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Note de la rédactrice

Allison Finnamore

Vous pouvez nous transmettre vos idées d’articles ou vos commentaires en écrivant à allison@finnamore.ca.


1. La variété de lin Triffid continue de poser problème

Des traces de la variété Triffid ont à nouveau été détectées dans des échantillons de graines de lin du Canada.

Le Flax Council of Canada a annoncé ces découvertes la semaine dernière. Le conseil indique que les analyses menées par le Crop Development Centre (CDC) ont détecté des indicateurs extrêmement faibles de la présence de lin Triffid dans un nombre restreint d'expéditions de sélectionneurs et de d'échantillons de semences.

Des traces de lin Triffid ont été détectées pour la première fois dans une expédition destinée à l'Europe l'été dernier. L'Union européenne (UE) a une politique de tolérance zéro à l'égard de la présence d'organismes génétiquement modifiés (OGM). La variété Triffid a été mise au point à la fin des années 1990, mais sa production commerciale n'a jamais été autorisée en raison de craintes liées à la perte d'accès aux marchés.

Le commerce du lin avec l'UE est interrompu depuis la découverte du premier cas. Cette mesure commerciale a une incidence énorme sur l'industrie canadienne du lin parce que plus de 70 p. 100 des exportations de lin du Canada sont destinées à l'UE.

Le Flax Council of Canada indique que des analyses poussées de trois variétés enregistrées – CDC Bethune, CDC Sorrel et CDC Sanctuary - font ressortir des indicateurs de traces minimes d'éléments génétiquement modifiés (moins de 0,01 p. 100).

Le conseil dirige une initiative visant à mettre sur pied un programme remanié de gérance nationale, qui offrirait aux producteurs la possibilité d'utiliser des semences de ferme conservées selon des procédures d'échantillonnage et d'analyse rigoureuses.

« Cette information nous a été communiquée très récemment et l'industrie canadienne du lin réagit rapidement afin de prendre les bonnes décisions, indique le président du conseil, M. Barry Hall.

Entre autres mesures, nous communiquons directement avec nos producteurs de lin, les clients auxquels nos produits sont destinés et d'autres intervenants pour les informer de notre approche révisée pendant que nous continuons de travailler à l'élaboration d'une solution à long terme. »

Premier fournisseur de lin dans le monde, le Canada produit presque 50 p. 100 des stocks mondiaux et effectue 80 p. 100 des exportations mondiales. La valeur à la ferme de la production canadienne de lin s'est établie à 346 millions de dollars en 2008.

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2. L’Union des producteurs agricoles veut contrer l’étalement urbain

L’union des cultivateurs du Québec demande un gel du dézonage agricole dans les régions de Montréal et de Québec, jusqu’à ce que le gouvernement provincial ait mis en place un système viable de développement régional.

« (La province) doit freiner l’étalement urbain », a plaidé Christian Lacasse, président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), lors de récentes audiences publiques à ce sujet. « Il n'est pas question de céder des terres agricoles pour compenser le manque de planification et de vision. »

À l’heure actuelle, les conseils métropolitains régionaux doivent travailler ensemble à la création de plans détaillés d’utilisation des terres pour leur région respective. Les conseils sont toutefois dans une impasse depuis plusieurs années sur la question du dézonage agricole aux fins du développement résidentiel.

Selon l’UPA, cette absence de consensus a entraîné le dézonage et le développement aléatoire de 826 hectares de terres agricoles de première qualité seulement dans la région de Montréal. Une autre étendue de 21 000 hectares de terres agricoles est inexploitée, en attente d’un changement de zonage.

La situation est encore pire dans la région de Québec, où la superficie de terres agricoles sacrifiées au cours des quinze dernières années équivaut à environ 2 000 terrains de football.

