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Note des rédacteurs

Note de la rédactrice Allison Finnamore et du rédacteur adjoint Rae Groeneveld

Comme d’habitude, les sujets d’actualité ne manquent pas cette semaine. Dans la présente édition, nous vous parlons entre autres des défis à court et à long terme auxquels est confrontée l’agriculture canadienne. Nous examinons aussi certains moyens que les producteurs et l’industrie peuvent prendre pour surmonter ces problèmes.

Vos commentaires, vos questions et vos idées d’articles sont toujours les bienvenus. Vous pouvez communiquer avec nous en écrivant à allison@finnamore.ca.


1. Une usine de transformation du porc à la recherche d’un approvisionnement local

Confrontée à un approvisionnement réduit en porcs provenant du Centre du Canada, l’entreprise Larsen Packers tente d’amadouer les producteurs de porcs locaux.

Propriété de Maple Leaf, cette usine située à Berwick, en Nouvelle-Écosse, a besoin d’au moins 1 500 porcs par semaine pour fonctionner efficacement, selon le directeur de l’établissement, M. Mike Lee.

Larsen comptait sur les importations en provenance de l’Ontario et du Québec, mais cet approvisionnement est en jeu en raison d’une baisse de production. Le 15 janvier, M. Lee a envoyé une lettre aux producteurs de porcs des Maritimes pour leur offrir une aide au transport de 8 $ pour les porcs livrés à l’usine et pour leur proposer un contrat à durée déterminée d’un an pour tenter de maintenir les niveaux de transformation.

Or, le problème est que la production de porcs dans les Maritimes est, elle aussi, en déclin marqué. Pork Nova Scotia, l’organisme de mise en marché des porcs de la province, signale qu’en 2009, la production de porcs a régressé de 62 p. 100 en Nouvelle-Écosse et de 8 p. 100 au Nouveau-Brunswick. À l’Île-du-Prince-Édouard, le plus grand fournisseur de porcs de la région des Maritimes, a connu une baisse de production de 37 p. 100.

« Ma préoccupation première en ce moment est de trouver un approvisionnement en porcs pour stabiliser le volet abattage de l’exploitation. Compte tenu du nombre de porcs produits dans les Maritimes, nous espérons être en mesure d’y arriver », dit M. Lee.

Toutefois, comme le gouvernement fédéral encourage les producteurs de porcs à quitter l’industrie, il pourrait s’avérer difficile de maintenir l’approvisionnement.

Tim Seeber, directeur général de l’office de commercialisation des produits du porc de l’Î.-P.-É. (Prince Edward Island Hog Commodity Marketing Board), salue l’offre de Larsen, mais n’est pas convaincu qu’elle soit suffisante.

« C’est une meilleure offre que toutes celles qui nous ont été faites depuis un long moment, mais elle est trop modeste et arrive trop tard », souligne M. Seeber.

« Dans le passé, nos producteurs ont demandé à Larsen une période d’exploitation prolongée, mais l’entreprise l’a maintenue à six mois. Nos producteurs voulaient obtenir des contrats, mais Larsen refusait d’en offrir. Maintenant, nous avons des producteurs qui sont liés par des contrats à long terme avec le Québec, et d’autres qui sont dans un gouffre financier. Cela fait maintenant presque deux ans qu’ils perdent 30 $ par porc, et nous ne savons pas pendant combien de temps ils seront capables de poursuivre leurs activités. »

M. Lee n’a pas révélé le nombre actuel de porcs que Larsen importe de l’Ontario et du Québec, ni la réponse que l’entreprise a obtenue à son appel aux fournisseurs de porcs des Maritimes.

« Nous continuons de recueillir des données, mais la réponse de ceux qui ont communiqué avec nous est positive. Une fois que nous aurons toutes les données en main, nous rencontrerons les producteurs et, s’il convient de conclure des contrats, nous discuterons avec eux de cette possibilité en temps et lieux. Nous espérons que notre offre n’est pas insuffisante et qu’elle n’arrive pas trop tard », poursuit-il.

Larsen Packers emploie actuellement de 350 à 400 personnes. L’usine est la propriété des Aliments Maple Leaf depuis 2000.

