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Note de la rédactrice

Allison Finnamore

C’est à nouveau l’époque de l’année où les préparatifs vont bon train en vue des semailles qui approchent. Les producteurs évaluent les possibilités, étudient les prévisions et examinent les marchés. Nous vous proposons cette semaine quelques articles sur la prochaine période de croissance, ainsi que des prévisions de ce qui nous attend cette campagne-ci. Par ailleurs, Mike Jubinville est en congé de milieu d’hiver cette semaine, et sa chronique sera de retour dans la prochaine édition.

Vous pouvez nous transmettre vos idées d’articles ou vos commentaires en écrivant à allison@finnamore.ca.


1. Le gouvernement du Canada annonce le prêt Énergie

Les producteurs agricoles et les agroentrepreneurs canadiens qui envisagent d'utiliser des sources d'énergie renouvelable dans leur entreprise auront bientôt accès à un nouveau mécanisme de financement.

« Comme les exploitations agricoles canadiennes sont entourées de sources d'énergie, nous aidons les producteurs à investir dans les technologies qui leur permettront d'exploiter ces sources », souligne le ministre de l'Agriculture, l'honorable Gerry Ritz.

Le prêt Énergie offert par Financement agricole Canada (FAC) aidera les producteurs et les agroentrepreneurs qui souhaitent produire leur propre énergie renouvelable. Selon Greg Stewart, président-directeur général de FAC, les producteurs canadiens s'intéressent de plus en plus à cette possibilité.

« Nous assistons de toute évidence à une augmentation du nombre de Canadiens et de Canadiennes, des quatre coins du pays, qui songent à utiliser des sources d'énergie renouvelable afin de réduire les coûts et la demande d'énergie », dit-il.

Un récent sondage Vision de FAC révèle que 60 p. 100 des personnes interrogées envisagent de nouvelles façons de trouver de la valeur financière en réduisant leur impact environnemental.

Réalisé en novembre 2009 auprès de 1 172 producteurs et agroentrepreneurs au pays, le sondage indique que 37 p. 100 des personnes disant vouloir réduire leur impact envisagent d'utiliser des sources d'énergie renouvelable dans leur entreprise.

Offert à compter du 1er mars, le prêt Énergie aidera les producteurs et les agroentrepreneurs à acheter et à installer le matériel nécessaire à la production sur place d'énergies renouvelables telles que le biogaz et l'énergie géothermique, éolienne ou solaire. Le prêt Énergie est un prêt d’un terme maximum de cinq ans à taux variable ou fixe, assorti de versements mensuels, trimestriels, semestriels ou annuels.

Pour obtenir plus de renseignements sur notre sondage Vision, visitez le http://www.facvision.ca/InAction.aspx.

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L'agriculture au cœur de la vie. Une industrie agricole diversifée qui a beaucoup à offrir. Les producteurs canadiens font partie de quelque chose de spécial. Pour en savoir plus.

2. Printemps pluvieux prévu pour les producteurs des Prairies

La situation météorologique prévue cette année au Manitoba ne sera pas tellement différente de celle de l’année dernière, selon Drew Lerner, météorologue principal spécialisé en agriculture.

M. Lerner, président de World Weather, Inc., une société américaine, a dit aux représentants à la conférence GrainWorld tenue à Winnipeg la semaine dernière qu’une convergence de phénomènes naturels entraînera un autre printemps pluvieux dans la vallée de la rivière Rouge, au Manitoba, ainsi qu’une période de croissance fraîche dans l’ensemble des Prairies en 2010.

Selon M. Lerner, un courant jet descendra vers le sud selon son cycle habituel de 18 ans et retardera les semailles de deux à trois semaines dans les plaines nord-américaines. De plus, le phénomène El Niño qui entraîne un réchauffement du Pacifique s’affaiblit rapidement et devrait disparaître d’ici juin, soit plus tôt que prévu précédemment.