La province propose maintenant que les gouvernements régionaux conviennent de plans métropolitains plus généraux en matière de développement, et exigerait que ces plans soient conformes aux principes et aux objectifs des initiatives provinciales de développement durable. Ces initiatives placent la protection des terres agricoles sur un pied d’égalité avec le principe de la libre circulation des personnes et des entreprises.

L’UPA est en faveur de cette proposition, mais veut que la province gèle immédiatement le dézonage agricole jusqu’à ce qu’elle ait mis en place un système viable de développement régional.

« C’est un problème de taille – et pas seulement à Montréal et à Québec, mais dans presque toutes les villes de la province », affirme Simon Marmen, planificateur environnementaliste et chercheur à l’UPA.

Il ajoute que les audiences publiques et les modifications législatives en instance permettront d’accroître la sensibilisation et de changer la façon de penser des décideurs municipaux.

« Il n’y a jamais vraiment eu de consensus quant à la création et à la mise en place de plans de développement sain et durable à l’égard de l’utilisation des terres au Québec », indique M. Marmen. « Ce qu’il nous faut, c’est un peu de vision et de planification. »

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3. Le Centre d’information sur le bœuf entreprend une campagne-éclair

Le Centre d’information sur le boeuf (CIB) a entrepris une campagne énergique de sensibilisation des consommateurs à la marque figurative du bœuf, qui se déroulera de mars à mai.

Axée principalement sur l’Ontario et l’Alberta, la campagne utilisera divers procédés multimédias pour mettre en valeur les avantages du bœuf sur le plan nutritionnel et pour la santé.

Un « appel à l’action » encore plus dynamique incitera les consommateurs à envisager d’acheter du bœuf canadien, par diverses voies de communication comme la radio, des imprimés publicitaires, des panneaux-réclame extérieurs, la publicité en ligne, des concours, des livrets de recettes, des programmes distribués dans les épiceries et des initiatives faisant appel à des professionnels de la santé, indique John Gillespie, président du CIB.

La campagne cible le consommateur qui mange du bœuf habituellement une ou deux fois par semaine, principalement les mères âgées de 25 à 49 ans, qui prennent généralement les décisions relatives à l’alimentation de la famille.

Le thème des panneaux-réclame sera la « richesse en éléments nutritifs », tandis que la publicité sur Google, Facebook et Yahoo dirigera les consommateurs vers le site Web de la campagne sur le bœuf canadien au www.beefinfo.org, sous le lien « Bright Idea » (cette section du site est disponible en anglais uniquement).

Parmi les principaux partenaires de l’alimentation au détail, mentionnons 220 magasins Safeway dans l’Ouest du Canada, 169 épiceries Sobeys en Ontario et dans la région de l’Atlantique, et 77 magasins Costco à l’échelle du pays.

Selon Ron Glaser, directeur exécutif des communications au CIB, le financement limité contraint la campagne à viser uniquement ses meilleurs marchés cibles.

« Historiquement, ces marchés se situent dans le Sud de l’Ontario, où l’on trouve la plus forte concentration de consommateurs au Canada », explique-t-il.

M. Glaser indique que la campagne a été élargie de manière à englober l’Alberta, lieu du plus important secteur de la production de bœuf au pays, de même que le principal bailleur de fonds de l’initiative, grâce au prélèvement sur le bœuf.

« Étant donné que 40 p. 100 du cheptel de vaches et que 70 p. 100 des parcs d’engraissement et des établissements de transformation du Canada se trouvent en Alberta, nous voulons que les producteurs albertains sachent comment nous dépensons leur argent. »

M. Glaser estime que le placement médiatique dans le cadre de la campagne actuelle se chiffre à 1,1 million de dollars.

Des enquêtes de suivi permettront d’évaluer le succès de la campagne. M. Glaser note que les résultats de ces enquêtes, ainsi que les résultats des campagnes des années précédentes, sont disponibles par téléphone. Il suffit de communiquer avec lui en composant le 403-275-5890.