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2. Mesures de stimulation du commerce au Mexique, en Colombie et au Guatemala

Le gouvernement fédéral continue de mettre l’accent sur l'élargissement de l'accès aux marchés internationaux pour les produits agricoles canadiens. Le ministre fédéral de l'Agriculture, l'honorable Gerry Ritz, revient tout juste d'une mission commerciale destinée à créer de nouveaux débouchés au Mexique, en Colombie et au Guatemala.

« Le gouvernement continuera de déployer des efforts en vue d’accroître l’accès des agriculteurs canadiens aux marchés internationaux afin de leur permettre de stimuler notre économie », a souligné M. Ritz lors d'une conférence de presse devant des journalistes.

Au Mexique, le ministre Ritz a annoncé un investissement de 5 millions de dollars pour stimuler l'appétit des Mexicains et les sensibiliser à la sécurité et à l'excellente qualité des produits alimentaires canadiens. L'initiative de la marque Canada aidera à réaliser des activités de promotion auprès des consommateurs du Mexique pour un large éventail de produits canadiens, y compris le canola. En 2008, les exportations agroalimentaires du Canada vers le Mexique ont totalisé 1,6 milliard de dollars.

Au cours de son voyage au Mexique, M. Ritz a rencontré notamment le secrétaire à l'Agriculture, M. Francisco Mayorga, et le secrétaire à l'Économie, M. Gerardo Ruiz Meteos, avec qui un consensus a été trouvé au sujet des problèmes liés à la loi américaine sur l'étiquetage du pays d'origine.

« J'ai aussi soulevé un certain nombre de questions qui sont matière à préoccupation, dont la nécessité de rétablir complètement le commerce du bœuf canadien qui, faut-il le souligner, satisfait à des normes scientifiques internationales. »

En Colombie, le ministre Ritz a souligné l'engagement du Canada à l'égard de la mise en œuvre du nouvel Accord de libre-échange (ALE) Canada-Colombie. Il indique que sans cet accord, les exportations agricoles canadiennes sont assujetties à des tarifs moyens de 17 p. 100.

« Nous demandons à l'opposition à la Chambre des communes d'appuyer l'adoption de l'ALE dès la reprise des travaux parlementaires. Le plus vite ce sera fait, le plus tôt nos producteurs pourront à nouveau soutenir la concurrence, dans des conditions égales, dans le marché colombien en qui est en plein essor », plaide M. Ritz.

La mission en Colombie portait aussi sur la réouverture du marché colombien aux bovins reproducteurs et au matériel génétique provenant du Canada. Le gouvernement colombien s'est également engagé à travailler avec les fonctionnaires canadiens afin de s'entendre sur les conditions sanitaires dans lesquelles il lui serait possible d'importer des moutons et des chèvres du Canada.

Au Guatemala, le ministre Ritz a exercé des pressions en vue de rétablir complètement l'accès au marché pour le bœuf et un accès exempt de droits de douane au marché pour le porc et pour d'autres produits agricoles.

« J'ai envoyé un message clair selon lequel le Canada s'engage à mener à terme les négociations avec le Guatemala et d'autres pays d'Amérique centrale afin de libéraliser davantage les échanges entre nos régions, et ce, le plus tôt possible.

En 2008, le Guatemala a importé pour 32 millions de dollars de produits agricoles canadiens.

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3. Des groupements agricoles demandent des fonds pour la recherche agricole

Quatre grandes organisations agricoles canadiennes unissent leurs forces pour amener le gouvernement fédéral à investir davantage dans la recherche en agriculture primaire. 

Les organisations Grain Farmers of Ontario (GFO), Producteurs de grains du Canada (PGC), Fédération des producteurs de cultures commerciales du Québec (FPCCQ) et Alantic Grains Council (AGC) ont formé une coalition appelée Farmers for Investment in Agriculture (FIA). L'organisme affirme représenter plus de 100 000 agriculteurs canadiens.

« Tandis que la majorité des pays industrialisés investissent aujourd'hui des sommes colossales en agriculture pour tirer profit de la demande alimentaire mondiale croissante, le financement public de la recherche agronomique au Canada a chuté de 40 p. 100 depuis 1994, après rajustement en fonction de l'inflation, ce qui se traduit par une lourde perte en infrastructure de recherche et en chercheurs », affirment les groupements dans un communiqué.