M. Lerner prévoit aussi un nombre accru de taches solaires. Il précise que les données compilées depuis les années 1700 indiquent que les taches solaires représentent un cycle de refroidissement à la surface du soleil, qui se répercute sur la Terre.

La combinaison de ces facteurs fait en sorte qu’une autre année difficile attend les producteurs agricoles canadiens, avertit M. Lerner.

Selon le météorologue, rien ne garantit que les conditions anormalement clémentes de novembre 2009 (qui ont permis aux producteurs d’effectuer une moisson tardive) seront de retour en novembre 2010. Ce temps doux a été un coup de chance, dit-il.

Les perspectives de M. Lerner indiquent que les conditions dans le sud du Manitoba et dans l’est de la Saskatchewan seront plus fraîches qu’à l’habitude et que des précipitations normales sont attendues pendant l’été, mais que dans la région aride s’étendant de Edmonton à la région de la rivière de la Paix, le retour à des précipitations normales n’est pas attendu avant la fin de l’été.

Il ajoute que la portion sud de l’Alberta et la portion ouest de la Saskatchewan recevront des précipitations normales pendant la période de croissance.

M. Lerner indique que la teneur élevée en humidité du sol, conjuguée à des accumulations de plus de 15 centimètres de neige au Dakota du Nord et aux sols saturés dans les États adjacents, sont des conditions propices à des inondations d’envergure dans la vallée de la rivière Rouge cette année. Il note que l’ampleur des inondations dépendra de la fonte au printemps et de la quantité de précipitations que la région recevra au cours des prochaines semaines.

Les prévisions de crue locales pour la rivière Rouge correspondent aux perspectives de M. Lerner. Les prévisions de crue préliminaires de Manitoba Water Stewardship (publiées le 22 février) indiquent que si les conditions sont favorables, c’est-à-dire une fonte lente et de faibles précipitations, l’ampleur des inondations variera de mineure à modérée. Une vitesse de fonte et des précipitations moyennes entraîneront de graves inondations, et une fonte rapide accompagnée de précipitations de pluie supérieures à la moyenne entraîneront des inondations catastrophiques d’une ampleur semblable à celles de 1997.

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3. Les producteurs de fruits tendres se préparent à affronter de nouveaux ravageurs

Les fruits tendres comme les baies, les cerises et les raisins font face à une nouvelle menace. En effet, on a détecté un ravageur dévastateur provenant d'Asie dans plusieurs fermes de la Colombie-Britannique l'automne dernier.

La drosophile aux ailes tachetées, une mouche du vinaigre, peut détruire une récolte entière en une saison, malgré sa taille minuscule.

Les membres de la Okanagan Kootenay Cherry Growers' Association se sont entendus pour financer un programme de surveillance qui comprendra des mesures comme le piégeage, l'identification et l'inspection des fruits pour analyser la progression de ce nouveau ravageur, détecté dans un champ de petits fruits de Abbotsford et dans une cerisaie de East Kelowna vers la fin de la dernière saison.

Des entomologistes du ministère de l'Agriculture et du Centre de recherches agroalimentaires du Pacifique, à Summerland, travaillent de concert avec des homologues de la Californie, de l'Oregon et de l'État de Washington, où le ravageur a aussi été détecté l'année dernière, à l'élaboration d'une stratégie de lutte d'urgence contre cette petite mouche.

Susanna Acheampong, entomologiste au bureau de Kelowna du ministère de l'Agriculture, indique que les mouches ayant survécu à l'hiver pourraient apparaître d'ici mai - le cas échéant - de sorte que la surveillance doit commencer avant cela.

Dans des exploitations de la Williamette Valley, en Oregon, où la mouche a été détectée dans des cultures de pêches, certains producteurs ont perdu jusqu'à 80 p. 100 de leur récolte. En Caroline du Nord, environ un tiers de la récolte de cerises a été perdu en raison de la présence du ravageur l'année dernière.

