En raison de la faible quantité de neige reçue cet hiver, conjuguée à la sécheresse qui a sévi l’année dernière dans la vallée de l’Okanagan, même les agriculteurs devront peut-être composer avec des restrictions de consommation d’eau au cours de la prochaine saison.
L’année dernière, l’approvisionnement en eau de certains vergers de la vallée a été coupé parce que les producteurs avaient utilisé plus d’eau que le volume qui leur était octroyé avant la fin de la période de croissance.
Dans le district d’irrigation de South East Kelowna, le réservoir principal, le lac McCulloch, ne s’est pas rempli le printemps dernier. Puis, en raison des conditions de sécheresse record enregistrées en juin, la consommation d’eau des utilisateurs a fait baisser le niveau d’eau encore plus tôt que d’habitude.
Les utilisateurs d’eau dans ce district sont tous connectés à des compteurs d’eau, y compris les prises d’eau aux fins d’irrigation. Le district octroie des volumes d’eau déterminés selon la superficie de la parcelle, le type de culture et le type de sol.
Vers le début de l’année dernière, on a averti les producteurs que les réserves étaient maigres. On leur a dit que pour conserver l’eau, chaque allocation d’eau serait réduite de 20 p. 100.
Le système d’allocation avait été mis en place en 2001. En 2003, un taux calculé au compteur a été établi, et des sanctions ont été mises en place à l’égard des utilisateurs qui excédaient leur allocation. Les coupures d’eau constituent la sanction de dernier recours.
« Il s’agit d’un système communautaire d’approvisionnement en eau », explique le directeur du district d’irrigation de South East Kelowna, M. Toby Pike. « Chacun obtient sa juste part. Autrement, les gens utiliseraient l’eau de quelqu’un d’autre. »
Grâce aux réserves de terres agricoles, les prix de l’eau sont raisonnables, mais personne n’a le droit d’abuser du système », ajoute‑t‑il.
Toutefois, certains producteurs se sont plaints du fait que le manque d’eau avant la récolte des pommes risquait d’avoir des conséquences graves sur la qualité de la récolte et sur la santé des pommiers.
Si l’accumulation annuelle de neige ne dépasse pas de 24 p. 100 l’accumulation normale cette année, les gestionnaires de l’eau prévoient qu’une fois de plus les réservoirs qui alimentent les services d’eau de la vallée ne se rempliront probablement pas cette année. Jusqu’ici, l’accumulation annuelle de neige est inférieure au niveau de l’année dernière dans de nombreuses parties du bassin hydrographique. Et plus de 80 p. 100 de la neige de l’hiver est déjà accumulée.
En outre, la plus grande partie de la neige dans les régions moins élevées a fondu plus tôt que d’habitude, ce qui signifie que le ruissellement provenant des régions à plus haute altitude cette année devrait être moins abondant que la normale.
Denise MacDonald, présidente du comité de gestion de l’eau et de l’environnement de la B.C. Fruit Growers’ Association, a avisé les producteurs que des plans de gestion de la sécheresse devront être préparés pour chaque bassin hydrologique dans la vallée de l’Okanagan et dans la vallée de la Similkameen. Elle leur conseille de s’assurer de participer à ce processus.
« Le temps extrêmement sec qui a prévalu l’été dernier, après un hiver au cours duquel de nombreux réservoirs, dont le lac Okanagan, ne se sont pas remplis, a constitué un avertissement pour tout le monde », dit‑elle.
Les ressources en eau doivent être gérées dans une optique de durabilité, c’est‑à‑dire en veillant à ne pas réduire les réserves à un niveau inférieur à ce qui peut être reconstitué chaque année.
« Il est crucial que nous nous préparions avant de nous trouver en pleine sécheresse » conclut Mme MacDonald.