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Note des rédacteurs

Allison Finnamore et le rédacteur adjoint Rae Groeneveld

Il est toujours fascinant de prendre connaissance des idées d’articles que nous recevons chaque semaine de lecteurs de partout au pays. Quelques fois, l’Express s’articule autour d’un thème clair et précis axé sur un ou deux secteurs. Dans d’autres éditions, comme celle-ci, notre assortiment d’articles illustre clairement la diversité de l’agriculture canadienne.

Vous pouvez nous transmettre vos idées d’articles ou vos commentaires en écrivant à allison@finnamore.ca.


1. Le Canada jouit d’un avantage indu, selon R-CALF

L’association Ranchers-Cattlemen Action Legal Fund, United Stockgrowers of America (R-CALF USA) conseille vivement au gouvernement américain de continuer de mener la bataille pour maintenir le système d’étiquetage indiquant le pays d’origine (EPO) aux États-Unis.

L’automne dernier, le Canada a engagé une contestation devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC) au sujet des restrictions américaines en matière d’étiquetage de la viande. Les États-Unis ont empêché la tenue de cette contestation.

À ce jour, R-CALF a énuméré les raisons pour lesquelles elle juge que le Canada jouit d’un avantage indu découlant du système d’EPO.

La mention du pays d’origine sur les étiquettes oblige les conditionneurs, les exploitants de parc d’engraissement et les transformateurs à tenir des registres stricts sur le lieu d’élevage du bétail de boucherie, de façon à ce que les détaillants puissent étiqueter les emballages en conséquence. Cette exigence a forcé de nombreuses entreprises de conditionnement aux États-Unis à cesser ou à restreindre leurs achats de bovins canadiens en raison des coûts accrus liés à la ségrégation des animaux et de la viande. La Canadian Cattlemen’s Association (CCA) estime que jusqu’ici, cette mesure a coûté environ 250 millions de dollars à l’industrie du bœuf.

Vers la fin de la semaine dernière, R-CALF a annoncé qu’elle avait envoyé une lettre au secrétaire à l’Agriculture et au représentant au Commerce des États-Unis, dans laquelle elle déclare que le Canada devrait être considéré comme étant en contravention de l’Accord instituant l’Organisation mondiale du commerce vu que les secteurs canadiens des bovins et du bœuf reçoivent des subventions du gouvernement pour pénétrer le marché des États-Unis.

« Nous croyons que les subventions du Canada aux secteurs du bœuf et des bovins constituent une aide artificielle à une industrie de l’élevage bovin qui, compte tenu de sa taille actuelle, est viable uniquement grâce à ces subventions gouvernementales », affirme Bill Bullard, PDG de R-CALF, dans un communiqué. « En outre, nous croyons que les subventions du Canada vont à l’encontre des accords de l’OMC, ceux-là mêmes que le Canada accuse les États‑Unis d’enfreindre à l’égard de l’EPO. »

M. Bullard ajoute que le représentant au Commerce et le département de l’Agriculture des États-Unis (USDA) « ne devraient pas tolérer les pratiques actuelles du Canada qui consistent à utiliser le Trésor canadien pour manipuler le marché des bovins des États-Unis en subventionnant l’offre de bovins et la production de bœuf du Canada à des niveaux dépassant ce que peut soutenir un marché concurrentiel. »

« Cette pratique est particulièrement consternante dans le contexte où le gouvernement du Canada tente de s’en prendre aux dispositions législatives sur l’étiquetage du pays d’origine des États-Unis, qui ont été adoptées de manière constitutionnelle, tout en se servant de son trésor pour damer le pion aux producteurs de bovins indépendants des États-Unis », dénonce M. Bullard, qui ajoute que ces dispositions sont appuyées par une majorité de producteurs de bovins et de consommateurs aux États-Unis.

Selon lui, les prix du bœuf aux États-Unis sont en baisse parce que « le Canada maintient indûment et artificiellement ses subventions au secteur de l’élevage bovin à des niveaux supérieurs à ce que peut soutenir le marché actuel ».

