œuvre serait nécessaire. Tout d’abord, il faut trouver les griffes de fougères et les transplanter. Si elles se trouvent sur vos terres, il n’y a aucun problème, mais si elles se trouvent sur des terres de la Couronne, vous devez alors vous assurer que vous n’enfreignez aucune loi. Il faut ensuite creuser et transporter les griffes. Une fois qu’elles sont établies, il ne devrait pas y avoir beaucoup de coûts, outre celui de leur cueillette qui doit être faite au bon moment. »

M. DeLong souligne qu’il est sans doute aussi possible de cultiver des crosses de fougères à l’aide de méthodes horticoles traditionnelles, mais qu’une irrigation intensive serait alors nécessaire.

« J’adore les têtes de violons », lance M. DeLong. « Je souhaite ardemment que nous prenions tous les moyens possibles pour les rendre plus accessibles et pour en faire une culture commerciale. »

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8. Une majorité de producteurs en ligne utilise des médias sociaux

Selon un nouveau sondage mené auprès du groupe consultatif Vision de FAC, environ la moitié (54 p. 100) des producteurs canadiens en ligne qui ont été interrogés sont des adeptes des médias sociaux. Ils utilisent au moins un média social et prévoient y consacrer encore plus de temps dans l’avenir.

« Nous voulions connaître les tendances liées à l’utilisation croissante des médias sociaux, notamment si les producteurs agricoles les utilisent dans leurs activités quotidiennes et de quelle façon, » explique Dan Bergen, vice‑président exécutif et chef de l’exploitation à FAC. Les producteurs ont toujours adopté de nouvelles technologies pour assurer la croissance de leur entreprise, donc il était intéressant pour nous de constater comment ils utilisaient ce nouveau mode de diffusion de l’information. »

« Si le sondage révèle que les producteurs qui utilisent les médias sociaux sont plus susceptibles de les utiliser à des fins personnelles (54 p. 100) que pour leur entreprise (30 p. 100), il existe différentes possibilités d’intégrer les médias sociaux, notamment pour la recherche, l’établissement de relations d’affaires et la promotion de l’agriculture comme élément clé de la société et de l’économie », explique Kellie Garrett, vice‑présidente principale, Stratégie, savoir et réputation à FAC.

Quatre producteurs sur dix qui utilisent Internet (44 p. 100) affirment avoir consacré plus de temps à l’utilisation des médias sociaux cette année que l’année dernière. Les non‑utilisateurs mentionnent qu’ils n’ont pas le temps (43 p. 100) ou qu’ils n’accordent pas de valeur à l’utilisation des médias sociaux (30 p. 100). L’âge est également un facteur déterminant pour établir si un producteur utilise ou non des médias sociaux. Pour ceux qui les utilisent à des fins personnelles, Facebook s’avère l’application la plus couramment utilisée par les producteurs.

Le sondage a été envoyé à 1 636 membres du groupe Vision, notamment à des producteurs primaires et à des entreprises liées à l’agriculture. De ce nombre, 883 ont répondu au sondage, ce qui correspond à un taux de réponse de 54 p. 100.

Tous les résultats sont disponibles au www.visionfac.ca/recherches.

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9. Analyse du marché - Remontée des marchés agricoles canadiens sous l’effet des conditions météorologiques

En règle générale, les marchés des produits agricoles ont été en hausse durant la dernière semaine, entre le 9 et le 16 juin. Par contre, l’activité dans les marchés américains du maïs, du soja et du blé a été plutôt léthargique, puisque les conditions météorologiques favorables aux États Unis sont venues contrebalancer les influences constructives des marchés extérieurs (les marchés boursiers et de l’énergie).

Les marchés agricoles canadiens ont réagi de façon plus optimiste étant donné les problèmes persistants d’ordre météorologique qui entraînent des retards d’ensemencement dans l’Ouest canadien et le stress hydrique qui nuit au développement précoce des cultures dans le sol gorgé d’eau.

Canola 
Les prix à terme du canola à Winnipeg ont monté en flèche au cours de la période du 2 au 16 juin, gagnant presque 40 $ la tonne dans les contrats à terme, ce qui se traduit par un resserrement de la base au comptant. Cette remontée est soutenue par les formations positives sur les graphiques et par la reconnaissance du fait que la récolte des Prairies a diminué. Les spéculateurs se préparent à sauter sur l’occasion.

Du point de vue des graphiques, les cibles à court terme pour ce qui est des prix de novembre se situent près de la fourchette de 427,50 $ à 432,50 $ la tonne. Compte tenu du niveau de panique qui s’est installé dans le marché, je ne suis pas prêt à dire que les prix n’atteindront pas cette fourchette. Des prix inférieurs à 380 $ ne sont sans doute plus qu’un souvenir très lointain et les points de rupture devraient être bien soutenus, mais je crois fermement que l’atteinte d’une forme de « point de chute » est imminente.

Les prix au comptant du canola se sont raffermis et ont atteint la fourchette de 9 $ le boisseau. Les écarts de prix entre le canola et le soja se sont élargis considérablement et les marges dans le secteur de la trituration du canola sont en déclin, si bien qu’il y a une limite à l’ampleur de la remontée indépendante des prix du canola.