La FIA demande au gouvernement de doubler la recherche agronomique fondamentale au cours des 10 prochaines années. En vertu de cette proposition, le financement se rétablirait aux niveaux de 1994 d'ici 2020.

« Le gouvernement doit élaborer une stratégie agricole nationale qui accorde la priorité absolue aux besoins des agriculteurs canadiens », réclame Don Kenny, président de GFO.

Les organisations agricoles craignent que sans un renouvellement du financement destiné à la recherche agricole fondamentale, les agriculteurs canadiens commencent à perdre du terrain par rapport à leurs homologues internationaux. L'Australie, par exemple, est l'un des pays qui consacre beaucoup plus d'argent que le Canada à la recherche agronomique.

« Dans l'industrie agricole, chaque dollar investi dans la recherche crée 10 dollars de retombées économiques pour le Canada, du fait de la croissance du secteur alimentaire national, de l'accroissement des exportations et de la diminution des coûts des aliments qui en résultent », indique William Van Tassel, vice-président de la FPCCQ.

La recherche est plus importante aujourd'hui qu'elle ne l'a jamais été, selon le FIA. L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) prévoit que l'agriculture à l'échelle mondiale doit s'accroître de 70 p. 100 d'ici 2050 afin de nourrir quelque 2,3 milliards de personnes de plus, ce qui crée une demande à laquelle les agriculteurs canadiens doivent être prêts à répondre.

« Pour le Canada, il n'y a pas meilleur investissement qu'un investissement dans la recherche alimentaire », plaide Doug Robertson, président de PGC.

« Nous jouissons d'un des territoires agricoles les plus fertiles au monde et d'un accès à la troisième réserve d'eau fraîche en importance sur la planète, et pourtant nous ne maximisons pas nos cultures agricoles », fait-il observer.

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4. Nouveau règlement en matière de pressage des fruits : les fabricants de vin de glace dans tous leurs états

Le secteur québécois du cidre de glace, qui est en plein essor, est en jeu à cause d’un nouveau règlement du gouvernement que les producteurs jugent à la fois inutile et contre-productif.

« Cette mesure est complètement insensée », lance le pomiculteur François Pouliot au sujet de la modification réglementaire apportée il y a un an, qui oblige les fabricants de cidre de glace à presser les fruits utilisés dans la fabrication de ce nectar liquoreux au goût sucré dans leur propre établissement.

M. Pouliot, qui fait figure de pionnier de ce secteur au Québec, n’a jamais pressé de pommes à son domaine de 110 acres situé près de Montréal au cours des deux décennies depuis lesquelles il produit cette boisson.

« Le gouvernement dit avoir pris cette mesure pour que l’industrie demeure petite et artisanale. Mais en réalité, il n’a fait qu’accroître nos coûts et réduire notre compétitivité. »

M. Pouliot est l’un des trois grands producteurs de vin de glace de la province qui représentent environ 90 p. 100 de l’ensemble de la production de cidre de glace et qui génèrent des ventes annuelles de 10 millions de dollars.

En temps normal, M. Pouliot récolte 95 p. 100 des 43 200 boisseaux de pommes qu’il produit à l’automne. Ces pommes sont réfrigérées jusqu’à l’hiver et sont ensuite pressées. Ces dernières années, elles étaient expédiées à la société Les Pommes Enderle, une entreprise familiale de pressage industriel située à proximité, qui produit en moyenne 650 000 gallons de jus de pomme pour des producteurs comme M. Pouliot et de grosses entreprises de transformation comme Lassonde.

M. Pouliot cueille par la suite les cinq pour cent restants de sa récolte à la fin de décembre ou en janvier, selon la température. D’ordinaire, il fait aussi presser ses pommes par Les Pommes Enderle et utilise ce jus pour produire des cidres de glace haut-de-gamme primés qui se vendent 50 $ la bouteille de 375 millilitres – et qui placent le Québec au rang des connaisseurs mondiaux en matière de cidre de glace.