Dans sa lettre aux responsables gouvernementaux, R-CALF énumère des programmes comme le Programme canadien de stabilisation du revenu et plusieurs autres qui ont été mis en place au début de la crise de l’encéphalite spongiforme bovine (ESB).

L’association estime que ces subventions « justifient la prise de mesures correctives immédiates » par le représentant au Commerce des États-Unis et l’USDA, afin de « protéger les centaines de milliers d’éleveurs de bovins indépendants qui subsistent aux États-Unis, et dont les marchés sont gravement affaiblis par le maintien artificiel de subventions excessives versées aux éleveurs de bovins par le Canada ».

« Malgré la réduction mondiale de la demande de bovins et de bœuf canadiens attribuable aux importants problèmes liés à l’ESB, le Canada continue de subventionner son secteur de l’élevage bovin, ce qui contribue à créer une offre excédentaire de bovins qui doit être écoulée dans des marchés d’exportation », explique M. Bullard.

« Le Canada dépend en grande partie du marché des États-Unis pour écouler son offre excédentaire, et il essaie maintenant de pénétrer davantage le marché américain en détruisant l’EPO – mesure qui permettrait au Canada de cacher efficacement aux consommateurs des États-Unis l’origine du bœuf dérivé de bovins canadiens. »

Le texte intégral de la lettre de R-CALF aux responsables du gouvernement, y compris une liste des subventions qui, selon l’association, procurent un avantage indu aux producteurs de bœuf du Canada, se trouve au http://www.r-calfusa.com/news_releases/2010/100128-canada.htm (en anglais seulement).

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2. Un nombre croissant de producteurs de porcs quittent l’industrie

Les résultats du troisième appel de soumissions dans le cadre du Programme de transition pour les exploitations porcines (PTEP), publiés récemment, indiquent que l’incitation des producteurs à vider leurs porcheries dépasse de loin le financement disponible pour les aider à prendre cette mesure.

Administré par le Conseil canadien du porc (CCP) au nom du gouvernement fédéral, le PTEP dispose d’un fonds total de 75 millions de dollars. Il permet de verser des indemnités aux producteurs qui consentent à cesser toute production de porc dans leur exploitation pendant un minimum de trois ans. Les fonds sont attribués par étapes par le truchement d’un processus d’appel de soumissions.

Au total, 25,23 millions de dollars seront versés aux 145 producteurs dont la soumission a été acceptée dans le cadre du plus récent appel. Les soumissions les plus basses ont été acceptées en premier, et ainsi de suite jusqu’à ce que les 25 millions de dollars alloués à cet appel de soumissions aient été épuisés.

En tout, 38 572 truies, 76 585 porcelets sevrés de moins de 30 kilogrammes et 149 735 porcs de plus de 31 kilogrammes sont retirés du cheptel canadien.

Selon Karl Kynoch, président du Manitoba Pork Council, le programme atteint l’objectif consistant à réduire le nombre de porcs à l’échelle du pays.

Malheureusement, les producteurs américains ne réduisent pas leur cheptel au même rythme, ce qui est l’une des raisons pour lesquelles les marchés du porc n’ont pas réagi de façon plus positive.

« Notre préoccupation première est sans doute le fait qu’aux États-Unis, le nombre de truies n’est pas du tout en baisse », lance M. Kynoch.

« À vrai dire, nous pourrions réduire presque de moitié le nombre de truies produites au Canada, et ce ne serait toujours pas beaucoup comparativement au nombre de porcs retirés aux États-Unis. Il faut garder à l’esprit que tandis que nous produisons plus de 30 millions de porcs, les États-Unis, eux, en produisent 130 millions. »

Le PTEP a retenu des soumissions variant de 584 $ par unité animale équivalente (UAE) à 999 $/UAE, la moyenne pondérée des soumissions s’établissant à 925 $/UAE.