Cette réduction de la superficie dans l’Ouest canadien a bien entendu un effet haussier sur les marchés, faisant grimper les prix d’environ 1 $ le boisseau par rapport aux planchers précédents, lorsque tous les facteurs sont pris en considération. Cela fera sans doute diminuer la demande de deux millions de tonnes étant donné que les acheteurs optent pour l’huile de soja ou de palme, qui est moins chère et n’est pas en hausse.

Mais la possibilité de remontée a ses limites.

Pour que les prix dépassent 10 $ le boisseau, il faudra que des problèmes soutenus touchent les cultures qui sont déjà en terre au Canada, mais, plus important encore, des problèmes devront apparaître pour les cultures de haricots dans le Midwest (qui paraissent en bon état à l’heure actuelle).

Ainsi, en l’absence d’une menace pour la récolte de haricots, j’aurais tendance à penser que des prix à terme de novembre d’environ 430 $ sont le maximum que les marchés doivent atteindre.

Toutefois, les conditions météorologiques de cet été, les influences des marchés extérieurs et la vitesse à laquelle la demande s’effondrera (le cas échéant) détermineront les sommets ultimes qu’atteindront les prix. Tout le monde formule des hypothèses à vue de nez à ce chapitre à l’heure actuelle.

Avoine
Les prix à terme de l’avoine au Chicago Board of Trade (CBOT) se sont enflammés au cours de la semaine dernière. La menace d’une réduction de la superficie d’avoine au Canada en raison des pluies abondantes qui entraînent des retards d’ensemencement a constitué le principal facteur fondamental du mouvement haussier, mais il faut aussi tenir compte d’un élément de panique et de la couverture de position à découvert par les grands acteurs institutionnels.

Les États Unis importent presque autant d’avoine qu’ils en produisent, et la plus grande partie des importations provient du Canada. La menace d’une baisse de production éventuelle au Canada laisse peu de place à l’erreur au chapitre de la production aux États Unis si l’on veut répondre aux besoins des utilisateurs finaux américains.

Le marché avait accumulé une importante position courte spéculative avant qu’apparaisse la menace d’une baisse de production au Canada, de sorte que les négociants qui avaient prévu que les prix continueraient de diminuer se sont empressés d’assurer la couverture de leurs positions à découvert.

Les prix sont aussi en hausse dans le marché au comptant. En date du 16 juin, les offres au comptant dans le sud du Manitoba sont soudainement entrées dans la fourchette de 2,40 $ à 2,50 $ le boisseau par rapport à moins de 2,00 $ le boisseau il y a à peine une semaine. Les offres au comptant dans l’est de la Saskatchewan ont aussi augmenté et se sont établies dans la fourchette de 2,25 $ à 2,35 $ le boisseau.

À l’heure actuelle, l’industrie s’attend à ce que la production canadienne d’avoine soit en baisse de 25 p. 100 pour l’année, ce qui entraînerait un important resserrement des stocks d’ici la fin de la campagne agricole 2010-2011 (août à juillet). Toutefois, personne ne sait vraiment quelle sera l’étendue de la superficie non ensemencée. On ne sait pas non plus combien d’acres ensemencés tardivement destinées au départ à d’autres cultures seront en fin de compte ensemencés en avoine. Toutefois, cette avoine risque d’être de qualité inférieure.

Les prix à terme de l’avoine de décembre au CBOT sont en train d’atténuer les problèmes de production au Canada. Les détenteurs de fonds spéculatifs qui couvrent leurs positions à découvert le font avec sérieux à l’heure actuelle. Une fois que cette situation se sera résorbée, ne soyez pas surpris de voir s’opérer une mesure corrective à la baisse.

Autres cultures
Compte tenu des conditions d’humidité généralisées dans l’Ouest, certains marchés sont encore plus à la hausse, dont les marchés des graines à canaris, du lin et de la moutarde.

Dans le cas de cultures comme les lentilles et les graines à canaris, ce sont maintenant les acheteurs qui téléphonent aux producteurs plutôt que l’inverse, et on constate certaines hausses de prix. Le prix des graines à canaris qui était d’aussi peu que 12,5 cents la livre il y a quelques semaines s’établit maintenant à environ 15 16 cents.

Le prix du lin a bondi à environ 8,50 $ le boisseau.

Enfin, mentionnons que le prix offert pour les grosses lentilles vertes numéro 2 de la nouvelle récolte est de 24 cents. Sur le plan des conditions de croissance, les lentilles subissent un stress croissant – elles supportent mal les conditions humides. Les acheteurs suivent cette situation avec inquiétude. Des précipitations supplémentaires entraîneront des problèmes majeurs, ainsi que le défaut d’honorer les ententes contractuelles et une disposition en cas de catastrophe naturelle.

Mike Jubinville de Pro Farmer Canada offre de l’information sur les marchés des produits et les stratégies de marketing. Téléphoner au 204-654-4290 ou se rendre à l’adresse http://www.pfcanada.com pour en savoir plus au sujet des services qu’il offre.

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