Cette année, toutefois, M. Pouliot a dû investir 200 000 $ pour l’achat de la plus grosse presse à fruits offerte sur le marché afin de satisfaire aux nouvelles règles. Au lieu de prendre quelques jours, comme c’était le cas avec Les Pommes Enderle, M. Pouliot indique qu’il lui a fallu plusieurs semaines pour presser les pommes qu’il a récoltées à l’automne. De ce fait, il a pu récolter seulement la moitié de ses pommes d’hiver, et le reste, qui ne présente plus aucune valeur, est en train de pourrir dans les arbres.

M. Pouliot a bon espoir qu’une réunion que lui-même et quelques autres gros producteurs ont tenue à l’automne avec les ministres des trois ministères qui partagent la compétence en matière de production de cidre de glace portera bientôt fruit.

Un porte-parole du ministère de l’Agriculture a indiqué que la question fait en ce moment l’objet de discussions au gouvernement.

« Je suis certain que le gouvernement entendra raison. Mais cette année, c’est trop tard pour nous », conclut M. Pouliot.

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5. Dix conseils essentiels à l’intention des exploitants agricoles

L’industrie agricole est un univers de contrastes.

D’une part, nous voyons apparaître de nouvelles technologies et de nouvelles utilisations des produits agricoles qui s’annoncent très prometteuses mais, d’autre part, de nombreux secteurs de l’industrie sont aux prises avec des difficultés économiques qui découlent de forces indépendantes de leur volonté.

Selon Carl Fletcher, chargé de programme, planification des activités stratégiques au ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario (MAAARO), la première phrase du roman Un conte de deux villes de Charles Dickens résume sans doute à merveille l’agriculture à l’heure actuelle : « C’était la meilleure des époques, c’était la pire [...] ».

Le début d’année constitue toujours un moment propice pour réévaluer et affiner les pratiques d’entreprise. Lors de la FarmSmart Agricultural Conference tenue récemment à l’Université de Guelph, M. Fletcher a collaboré avec ses collègues à l’élaboration de ce qu’il présente comme un assortiment de conseils d’affaires essentiels à l’intention des exploitants agricoles pour 2010.

M. Fletcher estime qu’il est crucial que les exploitants agricoles sachent quelles sont leurs passions ou leurs forces dans l’entreprise, et qu’ils fassent appel à des spécialistes dans les domaines où ils ont des lacunes.

« La majorité des travailleurs autonomes ont tendance à être axés sur la production. C’est la raison pour laquelle ils œuvrent dans ce secteur. C’est correct, mais si vous voulez que votre ferme soit florissante, vous devez vous entourer d’autres personnes et mettre à contribution leurs compétences dans certains des (autres) domaines qui les passionnent », dit-il, comme le marketing, la gestion financière et la gestion des personnes.

M. Fletcher recommande aussi aux agriculteurs d’explorer des moyens d’améliorer leurs affaires de cinq pour cent.

« Nous avons tous des projets d’envergure, mais au fil du temps, les petites améliorations s’accumulent et équivalent à certains grands changements. »

Pour illustrer son idée, M. Fletcher donne l’exemple d’un joueur de baseball dont la moyenne au bâton est de 0,250 par rapport à un joueur d’élite touchant un salaire faramineux et dont la moyenne au bâton est de 0,300.

« On constate que de réussir régulièrement un coup sûr de plus lors des présences officielles au bâton, ce qui représente cinq pour cent, peut faire la différence entre un salaire moyen et un salaire phénoménal », raisonne M. Fletcher.

Sur le plan des dépenses, M. Fletcher invite les exploitants agricoles à chercher des moyens de réduire leurs coûts de cinq pour cent. Ces deux mesures combinées – la réduction des coûts et l’augmentation des revenus – feront augmenter les marges de 10 p. 100.

Comme on prévoit une hausse imminente des taux d’intérêt, M. Fletcher indique que les exploitants agricoles voudront peut-être envisager des taux fixes pour leurs prêts à terme ou un refinancement pour améliorer leur aptitude à assurer le service de la dette. Il leur recommande d’opter pour un taux d’intérêt dans la limite supérieure avec laquelle ils peuvent aisément composer pour ne pas être pris au dépourvu dans l’éventualité d’une augmentation des taux.