« C’est sans doute un aspect du programme qui déplaît aux producteurs », admet M. Kynoch. « Ils apprécient l’existence de ce programme, même s’il entraîne une forme de concurrence entre les producteurs qui présentent des soumissions. »

M. Kynoch aurait aussi aimé que le programme dispose d’un fonds plus élevé. Le dernier appel de soumissions a donné lieu à 403 soumissions, soit deux fois et demie plus que le nombre accepté, ce qui témoigne de l’intérêt des producteurs à quitter l’industrie.

« À chaque appel de soumissions, nous recevons un nombre croissant de demandes de producteurs désireux d’obtenir une portion de l’indemnisation offerte. C’est un point sur lequel nous insistons auprès du gouvernement, le fait que les 75 millions affectés au programme ne suffisent plus pour répondre à la demande des producteurs intéressés. »

Le quatrième et dernier appel de soumissions dans le cadre du PTEP est maintenant amorcé, et on estime qu’environ 14 millions de dollars y sont affectés. Les producteurs ont jusqu’au 17 février pour présenter leur formulaire. Les résultats seront annoncés le 10 mars.

« Ce sera vraiment difficile et stressant pour certains producteurs de déterminer le montant de leur soumission. Certains ont tout simplement épuisé toutes leurs ressources financières pour poursuivre leurs activités, si bien que ce programme est peut-être leur seule option », indique M. Kynoch.

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3. Solution possible au problème du lin contenant des traces d’éléments génétiquement modifiés

L’industrie canadienne du lin arrive à la conclusion que la meilleure façon d’éliminer le problème du lin contaminé par des éléments génétiquement modifiés (GM) est d’utiliser des semences certifiées.

« Un nouveau protocole, que l’industrie appelle “programme de gestion de la variété Triffid”, a été mis en place », a indiqué Quinton Stewart, spécialiste de la commercialisation du lin et du soja à Viterra, pendant une conférence téléphonique de l’industrie tenue plus tôt cette semaine.

« Toutes les semences mises en terre doivent être analysées, et toutes les semences destinées au marché européen en particulier devront être des semences certifiées », indique M. Stewart.

En vertu du protocole, les semences certifiées devront être analysées et déclarées exemptes de la variété Triffid avant d’être vendues aux producteurs. Au moment de la moisson, à l’automne, la récolte devra faire l’objet d’une nouvelle analyse visant à détecter toute modification génétique avant d’être approuvée aux fins d’exportation vers l’Union européenne (UE).

Ce nouveau protocole fait suite à la découverte de traces d’une variété de lin GM appelée CDC Triffid, dans une expédition à destination de l’Europe l’été dernier. L’UE a une politique de tolérance zéro à l’égard des aliments GM. La variété Triffid a été mise au point à la fin des années 1990, mais sa production commerciale n'a jamais été autorisée au Canada. Des enquêtes sont en cours afin de déterminer comment cette variété s’est retrouvée dans les stocks actuels de lin.

L’interdiction imposée par l’Europe a des répercussions considérables sur l’industrie canadienne du lin. L’UE a fermé ses portes aux expéditions de lin depuis la découverte des traces d’éléments GM. Or, plus de 70 p. 100 des exportations canadiennes de lin sont destinées à ce marché.

« C’est une mesure nécessaire pour rétablir la confiance dans ce marché, et c’est un moyen économique de garantir la fiabilité des analyses et de l’échantillonnage effectués », estime M. Stewart.

Certains producteurs ont exprimé des préoccupations liées à l’obligation d’acheter des semences certifiées.

« Nous espérons que les producteurs de semences comprennent que le fait de profiter de ce protocole, ou de prix plus élevés (des semences de lin certifiées), ne constituerait pas un bon geste sur le plan des relations publiques », dit David Sefton, producteur de Broadview, en Saskatchewan, et directeur à SaskFlax.

