Confrontée à un approvisionnement réduit en porcs provenant du Centre du Canada, l’entreprise Larsen Packers tente d’amadouer les producteurs de porcs locaux.
Propriété de Maple Leaf, cette usine située à Berwick, en Nouvelle-Écosse, a besoin d’au moins 1 500 porcs par semaine pour fonctionner efficacement, selon le directeur de l’établissement, M. Mike Lee.
Larsen comptait sur les importations en provenance de l’Ontario et du Québec, mais cet approvisionnement est en jeu en raison d’une baisse de production. Le 15 janvier, M. Lee a envoyé une lettre aux producteurs de porcs des Maritimes pour leur offrir une aide au transport de 8 $ pour les porcs livrés à l’usine et pour leur proposer un contrat à durée déterminée d’un an pour tenter de maintenir les niveaux de transformation.
Or, le problème est que la production de porcs dans les Maritimes est, elle aussi, en déclin marqué. Pork Nova Scotia, l’organisme de mise en marché des porcs de la province, signale qu’en 2009, la production de porcs a régressé de 62 p. 100 en Nouvelle-Écosse et de 8 p. 100 au Nouveau-Brunswick. À l’Île-du-Prince-Édouard, le plus grand fournisseur de porcs de la région des Maritimes, a connu une baisse de production de 37 p. 100.
« Ma préoccupation première en ce moment est de trouver un approvisionnement en porcs pour stabiliser le volet abattage de l’exploitation. Compte tenu du nombre de porcs produits dans les Maritimes, nous espérons être en mesure d’y arriver », dit M. Lee.
Toutefois, comme le gouvernement fédéral encourage les producteurs de porcs à quitter l’industrie, il pourrait s’avérer difficile de maintenir l’approvisionnement.
Tim Seeber, directeur général de l’office de commercialisation des produits du porc de l’Î.-P.-É. (Prince Edward Island Hog Commodity Marketing Board), salue l’offre de Larsen, mais n’est pas convaincu qu’elle soit suffisante.
« C’est une meilleure offre que toutes celles qui nous ont été faites depuis un long moment, mais elle est trop modeste et arrive trop tard », souligne M. Seeber.
« Dans le passé, nos producteurs ont demandé à Larsen une période d’exploitation prolongée, mais l’entreprise l’a maintenue à six mois. Nos producteurs voulaient obtenir des contrats, mais Larsen refusait d’en offrir. Maintenant, nous avons des producteurs qui sont liés par des contrats à long terme avec le Québec, et d’autres qui sont dans un gouffre financier. Cela fait maintenant presque deux ans qu’ils perdent 30 $ par porc, et nous ne savons pas pendant combien de temps ils seront capables de poursuivre leurs activités. »
M. Lee n’a pas révélé le nombre actuel de porcs que Larsen importe de l’Ontario et du Québec, ni la réponse que l’entreprise a obtenue à son appel aux fournisseurs de porcs des Maritimes.
« Nous continuons de recueillir des données, mais la réponse de ceux qui ont communiqué avec nous est positive. Une fois que nous aurons toutes les données en main, nous rencontrerons les producteurs et, s’il convient de conclure des contrats, nous discuterons avec eux de cette possibilité en temps et lieux. Nous espérons que notre offre n’est pas insuffisante et qu’elle n’arrive pas trop tard », poursuit-il.
Larsen Packers emploie actuellement de 350 à 400 personnes. L’usine est la propriété des Aliments Maple Leaf depuis 2000.