Originaire d'Asie, cette mouche peut être transportée dans des cargaisons de fruits mûrs comme des baies, des cerises ou des raisins. Le mâle se reconnaît au point foncé qu'il a sur chaque aile. Les mouches adultes pondent leurs œufs sous la peau des fruits, ce qui fait que les larves ont amplement de quoi se nourrir après l'éclosion.

Les femelles peuvent pondre 16 œufs par jour, et leur ponte moyenne s'établit à 384 œufs au total. Les œufs éclosent dans un délai de deux à 72 heures et les larves arrivent à maturité dans un délai de trois à 15 jours.

Tandis que les autres mouches des fruits infestent des fruits blets ou pourris, la drosophile aux ailes tachetées s'attaque aux fruits juste avant la récolte, ce qui pourrait avoir des conséquences économiques catastrophiques.

Les mouches adultes peuvent être portées par le vent et vont alors infester les fruits de la nouvelle récolte dans les fermes avoisinantes, ou elles peuvent être transportées vers de nouvelles régions dans des cargaisons de fruits infestés.

L'entomologiste Howard Thistlewood indique qu'il n'y a pas moyen de savoir à quel moment les mouches - soit des spécimens adultes ayant survécu à l'hiver, soit des ravageurs présents sur les fruits dans les supermarchés - arriveront dans la vallée de l'Okanagan.

Toutefois, Hank Markgraf, directeur des services locaux de la Okanagan Tree Fruit Co-operative, affirme que ces ravageurs peuvent produire cinq ou six générations par saison dans la région, « donc elles peuvent proliférer démesurément au cours d'une saison ».

Le producteur de Kelowna David H. Geen indique qu'il est important que des groupes de producteurs et le ministère provincial de l'Agriculture mettent en place un plan efficace pour s'attaquer à ce problème.

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4. Coup de pouce financier au Forum des jeunes agriculteurs

Le Forum des jeunes agriculteurs du Canada recevra un appui financier au cours des quatre prochaines années pour soutenir la formation et le perfectionnement des jeunes agriculteurs et des producteurs débutants à l’échelle du pays.

Le gouvernement fédéral s’est engagé à majorer d’environ 25 000 $ par année ses niveaux d’investissement actuels, qui sont d’environ 275 000 $ par année, pour un total de 1,2 million sur quatre ans, selon le directeur général du Forum, Rod Scarlett.

Ces fonds supplémentaires aideront le Forum à cibler ses deux priorités absolues : la promotion et la stabilisation des organismes provinciaux, et une série d’ateliers sur les pratiques de gestion exemplaires dans chaque province, indique M. Scarlett.

Cet investissement permettra aussi d’assurer la formation des jeunes agriculteurs par le truchement du bulletin et du site Web du Forum, de même que la tenue de réunions où les jeunes producteurs canadiens pourront échanger des idées et élaborer des solutions permettant d’établir des entreprises viables.

M. Scarlett indique que beaucoup de jeunes producteurs souhaitent la création d’un plan fédéral visant à améliorer l’image de l’agriculture et à attirer davantage de jeunes.

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5. Les étudiants en agriculture, une espèce de plus en plus rare

Selon le responsable du seul programme universitaire d’agriculture en langue française en Amérique du Nord, l’évolution démographique est l’un des nombreux facteurs qui explique qu’il est difficile de vendre aux universitaires l’idée d’étudier l’agriculture.

« Nous sommes confrontés à de sérieux problèmes de recrutement », affirme Jean-Paul Laforest, doyen de la Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation de l’Université Laval, à Québec. « C’est une grosse préoccupation. »

M. Laforest indique que sa faculté compte 970 étudiants de premier cycle, dont près de 500 en agriculture, soit moins de la moitié du nombre d’inscrits il y a 20 ans. Et rien n’indique que ce nombre remontera.

M. Laforest attribue ce déclin à un double fléau démographique : le grossissement des villes et la diminution du nombre d’enfants.