Pendant la conférence téléphonique, il a aussi été souligné que tous les efforts nécessaires seront déployés pour trouver des marchés aux producteurs de lin dans lequel on a détecté des traces d’éléments GM.

« Le Flax Council of Canada (FCC) a chargé certaines personnes de communiquer directement avec les producteurs dont le lin a obtenu des résultats positifs pour les aider à commercialiser leur lin à un prix juste et équitable », indique M. Sefton.

Environ 2 500 échantillons de lin ont fait l’objet d’analyses de dépistage de cette variété GM, et les représentants de l’industrie affirment qu’« environ neuf pour cent de ces échantillons ont obtenu un résultat positif aux analyses de dépistage de la variété Triffid ». Les niveaux de contamination sont toutefois très faibles, les plus fortes concentrations étant de 0,1 p. 100. Il ne s’agit pas d’un problème localisé puisque des traces de la variété Triffid ont été détectées dans les échantillons de l’ensemble des Prairies.

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4. « Guerre du poulet » : espoir d’un règlement?

Trente travailleurs d’un établissement avicole du Nouveau-Brunswick se retrouveront de nouveau sans emploi cette semaine, victimes du litige interprovincial navrant entre deux entreprises concurrentes du secteur du poulet, qui amorce une étape décisive.

« Nous n’avons pas d’autre choix », lance Yves Landry, directeur de Nadeau Ferme avicole, au sujet des mises à pied à l’usine d’abattage de Saint-François-de-Madawaska.

Cette mesure résulte, ajoute‑t‑il, de l’annonce, la semaine dernière, selon laquelle le gouvernement du Nouveau-Brunswick a invalidé le projet de loi 81.

Entré en vigueur il y a quelques semaines, l’arrêté ministériel contraint les producteurs de poulets du Nouveau-Brunswick de faire transformer leurs poulets à l’usine Nadeau, propriété de l’ontarienne Maple Lodge.

Cette mesure visait à faire en sorte que Sunnymel – nom du consortium créé en 2008 entre Westco, l’un des plus gros producteurs avicoles au Canada, et le géant montréalais du porc et du poulet Olymel – cesse d’expédier des poulets produits au Nouveau-Brunswick à un abattoir d’Olymel de Berthierville, au Québec.

Sunnymel a commencé à expédier des poulets au Québec l’été dernier après que Maple Lodge a de nouveau rejeté les offres insistantes du consortium, qui veut la contraindre à lui ventre l’abattoir.

Les partenaires disent vouloir consolider leurs activités de production, d’abattage, de coupe et de désossage afin de mieux servir le marché des Maritimes.

Les volailles de Westco, et celles d’autres entreprises qu’elle contrôle, notamment Dynaco et Volailles Acadia, représentent près de 75 p. 100 de la production totale de poulets du Nouveau-Brunswick et environ 50 p. 100 des 271 000 volailles transformées à l’usine Nadeau, qui transforme aussi des poulets de la Nouvelle-Écosse.

Westco et Olymel ont aussi annoncé leur intention de construire conjointement un abattoir de 30 millions de dollars au Nouveau-Brunswick avant la fin de 2010. Même si la construction était en cours, les entreprises ont fait part de leur intention d’expédier leurs volailles du Nouveau-Brunswick à l’usine d’Olymel au Québec.

Un jugement du Tribunal de la concurrence du Canada a autorisé Westo à vendre ses poulets à l’acheteur de son choix, et la Cour d’appel du Nouveau-Brunswick a reconnu son droit de vendre son poulet à l’extérieur de la province.

Ces expéditions, toutefois, ont conduit à un bref mouvement de protestation à l’usine Nadeau en septembre, au cours duquel des employés ont empêché des camions en route vers le Québec de quitter l’usine.

Elles ont aussi entraîné 165 mises à pied à l’abattoir.

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick a réagi le mois dernier en promulguant le projet de loi 81. Toutefois, Sunnymel a immédiatement contesté l’arrêté ministériel devant les tribunaux et a continué d’expédier ses poulets au Québec.