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4. Retour en force prévu pour le bœuf nord-américain

Les producteurs de bœuf qui ont survécu aux quatre grands bouleversements de l’industrie de la dernière décennie peuvent s’attendre à faire des affaires lucratives dans l’avenir, selon un analyste américain.

James Robb du Livestock Marketing Information Center de Denver, au Colorado, a prononcé une allocution récemment à la conférence canadienne sur l’agriculture. Il a présenté la crise de l’encéphalite spongiforme bovine (ESB) aux États-Unis et au Canada, et la flambée des prix du maïs-fourrage associée à l’essor de la production d’éthanol comme étant des principaux chocs qu’ont subis les producteurs de bœuf.

Le dernier coup dur a été la crise internationale du crédit, qui a fait diminuer la consommation de bœuf par habitant aux États-Unis aux niveaux les plus bas enregistrés depuis 1958. Cela s’est traduit par une régression des ventes de bovins.

La majorité des producteurs ne comblent pas leurs coûts de production de naissage depuis deux ans, indique M. Robb. La réaction des producteurs a été de réformer des vaches, ce qui a provoqué « un déclin précipité du cheptel de vaches », dit-il.

« Comme l’offre se contracte, les prix des bovins augmentent, et il en va de même si la demande de bœuf se stabilise légèrement », analyse M. Robb.

Les prix du bœuf et des bovins gras atteindront à nouveau des records, prédit-il, à mesure que la production de bœuf par habitant aux États-Unis continuera de diminuer en 2011 et au cours des années subséquentes. L’objectif n’est pas d’atteindre un volume record, mais plutôt des prix record.

M. Robb indique que si la population croît de 33 p. 100 à l’échelle mondiale, la consommation de protéines d’origine animale devrait doubler. D’autres facteurs comme la remise de la crise mondiale du crédit et la croissance des revenus dans les pays en développement font augmenter davantage la demande.

Compte tenu de sa sensibilité économique, l’industrie du bœuf a tout intérêt à prévoir les exigences du marché pour pouvoir y répondre, affirme-t-il.

M. Robb explique que la hausse des prix amène les consommateurs à choisir des coupes comme le bloc d’épaule, le bifteck de ronde et le bifteck de flanc. Ils ne veulent pas payer un prix plus élevé pour de la viande persillée.

Comme les consommateurs s’intéressent davantage au prix qu’au persillage, l’engraissement de bovins à prise de poids plus lente n’accroîtra pas les profits, surtout lorsque les prix des aliments du bétail demeurent élevés, ce que l’on prévoit d’ailleurs.

Il en résulte une transformation profonde de la stratégie de commercialisation du bœuf, et M. Robb encourage l’industrie canadienne du bœuf à s’y préparer.

Afin de tirer profit des nouvelles exigences du marché, M. Robb conseille vivement aux producteurs d’évaluer leurs troupeaux sur une période de trois à quatre mois, et non pas sur un cycle des bovins. Il leur recommande aussi de commencer à planifier immédiatement en fonction de prix et de coûts accrus au cours des trois prochaines années.

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5. Le secteur biologique à la conquête des marchés mondiaux

Le secteur biologique du Canada a reçu une aide financière qui lui permettra d'élaborer une stratégie marketing internationale à long terme afin de prendre de l'essor.

Matthew Holmes, directeur administratif de la Organic Trade Association (OTA) au Canada, est d’avis que le moment est propice pour accroître les exportations de produits biologiques canadiens.

« Le marché mondial des produits biologiques se développe rapidement, et cette aide permettra au Canada de se faire connaître comme fournisseur de produits biologiques de qualité, dit-il dans un communiqué. Plus on en sait sur l'offre et la demande sur les marchés étrangers, mieux on est placé pour faire des ventes. »

Le gouvernement fédéral a récemment annoncé une subvention de 118 000 $, que l’OTA utilisera pour déterminer les marchés à cibler, les produits ou les marchandises de base qui répondent le mieux aux exigences de ces marchés et la façon dont les entreprises canadiennes peuvent accéder à ces marchés importants.