Voici d’autres conseils tirés de la liste des dix conseils essentiels de M. Fletcher :

  • saisir les possibilités de planification des activités et de formation qui se présentent;
  • exprimer son appréciation aux gens que l’on côtoie dans sa vie et à la ferme, et passer des moments de joie avec eux;
  • être à l’écoute de ses clients et affiner son plan de marketing;
  • connaître ses coûts de production;
  • élaborer et mettre en œuvre un plan de gestion des ressources humaines;
  • passer à l’étape suivante de la planification de la relève;
  • gérer l’incidence du pétrole sur les prix, sur les cours du maïs et sur le dollar.
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6. Élevage et environnement : quel est le seuil maximal d’animaux?

Au cours des dernières années, Dr Don Flaten, chercheur en science du sol à l'Université du Manitoba, s'est fait demander quel est le seuil de production de porcs, de bovins ou de volailles à ne pas dépasser au Manitoba pour éviter de surcharger le sol et les cours d'eau de phosphore.

M. Flaten a accepté de se pencher sur cette question difficile et, après avoir effectué certains calculs, il a établi que le Manitoba pourrait tolérer 598 802 395 porcelets sevrés sans que la quantité de phosphore dans les terres agricoles de la province augmente au-delà de la quantité qu'absorbent les cultures pendant leur croissance.

Malheureusement, raille-t-il, ce chiffre ne s'applique qu'aux porcelets sevrés. « Il ne comprend pas les truies et les porcs adultes », dit-il. Ces chiffres ne tiennent pas compte non plus des autres secteurs d'élevage de la province.

Selon M. Flaten, il est vain de tenter de calculer le nombre de bestiaux que l'ensemble de la province peut soutenir. En effet, chaque champ a des besoins en phosphore différents. Et même si 73 p. 100 des terres agricoles du Manitoba et 86 p. 100 des terres cultivables de la Saskatchewan affichent des niveaux de phosphore inférieurs au niveau optimal, cela ne signifie pas que le nombre de bestiaux peut continuer à augmenter aux quatre coins de la province sans supervision.

La quantité de fumier qui peut être épandue dans un champ est fonction du fait que la culture sera broutée ou récoltée mécaniquement, du nombre d'épandages et du type de fumier.

M. Flaten explique que la différence d'absorption du phosphore entre une culture récoltée mécaniquement et une culture pâturée est substantielle, précisant que les pâturages requièrent le nombre le moins élevé d'applications de fumier. Il suggère que les pâturages reçoivent une seule application de fumier de porc aux 40 ans ou bien une application de fumier de bovin aux 56 ans.

En général, les pâturages où la récolte est effectuée selon une méthode mécanique peuvent recevoir une application de fumier de porc une fois aux six ans, ou une application de fumier de bovin aux neuf ou 10 ans, mentionne M. Flaten.

Toutefois, le chercheur souligne que ces chiffres ne sont que des lignes directrices.

« [L'épandage du] fumier doit être géré champ par champ », indique-t-il. Les outils sont d'ailleurs déjà en place aux fins des analyses de ce type, note-t-il.

Si le niveau de phosphore dans un champ est inférieur à 60 parties par million (ppm), il n'y a pas lieu de s'inquiéter, dit M. Flaten. Des niveaux variant entre 60 ppm et 180 ppm requièrent un suivi constant. Un niveau supérieur à 180 ppm constitue un signal d'alarme, et tout champ affichant ce niveau ne devrait recevoir d'application ni de phosphore synthétique ni de fumier. 

En fin de compte, il n'existe pas de solution universelle, conclut M. Flaten. La véritable densité maximale de bétail ne peut être déterminée que lorsqu'on a tenu compte de la nature des champs cultivés, de la situation dans la communauté et des règlements en matière de qualité de l'air et de l'eau.

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7. Nouveau calculateur pour estimer les pertes d'ammoniac

Le ministère de l'Agriculture et du Développement rural de l'Alberta (ARD) vient de mettre en ligne un nouveau calculateur qui aide les agriculteurs à comprendre leurs pertes associées à l'application de lisier liquide sur leurs terres agricoles. Ce calculateur détermine non seulement la quantité d'éléments nutritifs de l'ammoniac non utilisée, mais aussi le coût de ces pertes.

La recherche indique que jusqu'à 35 p. 100 des émissions d'ammoniac d'une exploitation se produisent au moment de l'épandage de fumier sur les terres, affirme Atta Atia, spécialiste de la qualité de l'air à ARD.