« Cette mesure est clairement illégale », estime Richard Vigneault, porte-parole d’Olymel. « Beaucoup de décisions ont été prises en notre faveur dans ce dossier. »

Au lieu de s’efforcer de maintenir le projet de loi, le gouvernement demande encore une fois aux deux parties de participer à des pourparlers en présence d’un médiateur.

Selon M. Landry, l’usine Nadeau devra congédier 30 employés, ceux-là mêmes qui ont récemment été réembauchés dans l’espoir que le projet de loi fasse augmenter la production à l’usine.

Lors d’une entrevue, M. Landry a aussi déclaré que Maple Lodge a envoyé une lettre officielle à Sunnymel cette semaine, dans laquelle elle accepte qu’une rencontre ait lieu.

« Nous ne sommes pas à vendre », dit-il. « Mais nous sommes forcés de négocier. »

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5. L'agriculture biologique continue de prendre de l'essor

Les agriculteurs biologiques de la Colombie-Britannique reçoivent des fonds qui les aideront à développer leur secteur d'activité.

Les 900 000 $ provenant du Programme canadien d'adaptation agricole d'Agriculture et Agroalimentaire Canada (ACC) permettront aux producteurs de reconduire leur programme de développement du secteur biologique (Organic Sector Development Program) jusqu'en 2013.

La province compte environ 650 producteurs biologiques certifiés par la Certified Organic Associations of British Columbia (COABC) et une centaine d'autres producteurs certifiés par d'autres organismes. De nombreux autres producteurs de la Colombie-Britannique sont soit en transition vers l'agriculture biologique, soit des producteurs biologiques non certifiés.

Les fonctionnaires fédéraux considèrent l'agriculture biologique comme un « créneau important » et indiquent que le rôle du gouvernement « consiste à faire en sorte que les producteurs et les transformateurs puissent continuer d'œuvrer dans le secteur où ils excellent ».

Le programme de développement du secteur biologique de la Colombie-Britannique a démarré il y a environ 10 ans avec une enveloppe de cinq millions de dollars de fonds provinciaux. Ce nouveau financement permet de le reconduire pendant au moins trois autres années et de poursuivre les buts suivants :

- accroître la capacité du secteur;
- raffermir la confiance dans les systèmes et les produits biologiques certifiés;
- promouvoir la gérance de l'environnement;
- promouvoir la recherche et l'innovation dans le domaine de l'agriculture biologique;
- renforcer l'infrastructure des produits biologiques.

Cette initiative devrait se traduire par des projets comme la création d'un répertoire des ressources pour les producteurs, la conception d'un instrument d'évaluation de l'environnement aux fins du processus de certification et la préparation de matériel didactique et d'ateliers d'information afin d'encourager les agriculteurs à faire la transition à l'agriculture biologique.

Selon le président de la COABC, M. Brad Reid, les objectifs du programme de développement du secteur biologique n'ont pas changé, mais le nouveau financement fédéral exigera des contributions de contrepartie d'au moins 50 p. 100 de la part de l'industrie. Précédemment, les producteurs avaient accès à des fonds en versant une contribution de seulement 20 p. 100.

 « Cet argent est destiné aux agriculteurs, aux personnes qui travaillent la terre », insiste M. Reid. « Du champ à l'assiette, ces fonds faciliteront la recherche et l'innovation dans le domaine de l'agriculture biologique, amélioreront la capacité du secteur de la production biologique et permettront d'assurer la confiance soutenue du public dans les produits biologiques certifiés de la Colombie-Britannique. »

Le président de la Investment Agriculture Foundation of British Columbia (IAF), M. Stuart Wilson, note que la demande de produits biologiques des consommateurs de la Colombie-Britannique est en croissance exponentielle, et précise que selon une enquête d'Ipsos Reid commandée par la IAF en 2008, les deux tiers des habitants de la Colombie-Britannique sont disposés à payer au moins un peu plus pour des aliments biologiques certifiés.