Selon l’OTA, la stratégie internationale de développement des marchés avantagera aussi l'ensemble du secteur national en ce sens qu'elle l'aidera à déterminer les lacunes dans la chaîne d'approvisionnement, les nouveaux débouchés et les innovations, et qu'elle établira une approche mieux coordonnée au développement de la capacité. Le projet mettra en valeur la disponibilité et la qualité des produits biologiques du Canada dans le marché biologique mondial qui se développe rapidement.

Par ailleurs, la Canadian Organic Growers Association (COG) recevra presque 50 000 $ de l'Initiative canadienne intégrée de salubrité des aliments du gouvernement du Canada pour élaborer une stratégie afin de déterminer comment les systèmes actuels d'assurance de la salubrité des aliments à la ferme peuvent être mieux adaptés aux besoins particuliers de l'agriculture biologique. Cinq produits de base biologiques seront choisis pour ce projet mené en consultation avec des agriculteurs biologiques à l'échelle du pays.

Selon l’OTA, les ventes mondiales de produits biologiques ont atteint une valeur estimative de 50,9 milliards de dollars US en 2008, et des données préliminaires indiquent que la croissance se poursuit malgré la récession mondiale. Au Canada, les ventes de produits biologiques se chiffrent à environ deux milliards de dollars par année et croissent à un rythme annuel moyen de 20 p. 100 depuis quelques années.

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6. On garde espoir dans l'industrie du porc

Même si la combinaison de plusieurs problèmes porte un dur coup aux finances de l'industrie canadienne du porc, un conseiller en gestion du risque de l'industrie estime qu'il y a de l'espoir.

Selon Steve Dziver de Phoenix AgriTec, l'étiquetage indiquant le pays d'origine a été une véritable nuisance pour la survie de l'industrie canadienne du porc ces quatre dernières années. Cependant, nuance-t-il, cette mesure a eu un effet que l'on n'avait pas tout à fait prévu : une réduction et une stabilisation du cheptel porcin du Canada.

Dans une allocution récente prononcée à Winnipeg, M. Dziver a indiqué que la stabilisation de l'offre de porc et la croissance de la demande d'exportation de porc américain sont des signes positifs pour l'avenir de l'industrie nord-américaine du porc.

Il y a d'autres nouvelles encourageantes pour les exportations de porc canadien, notamment la levée de l'embargo chinois sur les importations de porc canadien, la semaine dernière. Compte tenu des occasions de commercialisation qui en découleront, M. Dziver prévoit que la productivité sera la prochaine grande préoccupation des éleveurs de porcs. 

Pour atteindre une productivité optimale, les troupeaux de porcs doivent comprendre des truies capables de mettre bas des portées nombreuses, en santé et vigoureuses. Or, à mesure qu'elles vieillissent, les truies de reproduction ne sont pas toujours aussi productives que les truies plus jeunes.

Un des graphiques de M. Dziver indique que le cheptel porcin du Canada a régressé de 4,3 p. 100 entre janvier 2009 et janvier 2010. Comparativement à 2007, cela représente un déclin de 12,5 p. 100, et M. Dziver mentionne qu'après la dernière ronde du programme fédéral de transition pour les exploitations porcines, la réduction du cheptel s'établira à 15 p. 100.

Le taux de change aura aussi un rôle déterminant pour l'avenir de la production porcine au Canada. 

M. Dziver note qu'entre 2000 et 2005, la faiblesse du dollar canadien procurait aux éleveurs de porcs du Canada un avantage de 30 à 50 $ par animal par rapport à leurs homologues des États-Unis. Maintenant que le huard et le billet vert sont presque à parité, ces mêmes producteurs accusent un désavantage de 15 à 20 $ par animal. 

