L’association Ranchers-Cattlemen Action Legal Fund, United Stockgrowers of America (R-CALF USA) conseille vivement au gouvernement américain de continuer de mener la bataille pour maintenir le système d’étiquetage indiquant le pays d’origine (EPO) aux États-Unis.
L’automne dernier, le Canada a engagé une contestation devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC) au sujet des restrictions américaines en matière d’étiquetage de la viande. Les États-Unis ont empêché la tenue de cette contestation.
À ce jour, R-CALF a énuméré les raisons pour lesquelles elle juge que le Canada jouit d’un avantage indu découlant du système d’EPO.
La mention du pays d’origine sur les étiquettes oblige les conditionneurs, les exploitants de parc d’engraissement et les transformateurs à tenir des registres stricts sur le lieu d’élevage du bétail de boucherie, de façon à ce que les détaillants puissent étiqueter les emballages en conséquence. Cette exigence a forcé de nombreuses entreprises de conditionnement aux États-Unis à cesser ou à restreindre leurs achats de bovins canadiens en raison des coûts accrus liés à la ségrégation des animaux et de la viande. La Canadian Cattlemen’s Association (CCA) estime que jusqu’ici, cette mesure a coûté environ 250 millions de dollars à l’industrie du bœuf.
Vers la fin de la semaine dernière, R-CALF a annoncé qu’elle avait envoyé une lettre au secrétaire à l’Agriculture et au représentant au Commerce des États-Unis, dans laquelle elle déclare que le Canada devrait être considéré comme étant en contravention de l’Accord instituant l’Organisation mondiale du commerce vu que les secteurs canadiens des bovins et du bœuf reçoivent des subventions du gouvernement pour pénétrer le marché des États-Unis.
« Nous croyons que les subventions du Canada aux secteurs du bœuf et des bovins constituent une aide artificielle à une industrie de l’élevage bovin qui, compte tenu de sa taille actuelle, est viable uniquement grâce à ces subventions gouvernementales », affirme Bill Bullard, PDG de R-CALF, dans un communiqué. « En outre, nous croyons que les subventions du Canada vont à l’encontre des accords de l’OMC, ceux-là mêmes que le Canada accuse les États‑Unis d’enfreindre à l’égard de l’EPO. »
M. Bullard ajoute que le représentant au Commerce et le département de l’Agriculture des États-Unis (USDA) « ne devraient pas tolérer les pratiques actuelles du Canada qui consistent à utiliser le Trésor canadien pour manipuler le marché des bovins des États-Unis en subventionnant l’offre de bovins et la production de bœuf du Canada à des niveaux dépassant ce que peut soutenir un marché concurrentiel. »
« Cette pratique est particulièrement consternante dans le contexte où le gouvernement du Canada tente de s’en prendre aux dispositions législatives sur l’étiquetage du pays d’origine des États-Unis, qui ont été adoptées de manière constitutionnelle, tout en se servant de son trésor pour damer le pion aux producteurs de bovins indépendants des États-Unis », dénonce M. Bullard, qui ajoute que ces dispositions sont appuyées par une majorité de producteurs de bovins et de consommateurs aux États-Unis.
Selon lui, les prix du bœuf aux États-Unis sont en baisse parce que « le Canada maintient indûment et artificiellement ses subventions au secteur de l’élevage bovin à des niveaux supérieurs à ce que peut soutenir le marché actuel ».
Dans sa lettre aux responsables gouvernementaux, R-CALF énumère des programmes comme le Programme canadien de stabilisation du revenu et plusieurs autres qui ont été mis en place au début de la crise de l’encéphalite spongiforme bovine (ESB).
L’association estime que ces subventions « justifient la prise de mesures correctives immédiates » par le représentant au Commerce des États-Unis et l’USDA, afin de « protéger les centaines de milliers d’éleveurs de bovins indépendants qui subsistent aux États-Unis, et dont les marchés sont gravement affaiblis par le maintien artificiel de subventions excessives versées aux éleveurs de bovins par le Canada ».
« Malgré la réduction mondiale de la demande de bovins et de bœuf canadiens attribuable aux importants problèmes liés à l’ESB, le Canada continue de subventionner son secteur de l’élevage bovin, ce qui contribue à créer une offre excédentaire de bovins qui doit être écoulée dans des marchés d’exportation », explique M. Bullard.
« Le Canada dépend en grande partie du marché des États-Unis pour écouler son offre excédentaire, et il essaie maintenant de pénétrer davantage le marché américain en détruisant l’EPO – mesure qui permettrait au Canada de cacher efficacement aux consommateurs des États-Unis l’origine du bœuf dérivé de bovins canadiens. »
Le texte intégral de la lettre de R-CALF aux responsables du gouvernement, y compris une liste des subventions qui, selon l’association, procurent un avantage indu aux producteurs de bœuf du Canada, se trouve au http://www.r-calfusa.com/news_releases/2010/100128-canada.htm (en anglais seulement).