« Grâce à ce financement, les producteurs biologiques seront mieux placés pour tirer parti de ces possibilités. »

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6. Diminution généralisée des populations d'insectes en 2010

On prévoit une diminution généralisée des populations d'insectes en Alberta en 2010, annonce M. Scott Meers.

Toutefois, ce spécialiste de la gestion des insectes au ministère de l'Agriculture et du Développement rural de l'Alberta prévient les producteurs que certains ravageurs demeurent susceptibles de causer de graves problèmes.

Il existe des zones présentant un risque très élevé d'éclosions de sauterelles dans la région de la rivière de la Paix et dans la région située au Nord-Ouest d'Edmonton. Les prévisions indiquent que certaines parties des zones spéciales et au sud de Lethbridge pourraient aussi être à risque.

M. Meers note que les conditions clémentes et sèches enregistrées l'automne dernier ont prolongé la période de ponte, ce qui augmente les risques d'infestations massives cette année.

La dernière enquête de dépistage indique que le charançon de la graine du chou n'a pas proliféré, mais qu'il constitue toujours une menace dans les régions situées au sud de l'autoroute 1. En effet, le rapport fait état d'une augmentation de la population dans ce secteur en 2009, ce qui indique généralement que le nombre de ravageurs risque d'atteindre des seuils nuisibles sur le plan économique au cours de la période de croissance suivante.   

M. Meers met en garde les producteurs du comté de Wheatland contre une hausse marquée des populations de charançon en 2009 et souligne la nécessité d'inspecter leurs champs en 2010.

En revanche, les populations de cèphe du blé sont en déclin par rapport aux dernières années, mais on a détecté des foyers d'infestation dans les régions de Foremost et de Bow Island, ainsi qu'au sud de Medicine Hat en 2009.

M. Meers note que ces populations sont assez élevées pour causer des dommages considérables si les conditions s'y prêtent. On sait d'expérience qu'il subsiste peut-être des zones infestées dans les secteurs à faible risque, de sorte que les producteurs ont tout intérêt à inspecter minutieusement leurs champs.

Un ravageur assez récent, appelé criocère des céréales, a par ailleurs été détecté dans les environs de Lethbridge. Selon M. Meers, ce coléoptère est établi et prolifère à un point tel que la population risque d'atteindre des niveaux nuisibles dans les récoltes de blé d'hiver et d'orge.

Pour avoir accès aux cartes de prévisions de 2010 et aux analyses concernant ces insectes et d'autres ravageurs, rendez-vous au www.agriculture.alberta.ca et consultez l'onglet « Maps & Multimedia » (disponible en anglais uniquement).

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7. Un projet de production d’insuline d’origine végétale crée des débouchés

Une culture-créneau rarissime produite dans le sud-est de l’Alberta et dans le sud-ouest de la Saskatchewan attire l’attention.

Le carthame, actuellement produit pour le marché de l’alimentation des oiseaux, va devenir une importante source d’insuline humaine aux fins du traitement du diabète.

Brian Otto, producteur de céréales et d’oléagineux du sud de l’Alberta et membre de la Alberta Safflower Association, cultive environ 500 acres de carthame pour le marché de l’alimentation des oiseaux comme culture de rotation. Il indique que la période de croissance au Canada n’est pas assez longue pour qu’on cultive le carthame pour le marché de la trituration, et ajoute que l’Inde est en ce moment le premier producteur de carthame destiné à la fabrication d’huile à friture.

Néanmoins, M. Otto a bon espoir qu’une nouvelle variété de carthame mise au point par l’entreprise de biotechnologie SemBioSys Genetics Inc. pour faciliter la production d’insuline créera un nouveau marché à créneaux pour les producteurs canadiens.

« C’est un projet emballant et un marché innovateur pour nos agriculteurs. Tout ajout à notre assortiment de cultures améliore notre résultat net », dit-il.