M. Dziver conclut en disant que la rentabilité des producteurs de porcs canadiens continuera de dépendre de la gestion du risque, des fluctuations du taux de change et du coût des intrants. 

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7. La production alimentaire doit maintenir le rythme

Selon le président de Syngenta Crop Protection Canada, Inc., la population mondiale devrait doubler au cours des quarante prochaines années, et la production alimentaire devra maintenir le rythme.

Jay Bradshaw, qui a prononcé une allocution récemment lors d’une réunion de l’industrie, à Toronto, a mentionné que cette croissance de la population créera de la pression supplémentaire sur le système de production alimentaire, mais ajoute qu’elle créera aussi des débouchés exceptionnels pour l’industrie agricole.

Mais qui dit débouchés dit aussi défis.

M. Bradshaw souligne que même avec la population mondiale actuelle, les préoccupations liées à la rareté des aliments sont déjà répandues à l’échelle mondiale.

La rareté de l’eau est un problème dans certaines parties du monde et la population en plein essor ne fera qu’accroître la pression exercée sur les ressources en eau. M. Bradshaw indique qu’environ 30 milliards de dollars de récoltes sont perdus chaque année dans le monde en raison de la pénurie d’eau.

Même s’il ne prévoit pas qu’une situation aussi pire que celle des années 1930 se reproduira, il estime que « les décideurs à l’échelle mondiale doivent absolument tenir compte de la situation actuelle pour ce qui est de la rareté de l’eau – nous devons trouver des solutions concrètes et très sincères », dit-il.

Que faire?

« Nous devons accroître la production en utilisant moins de ressources », résume-t-il. « Sur le plan de la durabilité, l’un des principaux enjeux généraux est la rareté et l’utilisation de l’eau. »

M. Bradshaw mentionne qu’il existe de bons exemples de technologies nouvelles mais simples qui peuvent influencer le cours des choses.

Les facilitateurs d’absorption d’eau, qui utilisent dix pour cent moins d’eau et augmentent les rendements de 25 p. 100, sont un bon exemple. M. Bradshaw présente ce processus comme une façon d’obtenir « un rendement accru par goutte d’eau ».

Un autre exemple de technologie, qui n’est toutefois pas encore homologuée, est un produit de Syngenta conçu pour retenir l’humidité à l’intérieur des plantes en période de sécheresse. Appliqué quelques jours avant la sécheresse, M. Bradshaw indique que le produit Invinsa provoque la fermeture des stomates de la plante, c’est-à-dire les pores situés sur le revers des feuilles, jusqu’au retour de conditions humides. Par la suite, la plante continue de se développer. Les résultats de plus de 400 essais menés sur différentes cultures indiquent que le bénéfice de rendement potentiel est d’environ cinq à quinze pour cent, dit-il.

Si les fournisseurs de marchandises agricoles et les entreprises agricoles s’efforcent d’augmenter leur production en utilisant des ressources réduites au cours des prochaines décennies, elles ne devront pas manquer de garder l’œil sur la durabilité. M. Bradshaw souligne que Wal-Mart a déjà imposé un indice de durabilité à ses fournisseurs pour évaluer son empreinte carbone.

Dans l’industrie agricole, indique M. Bradshaw, le jour viendra peut-être où seuls les producteurs dont les cultures laissent l’empreinte carbone la plus faible auront accès à la chaîne d’approvisionnement.

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8. Analyse du marché - Rapport de l’USDA sur l’offre et la demande

Le mercredi 10 mars, le département de l’Agriculture des États-Unis (USDA) a publié ses estimations mises à jour sur la production ainsi que l’offre et la demande aux États-Unis et dans le monde pour la campagne de commercialisation actuelle.

De façon générale, les négociants s’attendaient à ce que les stocks de report de maïs, de soja et de blé aux États-Unis diminuent légèrement par rapport aux estimations de février, à la lumière des révisions apportées à la production américaine de 2009.