« L'estimation de ces pertes d'ammoniac est utile pour évaluer les techniques de conservation de l'ammoniac, pour améliorer les recommandations en matière de gestion des éléments nutritifs et pour aider les utilisateurs à choisir une méthode d'application à la fois écologique et économique », indique Mme Atia.

Le nouveau calculateur permet la saisie simple et directe de plusieurs variables comme les caractéristiques du fumier, les conditions du sol, la superficie de la terre et les techniques d'application. On le trouve sur le site Web de ARD, et les producteurs peuvent modifier aisément chacune de leurs données pour évaluer l'effet des changements apportés.

La saisie des données se fait sur quatre écrans, à commencer par celles sur l'identification du champ, sur la superficie du terrain et sur l'humidité du sol. L'utilisateur a le choix entre les unités métriques ou impériales et entre le fumier de porc ou le fumier de bovin.

Des valeurs par défaut sont établies pour la teneur totale en azote ammoniacal et en masse sèche, mais Mme Atia indique que les données les plus précises peuvent être obtenues au moyen d'analyses du fumier effectuées dans un laboratoire privé. Il n'existe pas de tels établissements en Alberta, mais on en trouve en Saskatchewan.

D'autres champs de saisie sont réservés à la quantité et à la dose d'application, à la technique d'application choisie (p. ex. la pulvérisation d'ensemble ou l'injection en profondeur), ainsi qu'à la température actuelle de l'air et à la vitesse du vent.

Le programme produit des graphiques qui représentent les pertes relatives et cumulatives d'azote au fil du temps et crée un rapport des résultats imprimable. À l'aide d'un simple clic sur les barres situées à côté du sommaire des résultats, les graphiques et le rapport illustrent les changements qui surviennent en temps réel.

Jetez un coup d'œil à ce nouveau calculateur en vous rendant au www.agric.gov.ab.ca (site en anglais seulement). Cliquez sur l'onglet « Decision Making Tools », puis sur « Livestock », et consultez la section « General ».

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8. Diminution des ventes d’équipement agricole prévue en 2010

Les fabricants canadiens et américains d’équipement agricole prévoient une diminution des ventes de tracteurs et de moissonneuses-batteuses en 2010. D’après une enquête menée par la Association of Equipment Manufacturers (AEM), des baisses de ventes de 10 p. 100 ou plus sont prévues avant que le niveau le plus bas soit atteint, en 2011.

« La récession a touché le secteur agricole en 2009, et le déclin des ventes dans la majorité des catégories d’équipement est attribuable à la chute des prix des produits de base, conjuguée aux baisses importantes du revenu agricole net, au resserrement du crédit dans l’ensemble du réseau de distribution d’équipement agricole et à l’effondrement général de la confiance économique », explique le vice-président des services agricoles à la AEM, M. Charlie O'Brien, dans un communiqué.

La AEM est composée de fabricants nord-américains d’équipement agricole et mène chaque année un sondage auprès de ses membres au sujet des prévisions de ventes d’un éventail d’équipement agricole.

« La récession devrait continuer d’entraîner des taux de croissance négatifs dans de nombreuses catégories d’équipement en 2010. Cependant, il est important de garder à l’esprit que le secteur de la production d’équipement de grande taille vient de connaître de très bonnes années. C’est notamment le cas des ventes de tracteurs de 100 chevaux-puissance, qui ont atteint en 2008 un sommet inégalé en 25 ans », souligne M. O'Brien.

Au Canada en 2010, la AEM prévoit que les ventes de gros tracteurs à quatre roues motrices chuteront de 18 p. 100, ce qui représente la diminution la plus importante, toutes catégories confondues. Les ventes de moissonneuses-batteuses devraient quant à elles diminuer de 13 p. 100 comparativement à 2009.

« D’autres facteurs ont pour effet d’alimenter l’incertitude du marché, par exemple des questions de nature législative comme le système de plafonnement et échange, le débat actuel sur la nécessité d’accroître la production alimentaire tout en réduisant la contribution de l’agriculture aux émissions de gaz à effet de serre, dont elle est responsable dans une proportion d’environ 30 p. 100, l’étiquetage indiquant le pays d’origine, et les normes d’émission qui feront augmenter le coût de l’équipement motorisé », explique M. O'Brien.