La valeur actuelle du marché d’exportation du carthame au Canada, selon Statistique Canada, est d’environ 5,5 millions de dollars.

Selon Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), le carthame est doté d’un système racinaire qui s’enfonce en profondeur et qui préfère les sols plutôt secs. Tout accroissement des superficies consacrées au carthame se ferait au détriment des superficies en blé dur et en légumineuses, affirme AAC. SemBioSys estime qu’il faudra environ 1 500 acres de carthame pour produire une tonne d’insuline par année.

Un porte-parole de SemBioSys indique qu’il faudra encore quelques années avant qu’on entreprenne la production à grande échelle d’insuline dérivée de plants de carthame transgénique. Cela fait plus d’une décennie que Maurice Moloney, fondateur de l’entreprise et agent scientifique principal a amorcé la recherche en ce sens. M. Moloney n’en est pas à ses premières recherches d’avant-garde dans le domaine des oléagineux : c’est lui qui a mis au point les premières plantes oléagineuses transgéniques à partir de canola.

Le projet de production d’insuline en est maintenant à l’étape des essais cliniques et l’entreprise est à la recherche de nouveaux partenaires en vue de la fabrication et de la commercialisation du produit. Elle n’a pas encore déterminé quels contrats de licence elle présentera aux producteurs.

M. Otto, qui a déjà cultivé des parcelles pilotes, s’attend à ce que l’entreprise ait des paramètres de production stricts et des droits de sélectionneur. Il indique que même en ce moment il est tenu de maintenir une bande tampon entre ses propres parcelles de carthame et les parcelles de carthame de SemBioSys. L’entreprise indique que les dispositions réglementaires canadiennes exigent l’aménagement de zones tampons de 1 600 mètres entre les champs de carthame transgénique et les champs de carthame non transgénique, et de zones tampons de 50 mètres entre les champs de carthame transgénique et les champs consacrés à d’autres cultures.

SemBioSys produit actuellement du carthame à des fins de recherche en Alberta, dans l’État de Washington et, pendant la saison opposée, au Chili, en Amérique du Sud.

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8. Investissement dans les carburants renouvelables

Les carburants renouvelables sont au cœur d'un nouveau programme offert aux producteurs agricoles de l'Île-du-Prince-Édouard.

Un fonds de 9,9 millions de dollars a été créé pour contribuer à accroître la rentabilité des producteurs et à améliorer la durabilité écologique du secteur, peut-on lire dans un communiqué du gouvernement fédéral.

Un investissement total de 5,9 millions de dollars sera divisé entre deux projets : une initiative sur l'énergie renouvelable qui encouragera l'utilisation de sources d'énergie renouvelables d'origine agricole et de la machinerie connexe, et une initiative pour les cultures de la bioéconomie dotée d'une enveloppe de 1,7 million de dollars. Cette initiative vise à évaluer les avantages économiques et environnementaux de cultures comme le seigle d'automne, les graminées vivaces et les saules hybrides qui pourraient être cultivés, puis récoltés pour produire de l'énergie.

Le reste du financement provient du gouvernement provincial, qui investit 2,8 millions de dollars dans l'Initiative sur les énergies renouvelables et 1,2 million de dollars dans l'Initiative pour les cultures de la bioéconomie.

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Les résultats sont arrives. Consultez les résultats du sondage sur l’optimisme à l’égard de l’agriculture canadienne.

9. Analyse du marché – Mise à jour du marché des pois comestibles

Le marché des pois comestibles est en déclin depuis les deux dernières semaines.

On signale une baisse soudaine des offres au comptant d’environ 30 à 50 cents le boisseau dans les Prairies sous l’effet de la demande réduite.

À l’heure actuelle, les prix offerts sont de 5 $ le boisseau, cueillette à la ferme, ou de 5,50 $ le boisseau, livraison à l’usine, pour février et mars en Saskatchewan, mais très peu d’acheteurs songent à acheter, même à ce prix, pour le moment.

