Si, d’ordinaire, les agriculteurs de la Saskatchewan implorent le ciel pour qu’il pleuve en juin, cette année, ils veulent seulement que la pluie cesse.
Entre le 9 et le 11 juin, de 50 à 75 millimètres supplémentaires de pluie sont tombés sur la majeure partie des régions céréalières de la province. Certaines régions, frappées par de violents orages, ont signalé avoir reçu plus de 100 millimètres. Selon Environnement Canada, il s’agissait du huitième épisode de pluie important en Saskatchewan depuis le début d’avril.
Le sol est saturé et les pluies récentes créent des accumulations. Les cultures qui poussent dans les terres basses commencent à être submergées, et on craint de plus en plus pour la viabilité de certaines cultures en terre.
Saskatchewan Agriculture rapporte que l’ensemencement est terminé à 73 p. 100 dans la province, ce qui représente une progression de seulement 3 p. 100 par rapport à la semaine dernière.
Culture semée par région
- Nord-Ouest : 90 p. 100
- Sud-Ouest : 88 p. 100
- Centre-Ouest : 87 p. 100
- Sud-Est : 75 p. 100
- Centre-Est : 56 p. 100
- Nord-Est : 50 p. 100
Tiffany Martinka, spécialiste en agronomie au Canola Council of Canada, indique que dans les environs de Melfort, un acre est inondé pour chaque acre ensemencé.
Le développement végétatif accuse un retard de 7 à 10 jours par rapport à la normale. Saskatchewan Agriculture indique que 77 p. 100 des céréales printanières, 78 p. 100 des oléagineux et 67 p. 100 des légumineuses à grain sont en retard par rapport à leur stade de croissance normal.
Le premier ministre Brad Wall et le ministre de l’Agriculture Bob Bjornerud ont effectué une visite dans les régions les plus durement touchées du nord‑est de la Saskatchewan le 14 juin. Ils étaient accompagnés de David Marit, président de la Saskatchewan Association of Rural Municipalities.
« Il était désolant d’entendre ces gens (les agriculteurs) parler des pertes qu’ils vont subir, rapporte M. Marit. Après un long vol en avion à ne voir que de l’eau, nous savions qu’il y aurait de lourdes conséquences. »
Mercredi après-midi, le ministère fédéral de l’Agriculture Gerry Ritz a effectué une visite des terres gorgées d’eau situées près de Wishart. Dans un communiqué, le ministre Ritz a déclaré que l’assurance récolte et le programme Agri-Stabilité constituaient les « premières lignes de défense et la meilleure façon de fournir rapidement de l’aide ». Les représentants des gouvernements fédéral et provincial collaborent à cette question, ajoute‑t‑il.
Les pertes ne toucheront pas uniquement les exploitations agricoles. Des entreprises de semences, d’engrais et de pesticides enregistreront aussi des revenus inférieurs aux attentes.
Le printemps 2010, le plus humide jamais enregistré, a finalement donné une impulsion aux marchés de grains et d’oléagineux. Le contrat à terme de canola venant à échéance en juillet à Winnipeg a clôturé à 428,10 $ la tonne métrique dans l’après‑midi du 16 juin. Il a gagné 29,70 $ la tonne entre le 14 et le 16 juin. Depuis le 4 juin, le contrat de canola venant à échéance en juillet a gagné 52,20 $ la tonne.
Les conditions humides ont aussi des répercussions sur une grande partie de la production attendue d’avoine de l’Ouest canadien. Selon Randy Strychar, de OatInsight.com, près de 95 p. 100 de la production d’avoine de la Saskatchewan est menacée par les retards d’ensemencement causés par la pluie. Étant donné qu’environ 20 p. 100 des cultures d’avoine du Manitoba sont aussi en proie aux inondations, M. Strychar affirme qu’il pourrait y avoir de sérieuses conséquences sur les prix à terme.