Les ventes de tracteurs à deux roues motrices de plus de 100 chevaux-puissance devraient chuter de huit pour cent cette année, mais les ventes de tracteurs de 40 à 100 chevaux-puissance ne diminueront que de quatre pour cent par rapport à celles de 2009.

La AEM prévoit une stabilisation des ventes d’équipement agricole en 2011 et une forte reprise en 2012. Dans le cas des moissonneuses-batteuses, des tracteurs à quatre roues motrices et des gros tracteurs à deux roues motrices de 100 chevaux-puissance, de légères augmentations des ventes (de zéro à quatre pour cent) sont prévues dans deux ans. Les ventes de tracteurs plus petits, de 40 à 100 chevaux-puissance et de moins de 40 chevaux-puissance, augmenteront de façon plus marquée. Les membres de la AEM s’attendent à ce que ces ventes augmentent d’au moins six pour cent en 2011 et de 10 p. 100 en 2012.

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9. L'Alberta annonce de l’aide pour la technologie IRF

Le gouvernement de l'Alberta se prépare à lancer un nouveau programme de soutien de la technologie de l'identification par radiofréquence (IRF) afin d’encourager l'adoption des systèmes de traçabilité dans la chaîne de production bovine.

Selon M. Tennis Marx, spécialiste des systèmes de traçabilité au ministère de l'Agriculture et du Développement rural de l'Alberta, ce programme offrira du soutien selon une formule du partage des coûts entre le gouvernement et le demandeur.

Ce programme s'adresse actuellement aux exploitants de parcs d'engraissement et aux éleveurs de bovins d'engrais qui engraissent plus de 1 000 têtes par année, mais s'élargira éventuellement de manière à inclure d'autres exploitants.

Les dépenses admissibles comprennent les lecteurs de plaques et les lecteurs portatifs ainsi que les logiciels nécessaires au téléchargement des numéros des étiquettes IRF vers le système canadien de suivi du bétail. Les coûts d'installation, lorsque celle-ci a été effectuée par un fournisseur de services autorisé, de même que ceux des modifications apportées à l'infrastructure pour installer un lecteur de plaques sont aussi admissibles. Il s'agit entre autres des coûts liés au changement à un système de traitement à glissière pour permettre d'installer le lecteur, indique M. Marx.

Le programme couvrira jusqu'à 70 p. 100 des coûts admissibles jusqu'à concurrence de 20 000 $ pour des systèmes de lecteurs de plaques, et jusqu'à concurrence de 3 000 $ pour des lecteurs portatifs. M. Marx note que les achats admissibles peuvent comprendre à la fois des lecteurs de plaques et des lecteurs portatifs, mais que l'aide financière se limite à 20 000 $ par exploitation.

Les formulaires de demande et des renseignements détaillés sur le programme sont disponibles en ligne à www.growingforward.alberta.ca (site en anglais seulement).

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Les résultats sont arrives. Consultez les résultats du sondage sur l’optimisme à l’égard de l’agriculture canadienne.

10. Analyse du marché - Fléchissement des marchés des oléagineux en janvier

Les prix à terme du canola à Winnipeg sont nettement en baisse depuis le début du mois de janvier. Les prix au comptant ont perdu près d’un dollar le boisseau au cours de cette période. La situation a semblé se stabiliser quelque peu lors des dernières séances de bourse, mais s’agit-il seulement d’un intermède au milieu des fluctuations du marché? Cette faiblesse est associée aux déclins enregistrés ce mois-ci dans les marchés mondiaux des oléagineux et de l’huile végétale comme l’huile de palme de Malaisie, le colza européen et le complexe de soja du Chicago Board of Trade (CBOT).

Sur le plan des exportations, des sources confirment qu’au moins deux cargos chargés de canola canadien ont été vendus au Pakistan la semaine dernière. Toutefois, le peu d’intérêt acheteur qui en a découlé a limité pour l’instant la capacité du marché du canola à réagir en amorçant un élan haussier.