Si les stocks de soja aux États-Unis ont été révisés à la baisse, les stocks de maïs et de blé aux États-Unis et dans le monde ont été révisés à la hausse. Il est aussi à noter que les stocks mondiaux de soja ont augmenté légèrement étant donné une révision à la hausse de la production brésilienne de soja.

Par conséquent, ce rapport a entraîné un léger vent de pessimisme.

Le tableau suivant résume le rapport de mercredi matin de l’USDA sur l’offre et la demande en mars. Les estimations pour les États-Unis sont exprimées en milliards de boisseaux, à l’exception de celles de l’huile de soja, qui sont exprimées en milliards de livres. Les prévisions concernant la production mondiale sont exprimées en millions de tonnes.

 Production de cultures agricoles aux É.-U. 
            Estim. de        Estim. des       Estim. de
            mercredi         analystes        janvier (USDA) 
            pour 2009-2010   pour 2009-2010   pour 2009-10
 
Maïs          13,131           13,081           13,151 
Soja           3,359            3,350            3,361 
 
 
                  Rendement des cultures aux É.-U. 
            Estim. de        Estim. des       Estim. de
            mercredi         analystes        janvier (USDA) 
            pour 2009-2010   pour 2009-2010   pour 2009-10 
Maïs          164,9            164,5            165,2 
Soja           44,0             43,8             44,0 
 
 
         Stocks de grain en fin de campagne aux É.-U. (USDA)
            Estim. de        Estim. des       Estim. de
            mercredi         analystes        février (USDA)
            pour 2009-2010   pour 2009-2010   pour 2009-2010 
 
Soja          0,190            0,195            0,210 
Maïs          1,799            1,716            1,719 
Blé           1,001            0,971            0,981 
H. de soja    2,637             s/o             2,227 
 
 
                 Stocks de report mondiaux (USDA)
                      Estimations      Estimations 
                      de mercredi      de février 
                      pour 2009-2010   pour 2009-2010 
 
Blé                     196,8            195,9 
Maïs                    140,2            134,0 
Riz                      90,93            92,5 
Soja                     60,67            59,73 
Huile de soja             2,89             2,73 
 
 
                 Production céréalière mondiale selon l’USDA 
                      Estimations      Estimations 
                      de mercredi      de février 
                      pour 2009-2010   pour 2009-2010 
 
Maïs (Chine)            155,0            155,0 
Maïs (Afrique du Sud)    13,5             11,5 
Maïs (Argentine)         21,0             17,2 
Blé (Australie)          22,5             22,5 
Blé (Argentine)           9,6              9,0 
Blé (UE 27)             138,1            138,22 
Blé (Canada)             26,5             26,5 
Blé (Chine)             114,5            114,5 
Blé (Russie)             61,7             61,7 
Blé (Ukraine)            20,9             20,9 
Soja (Brésil)            67,0             66,0 
Soja (Argentine)         53,0             53,0 
Soja (Chine)             14,5             14,5 

Soja
Les stocks de soja en fin de campagne aux États-Unis pour 2009-2010 devraient s’établir à 190 millions de boisseaux, en baisse de 20 millions par rapport aux prévisions du mois dernier de l’USDA. La production de soja aux États-Unis devrait être d’environ 3,359 milliards de boisseaux, une baisse de seulement deux millions par rapport aux estimations de janvier.

Toutefois, l’utilisation est à la hausse : les exportations de soja des États-Unis s’accroissent de 20 millions de boisseaux pour s’établir au niveau record de 1,420 milliard de boisseaux. La trituration du soja est augmentée de 10 millions de boisseaux pour atteindre 1,730 milliard, le taux prévu d’extraction de tourteaux de soja ayant été révisé à la baisse.