« Précédemment, la majorité de nos étudiants provenait de régions rurales », indique‑t‑il. « Mais ces populations sont en déclin constant. Seules les régions urbaines sont en croissance, en particulier Montréal. »

Ce qui complique la situation, ajoute‑t‑il, c’est le fait que l’agriculture a peu de visibilité dans la métropole provinciale.

L’Université Laval s’est associée avec l’Université McGill, qui offre des programmes menant à un grade en agriculture et en sciences de l’environnement, en anglais. Les deux établissements ont mis en commun leur budget de marketing dans le but d’accroître leur visibilité dans les campus collégiaux, notamment dans la région de Montréal. En plus de désigner un recruteur, les deux universités prévoient entreprendre une campagne de publicité qui ciblera les étudiants sur l’île de Montréal.

« Nous visons essentiellement Montréal », confie M. Laforest. « Nous voulons être plus dynamiques (et) essayer différentes choses. »

La principale restreinte, dit-il, est le budget de marketing de sa faculté, qui est de 50 000 $.

C’est pourquoi il espère obtenir l’aide des nombreux intervenants des secteurs de l’agriculture et de l’alimentation, y compris l’Union des producteurs agricoles (UPA), et de géants commerciaux comme Agropur, une coopérative laitière de la province.

« C’est une question qui nous touche tous directement », dit M. Laforest. « L’agriculture est un domaine vraiment fascinant (et) le taux de placement est de presque 100 p. 100. C’est ce message que nous voulons tenter de communiquer aux jeunes. »

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6. Prêts aux producteurs de porcs : la date limite de la présentation des demandes est repoussée

Les producteurs de porcs du Canada disposent maintenant de plus de temps pour présenter une demande de prêt à long terme garanti par le gouvernement.

La date limite de la présentation des demandes dans le cadre du Programme de réserve pour pertes sur prêts dans l'industrie du porc (PRPPIP) a été reportée du 1er mars au 26 mars.

Le Conseil canadien du porc et le gouvernement fédéral ont travaillé à l’élaboration de ce programme pour aider l’industrie du porc à composer avec les pressions immédiates sur leurs besoins financiers à court terme. Ce programme vise à accroître l'accès au crédit pour les producteurs admissibles qui élèvent actuellement des porcs au Canada.

Les producteurs admissibles sont tenus de présenter un plan d'affaires démontrant la viabilité actuelle ou potentielle de leur entreprise et leur capacité raisonnable de rembourser le prêt.

Le gouvernement fédéral partage le risque pour les producteurs qui choisissent cette option. Le programme ne vise pas à endetter davantage une entreprise, mais plutôt à aider les producteurs à répartir les paiements de leur dette à court terme sur une période plus longue, de manière à dégager des fonds à court terme.

En plus du report de la date limite de la présentation des demandes dans le cadre du PRPPIP, le gouvernement augmente aussi sa part des risques à 90 p. 100 des prêts servant à rembourser les avances reçues au titre du Programme de paiements anticipés. Ce changement se traduira par une augmentation de la réserve allouée à chaque institution financière visant à couvrir des pertes potentielles attribuables à des prêts.

Le gouvernement du Canada et le Conseil canadien du porc se sont aussi associés pour verser 75 millions de dollars, par le truchement du Programme de transition pour les exploitations porcines, aux producteurs qui décident de quitter le secteur. Ce programme permet aux producteurs de présenter des offres sur le montant des fonds dont ils auront besoin pour quitter l'industrie et cesser l'élevage de porcs pendant au moins trois ans.

En plus de ces programmes, le gouvernement investit 17 millions de dollars dans le Fonds de commercialisation du porc à l'échelle internationale afin de financer des études de marché, des activités de promotion et d’autres initiatives qui améliorent la commercialisation internationale des produits du porc canadiens.

Pour obtenir plus d’information sur ces programmes, visitez le www.agr.gc.ca/PRPPIP ou téléphonez au 1-877-842-5601.