Les prix offerts pour les pois verts sont de 6,50 $ le boisseau, fret à bord agricole, ou 7 $, livraison à l’usine, pour février et mars également.

La demande est faible, et les acheteurs ne recherchent pas une grande quantité de produits pour l’heure.

Pour ce qui est de la nouvelle récolte, là encore, l’intérêt est à peu près nul pour les offres en vue de la livraison à l’automne en ce moment, et ce, pour toutes les catégories de pois.

Les récentes offres de l’Inde ont été décevantes et, après la liquidation du reste des contrats au comptant à Vancouver à prix réduit à des pays comme Cuba, il semble que les prix ont été entraînés à la baisse devant l’absence de nouvelle demande. Peut-être aussi qu’il s’agit d’un effort visant à forcer les producteurs à vendre leur produit sur le marché au comptant.

Au début de janvier, les offres au comptant à Vancouver se situaient entre 280 $ et 285 $US la tonne, mais elles se sont depuis érodées, principalement au cours de la semaine dernière, et sont maintenant établies dans la fourchette d’aussi peu que 250 $ à 255 $US la tonne.

Une certaine mollesse du dollar canadien a atténué les répercussions négatives en général, du moins dans une certaine mesure, mais un prix de 255 $US la tonne à Vancouver représente 5,50 $ le boisseau dans le sud-est de la Saskatchewan. Mais c’est uniquement le prix « offert » par le vendeur; peu d’acheteurs sont incités à acheter à l’heure actuelle.

Bien entendu, ce n’est pas une position commerciale favorable pour les producteurs.

Il n’y a aucune offre réellement transparente de la part des acheteurs étrangers, outre l’Inde, et cette offre est actuellement inférieure aux prix du marché, donc l’activité du marché est une fois de plus paralysée. L’Inde, jusqu’ici cette année, n’est pas l’acheteur dynamique qu’elle a été ces deux dernières campagnes de vente, et rien n’indique pour l’heure que cette situation embêtante est sur le point de changer.

De plus, la tendance généralement baissière des marchés de grains pendant la majeure partie du mois dernier favorise aussi une attitude pessimiste.

Par conséquent, les objectifs de vente dans le marché au comptant s’érodent cette année – de 7 $ le boisseau, ils sont passés à 6,50 $, et maintenant à 6 $ le boisseau – et même cet objectif sera peut-être difficile à atteindre étant donné l’abondance de l’offre dans les Prairies et la disposition nouvelle des producteurs à vendre à ce prix.

Un marché affaibli des pois chiches (chana) en Inde limite les offres des importateurs pour les pois canadiens (notamment les pois jaunes, un produit de substitution).

Une attitude pessimiste dans les marchés de grains en général et des résultats décevants découlant d’une tendance baissière au chapitre des prix/offres à Vancouver entravent le commerce des pois comestibles.

Pour l’instant, le Canada n’a pas de concurrent de taille en tant que fournisseur de pois. Cela changera toutefois plus tard au printemps et pendant les mois d’été, lorsque les stocks de France, d’Ukraine et des États-Unis deviendront disponibles. À ce moment-là, nous risquons de voir les prix des pois jaunes descendre en deçà de 5 $ le boisseau si aucune menace à la production ne se concrétise.

Au moment opportun, nous surveillerons les développements à court terme du marché avec un intérêt accru. Un retour à 6 $ le boisseau en Saskatchewan sera considéré comme l’occasion ultime de vendre. Mais c’est un joli chiffre rond que beaucoup de producteurs se fixeront comme objectif, et il faut garder à l’esprit que la remontée des prix pourrait s’arrêter juste en dessous de ce niveau.

Mike Jubinville de Pro Farmer Canada offre de l’information sur les marchés des produits et les stratégies de marketing. Téléphoner au 204‑654‑4290 ou se rendre à l’adresse www.pfcanada.com pour en savoir plus au sujet des services qu’il offre.

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