Par ailleurs, le différend commercial avec la Chine n’est toujours par résolu. L’évaluation du colza chinois sur le marché intérieur, si elle était calculée après livraison au Canada, indique que les prix pourraient dépasser de 30 $ la tonne les niveaux actuels si le commerce avec la Chine se déroulait sans les restrictions relatives à la jambe noire qui sont imposées en ce moment.

Les marges dans le secteur national de la trituration du canola semblent assez bonnes, même s’il demeure difficile d’écouler le tourteau de canola étant donné les restrictions commerciales actuelles relatives à la salmonelle visant les expéditions vers les États-Unis.

Le lancement de certains ordres de couverture par des exploitants de silo a contribué à miner le secteur du canola, et la liquidation spéculative fondée sur les graphiques est un facteur du déclin soutenu du marché. L’abondance des stocks nationaux de canola et l’ampleur des volumes mondiaux d’oléagineux constituent des influences négatives.

Les facteurs des marchés extérieurs plus faibles, comme ceux des actions, de l’énergie et des métaux, contribuent à maintenir une attitude défensive dans les marchés agricoles en général. Par conséquent, les reprises sont considérées comme des occasions de vente pour les producteurs, avant le prochain fléchissement. Cela dit, des efforts de couverture des positions vendeur susceptibles d’apporter du soutien peuvent occasionnellement entrer en ligne de compte.

Étant donné l’offre excédentaire de soja qui existe depuis peu et les récoltes inégalées aux États-Unis et en Amérique du Sud, notre marché du canola incite à « vendre dès que les prix remontent », et ce, jusqu’à ce que les conditions fondamentales changent. Les stocks mondiaux d’oléagineux excèdent maintenant la demande, si bien que les stocks prévus en fin de campagne augmentent pour l’année commerciale actuelle, et sans doute pour la prochaine, à moins qu’une menace à la production apparaisse en 2010-2011.

Si l’on examine les graphiques, on constate que les prix à terme du canola poursuivent une importante tendance latérale. Malheureusement, ce marché se dirige en ce moment vers le niveau le plus bas de cette fourchette. Le niveau de résistance est établi juste au-dessus de 400 $ la tonne et une importante zone de soutien se situe entre 380 $ et 360 $ la tonne. Étant donné les nombreuses influences négatives attendues pour le complexe de soja vers la fin de février, ce niveau de soutien sera peut-être atteint.

Je ne vois pas grand intérêt à revoir le marché à la baisse et je préfère user de patience pour le moment. Les producteurs devraient rechercher les primes offertes par les contrats à livraison différée dans le marché local pour le reste de leurs stocks de la campagne précédente de même que pour une partie de la récolte prévue de la nouvelle campagne en vue de la livraison à l’automne 2010.

Il est difficile pour moi de formuler en termes précis et généraux les occasions liées à la base étant donné que celles-ci varient largement selon l’endroit.

Toutefois, du point de vue des prix à terme, la nature oscillante de ce que nous considérons comme une transition vers un marché suivant une tendance latérale plus importante donne à penser que nous ne devrions pas revoir le marché à la baisse; je ne peux toutefois pas nier la possibilité bien réelle que nous assistions à une baisse des prix à terme/au comptant au cours des prochains jours et des prochaines semaines.

À mesure que nous approchons d’une période plus favorable au chapitre de la fixation saisonnière des prix, qui débutera plus tard cet hiver et durera jusqu’au printemps, il se pourrait que les prix à terme récupèrent une partie des pertes qu’ils ont subies récemment. D’après le contrat de mars pour la récolte de la campagne précédente, un recul vers les 400 $ la tonne n’est pas à exclure. À supposer que la base soit raisonnable, nous obtiendrions l’équivalent d’environ 9 $ le boisseau en recettes monétaires.

Enfin, pour ce qui est du contrat de novembre pour le canola de la nouvelle récolte, un recul vers la région de 420 $ la tonne pourrait suffire pour provoquer la conclusion de contrats à terme pour la nouvelle récolte en vue de la livraison à l’automne.

Mike Jubinville de Pro Farmer Canada offre de l’information sur les marchés des produits et les stratégies de marketing. Téléphoner au 204 654 4290 ou se rendre à l’adresse http://www.pfcanada.com pour en savoir plus au sujet des services qu’il offre.

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