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7. Un projet de lutte contre les coyotes s'avère efficace

Un programme pilote mené en Saskatchewan pour lutter contre les coyotes qui s'en prennent au bétail semble donner de bons résultats.

Le Saskatchewan Coyote Control Program a été mis en place l'automne dernier, et, d'après les derniers chiffres publiés par la province, environ 18 000 coyotes ont été abattus jusqu'ici.

Selon le ministre de l'Agriculture, M. Bob Bjornerud, les coyotes sont de plus en plus aventureux et viennent souvent rôder dans les fermes en plein jour pendant que des familles d'agriculteurs travaillent à l'extérieur.

« Pour cette raison, il est devenu nécessaire de mettre en œuvre un programme destiné à protéger le gagne-pain de nos éleveurs et à assurer la sécurité de leurs familles », explique le ministre.

Une diminution de la chasse et du piégeage attribuable aux faibles prix des peaux de coyote a amplifié le problème, indique-t-il.

D'après Saskatchewan Environment, 21 000 coyotes en moyenne sont chassés et piégés pour leur fourrure chaque année, nombre qui atteint 35 000 certaines années. Par comparaison, le nombre de prises a diminué à 17 700 en 2008-2009.

Deux-cent-quarante-et-une municipalités participent au programme pilote, ce qui représente environ 80 p. 100 des municipalités rurales de la province.

La date limite de la présentation des demandes dans le cadre du Saskatchewan Coyote Control Program est le 31 mars, date à laquelle le programme prendra fin.

D'autres renseignements, ainsi que les formulaires à l'intention des participants, sont disponibles sur Internet à www.agriculture.gov.sk.ca ou par téléphone, en composant le 1‑877‑874‑5365.

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8. Les producteurs locaux trouvent insensée la distance que parcourent les aliments

La productrice de tomates Marie Gosselin voit rouge lorsqu’elle entend remettre en question le bien-fondé de l’achat de produits alimentaires locaux du point de vue environnemental.

L’Institut économique de Montréal a fait ce genre de commentaire la semaine dernière.

« C’est tellement frustrant! », lance Mme Gosselin, vice-présidente du groupe de serriculteurs du Québec et copropriétaire des Serres du Saint-Laurent. Elle produit 11 millions de tonnes de tomates par année dans six serres à la fine pointe de la technologie. « Cela anéantit les efforts colossaux que nous déployons pour réduire, voire éliminer, notre empreinte carbone. »

Des chercheurs du centre d’études à but non lucratif ont conclu que les « kilomètres alimentaires » (la distance que parcourent les aliments entre leurs lieux de production et leurs lieux de vente) constituent « un piètre indicateur de l’impact d’un produit sur l’environnement, et que cela ne constitue donc pas un moyen valide de réduire les émissions de gaz à effet de serre ».

Ils ont aussi cité une étude menée aux États-Unis selon laquelle la production est responsable de 83 p. 100 des émissions de gaz à effet de serre du secteur de l’alimentation et le transport, de seulement 11 p. 100.

« Si nous voulons calculer l’impact environnemental d’une fraise, nous devons examiner son cycle de vie tout entier, de son lieu de production à l’assiette où elle aboutit », a écrit Pierre Desrochers, coauteur du rapport et professeur agrégé de géographie à l’Université de Toronto.

Il note qu’un hectare de terre en Californie peut produire 50 000 kilogrammes de fraises, contre 7 000 à 10 000 kilogrammes en Ontario.

« Force est de constater qu’il y a des régions plus propices que d’autres à la production de certaines cultures », dit M. Desrochers.

Il ajoute que les consommateurs ont des « raisons parfaitement légitimes » d’acheter des produits locaux.