Pendant ce temps, la production mondiale de soja est relevée de 0,9 million de tonnes pour s’établir à 255,9 millions de tonnes. La production de soja au Brésil devrait atteindre un record de 67 millions de tonnes, soit un million de plus que prévu le mois dernier, à la lumière des rendements supérieurs et de la plus grande superficie récoltée. La production de soja au Paraguay est révisée à la baisse en raison de la réduction de la superficie récoltée.

Le déclin des stocks de soja aux États-Unis et l’accroissement des stocks mondiaux de haricots sont des influences de marché opposées qui font naître une tendance de prix indécise dans le marché du soja à l’heure actuelle. Le marché dirigera maintenant son attention sur l’important rapport de l’USDA du 31 mars sur la superficie cultivée.

Maïs
 
Les réserves de céréales fourragères aux États-Unis pour 2009-2010 devraient diminuer légèrement, sous l’effet d’une révision à la baisse des estimations de la production de maïs aux États-Unis et de la réduction des importations prévues d’orge. La production de maïs aux États-Unis est abaissée de 20 millions de boisseaux à la lumière des estimations mises à jour concernant les rendements en Illinois et au Minnesota, ainsi que de la superficie récoltée au Michigan. Mais la production de maïs aux États-Unis demeure à un niveau record, les estimations ayant été révisées à 13,1 milliards de boisseaux.

Cependant, l’impressionnante réduction de 100 millions de boisseaux des exportations de maïs des États-Unis, attribuable à la concurrence accrue exercée par les réserves étrangères plus abondantes, compense largement la baisse de production aux États-Unis. L’augmentation marquée des estimations de la production de maïs en Argentine, qui passe de 17,2 à 21 millions de tonnes dans ce rapport, est la principale cause de cette concurrence.

Par conséquent, les stocks de maïs en fin de campagne aux États-Unis pour 2009-2010 devraient s’accroître de 80 millions de boisseaux.

Le marché du maïs aura de la difficulté à soutenir les augmentations si l’on en croit les perspectives d’une superficie accrue de maïs aux États-Unis en 2010, accroissement proportionnel à une réduction des ensemencements de blé d’hiver l’automne dernier, et au retour en production des acres ayant fait l’objet du Conservation Reserve Program. Les craintes susceptibles de surgir ce printemps en raison des retards d’ensemencement (à cause de l’humidité excessive) risquent d’entraîner le marché à la hausse à n’importe quel moment, mais l’augmentation de six millions de tonnes des stocks mondiaux de maïs en fin de campagne, fixées à 140 millions de tonnes dans ce rapport, nous rappelle que le monde est loin de manquer de maïs.

Blé
 
D’après les chiffres d’aujourd’hui sur la production de blé aux États-Unis et dans le monde, les réserves de blé continuent de s’accroître à chaque rapport de l’USDA.

Les stocks de blé en fin de campagne aux États-Unis pour 2009-2010  devraient atteindre 20 millions de boisseaux de plus que ce qu’avait prévu l’USDA le mois dernier, une réduction de l’utilisation alimentaire prévue faisant augmenter les stocks en fin de campagne au niveau très élevé et difficile à soutenir d’un milliard de boisseaux. Cette donnée ne change pas radicalement la constitution fondamentale du marché du blé, mais a un effet négatif sur le plan psychologique.

Pendant ce temps, les stocks mondiaux de blé en fin de campagne sont relevés de presque un million de tonnes pour s’établir à 196,77 millions de tonnes. Les réserves mondiales de blé ont augmenté, ce qui reflète les stocks accrus en début de campagne en Russie et la production plus élevée en Argentine.

Cet accroissement incessant des réserves de blé doit prendre fin pour que le marché du blé ait la chance de faire tourner le vent de pessimisme qui persiste.

Mike Jubinville de Pro Farmer Canada offre de l’information sur les marchés des produits et les stratégies de marketing. Téléphoner au 204-654-4290 ou se rendre à l’adresse http://www.pfcanada.com pour en savoir plus au sujet des services qu’il offre.

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