« C’est le cas, par exemple, s’ils trouvent que les produits provenant des fermes locales sont d’une qualité ou d’une fraîcheur supérieure », dit M. Desrochers. « (Toutefois) les supposés avantages pour l’environnement liés à l’achat local n’existent tout simplement pas. »

Ce rapport a été largement critiqué par les environnementalistes et les producteurs agricoles aux quatre coins du Québec.

Ces deux groupes affirment que l’information qui accompagne les produits importés renseigne souvent peu les consommateurs au sujet des conditions de culture et des mesures de salubrité alimentaire, de même que sur les méthodes de transport et sur les distances parcourues. Ils mettent aussi en doute la valeur nutritive des variétés de fruits et de légumes à pelure épaisse et au goût fade qui sont produites en vue de parcourir de longues distances.

« Le goût, la texture et les bienfaits des tomates fraîches que nous produisons ici dans nos serres ne se comparent tout simplement pas à ceux des tomates importées », plaide Mme Gosselin.

Elle indique que son entreprise a pris plusieurs mesures pour devenir plus écologique, comme l’utilisation du biogaz capturé dans un dépotoir municipal pour chauffer les serres, l’utilisation minimale de pesticides et d’engrais et la récupération de pesticides et d’engrais grâce aux exploitations hydroponiques. Ces mesures ont presque éliminé l’empreinte carbone de l’exploitation.

« Il faut regarder la situation dans son ensemble (et) faire preuve de bon sens », dit-elle. « Les consommateurs sont toujours gagnants lorsqu’ils achètent des légumes cultivés près de chez eux. »

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9. Enviropig franchit un obstacle de taille

Le premier animal de ferme manipulé génétiquement conçu dans un but précis, le porc mis au point par l’Université de Guelph, dont la marque de commerce est Enviropig, a franchi un important obstacle sur le plan de la réglementation.

Vendredi dernier, la Gazette du Canada, le journal officiel du gouvernement fédéral, dans lequel il publie les lois, a annoncé que Enviropig satisfait à toutes les exigences de la Loi sur la protection de l’environnement du Canada. Cela signifie qu’il peut être produit à l’aide de méthodes approuvées de confinement des bestiaux.

La production de porcs Enviropig aux fins de l’alimentation humaine n’a pas encore été approuvée. D’autres organismes gouvernementaux au Canada et aux États-Unis étudient en ce moment son acceptabilité comme aliment des humains et des animaux (après équarrissage), et aucun échéancier ferme n’a été établi. Néanmoins, le fait que le porc Enviropig satisfait aux normes environnementales augmente grandement son potentiel de commercialisation, et l’Université déploie actuellement des efforts dynamiques en ce sens.

Les porcs Enviropig contiennent du matériel génétique qui se traduit par la sécrétion de phytase dans leurs glandes salivaires. La phytase décompose le phosphore qui est normalement non digestible, et qui autrement serait excrété et risquerait de s’infiltrer dans l’eau souterraine.

Des recherches montrent que les niveaux de phosphore contenus dans le fumier des porcs Enviropig sont jusqu’à 70 p. 100 moins élevés que dans le fumier des porcs ordinaires. Elles montrent aussi que la manipulation génétique n’influe pas sur les propriétés physiques ou nutritionnelles des porcs Enviropig.

L’Université de Guelph produit des porcs Enviropig depuis 1999. Comme c’est le seul animal de ferme transgénique, il n’existait pas de modèles auquel le comparer. Par conséquent, il a dû briser la glace à bien des égards à mesure qu’il a fait l’objet d’examens minutieux des scientifiques et des responsables de la réglementation.

Le vice-recteur associé de l’Université (services de recherche), M. Steven Liss, indique que l’objectif a toujours été d’entreprendre la production commerciale des porcs Enviropig, une fois qu’ils auraient satisfait aux normes réglementaires. L’Université est convaincue que ces porcs peuvent jouer un rôle dans la lutte contre la pollution, en particulier dans des pays où l’élimination du fumier représente un défi, comme la Chine et les États-Unis, qui, à deux, produisent plus de 800 millions de porcs par année.

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