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Note de la rédactrice

Note de la rédactrice Allison Finnamore et du rédacteur adjoint Rae Groeneveld

Vos commentaires, vos questions et vos idées d’articles sont toujours les bienvenus. Vous pouvez communiquer avec nous en écrivant à allison@finnamore.ca.


1. Les problèmes liés au secteur du lin persistent

C'est maintenant au tour du Brésil de tester le lin canadien pour dépister des traces d'éléments génétiquement modifié (GM).

Dans un bulletin du Flax Council of Canada, les producteurs ont appris que le gouvernement du Brésil a ordonné la vérification obligatoire de toutes les expéditions de lin qui entrent dans ce pays d'Amérique du Sud.

« Cette mesure a été prise sans avoir été annoncée officiellement par le gouvernement brésilien », dénonce le Flax Council of Canada dans une récente mise à jour sur le lin OGM.

Les exportations de lin du Canada sont en difficulté depuis l'été dernier, après qu’on ait détecté des traces d'une variété GM appelée CDC Triffid dans une expédition à destination de l'Europe. Cette variété a été mise au point dans les années 1990, mais elle n’a jamais été cultivée commercialement au Canada en raison de préoccupations liées à l'accès aux marchés. La variété Triffid a toutefois abouti entre les mains de certains producteurs de semences avant d'être retirée. L'enquête se poursuit afin de déterminer pourquoi elle contamine les expéditions actuelles de lin.

En raison de la récente annonce du Brésil, le gouvernement canadien tente de s’assurer « qu'aucune mesure ne sera prise à l'égard du produit importé s'il obtient un résultat positif au test de dépistage de traces de la variété CDC Triffid ».

Le gouvernement travaille aussi à « formuler des moyens qui pourraient être pris afin de garantir la levée de ces mesures à l'importation ».

Le Brésil est un petit marché pour le lin Canadien, mais est toutefois en croissance depuis quelques années.

Selon Statistique Canada, 23 tonnes ont été expédiées au Brésil en 2006-2007. En comparaison, au cours des trois premiers mois de la présente campagne, les exportations se sont chiffrées à 1 791 tonnes.

Cette mesure commerciale touche durement les producteurs. Non seulement a-t-elle entraîné une baisse des prix offerts pour cet oléagineux, mais les exigences en matière de dépistage sont aussi coûteuses. Les producteurs doivent envoyer des échantillons de lin à des laboratoires qui procèdent au dépistage de la variété Triffid avant que les exploitants de silos acceptent le lin. Selon certaines sources, chaque test coûte plus de 100 $, et des analyses doivent être effectuées pour chaque expédition de 5 000 boisseaux que les producteurs prévoient livrer.

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2. Un projet sur le compost crée des débouchés

Certains producteurs agricoles du Québec augmenteront bientôt leur revenu – en plus d’obtenir du terreau de première qualité gratuit – grâce à une nouvelle entreprise commerciale qui aide les supermarchés à disposer de leurs déchets organiques.

« Je pense que c’est une excellente idée », lance Gaétan Fiset, producteur de légumes de plein champ et de fleurs établi près de Québec, qui s’est associé avec la nouvelle entreprise de Montréal.

À compter du mois prochain, M. Fiset recevra chaque semaine des chargements de déchets provenant de plusieurs grandes épiceries des environs - et sera payé pour les recevoir. Ces déchets se composent entre autres de fruits et légumes blets, de pains dont la date de péremption est passée, et même de papier ciré d’emballage et de viande.

M. Fiset compostera cette matière pendant trois mois dans un hangar de compostage à trois côtés situé à l’extérieur qu’il a récemment construit à sa ferme de 52 acres, grâce à l’aide financière du ministère provincial de l’Agriculture. Il mélangera ensuite cette matière avec la terre sableuse qui recouvre en grande partie sa ferme.

« C’est un principe fantastique pour le sol », dit M. Fiset au sujet des déchets compostés. « Et si tout se passe comme prévu, je vais en recevoir beaucoup. »

Cela va sans dire, lance Michel Dufour, fondateur et président de la petite entreprise en démarrage, AZN2 Environnement, qui a mis au point et exécute ce projet.

Ancien employé d’une entreprise de compostage industriel, M. Dufour était au courant du coût financier faramineux que les supermarchés doivent assumer pour disposer de leurs déchets organiques dans des sites d’enfouissement. En outre, il savait que ces matières pourries libèrent des millions de mètres cubes de méthane dans l’atmosphère. Il était aussi au courant du fait que les producteurs agricoles disposent de l’espace et des moyens pour composter ces matières, et qu’il s’agit pour eux d’une nécessité.

« Je me suis alors dit que deux et deux font quatre », indique M. Dufour. « J’ai élaboré une idée et un modèle de fonctionnement simple dans le but d’utiliser l’infrastructure agricole qui est en place à l’échelle du Québec afin de s’attaquer à ce qui constitue un très gros problème environnemental. »

Avec l’aide d’un professeur universitaire d’administration des affaires et de capitaux de démarrage fournis par une agence locale de développement, M. Dufour a amorcé en novembre 2008 un projet pilote près de Montréal auquel ont participé une demi-douzaine de supermarchés bien connus et un producteur local.

En vertu des ententes, les supermarchés paient AZN2 Environnement pour qu’elle collecte les déchets, et AZN2 paie les producteurs pour qu’ils les compostent. En plus d’obtenir du terreau gratuit, M. Dufour affirme que les producteurs peuvent accroître leurs revenus de jusqu’à 30 000 $ par année.

Les résultats du projet pilote ont été si impressionnants, ajoute t il, qu’il a depuis obtenu la participation de chaque grande chaîne de supermarchés de la province. En plus d’accroître les activités à Montréal, M. Dufour amorcera le projet dans la région de la ville de Québec.
 
« Une fois le processus bien établi, j’aimerais accéder à d’autres marchés au Canada et aux États-Unis », indique M. Dufour. « C’est un concept gagnant. »

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3. Agrium prend de l’expansion

Le fabricant et grossiste en engrais Agrium Inc. va accroître sa part de marché dans le secteur du détail au Canada.

Agrium possède déjà une importante part de marché dans le secteur du détail aux États-Unis et est l’un des principaux producteurs canadiens d’engrais destiné à des clients nationaux et internationaux.

Agrium a aussi tenté, en vain, d’acheter le producteur d’engrais de l’Illinois CF Industries, mais ses projets ont été contrecarrés par le Conseil d’administration de l’entreprise.

La société de Calgary indique qu’elle est en train de mettre en place 33 points de vente au détail en Alberta et en Saskatchewan, sous l’appellation de Crop Production Services (Canada).

Elle a fait l’acquisition des derniers actifs commerciaux du secteur des nutriments culturaux qu’elle ne possédait pas encore auprès de cinq fournisseurs franchisés d’Engro et d’une coentreprise existante.

Les 33 points de vente au détail enregistrent des revenus annuels d’environ 162 millions de dollars, indique Agrium. Six d’entre eux sont situés dans le Sud de la Saskatchewan, et les 27 autres se trouvent en Alberta.

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4. Baisse importante de la production de cultures en Alberta

La faible germination attribuable à un printemps frais et sec, conjuguée à des conditions de sécheresse pendant la période de croissance, a entraîné d'importantes baisses de la production de grandes cultures en Alberta en 2009, d'après un récent rapport de Statistique Canada.

La production totale de grandes cultures en 2009 dans cette province s'est établie à 22,57 millions de tonnes, ce qui représente une baisse d’au moins 25 p. 100 par rapport à la récolte record de la campagne 2008, et de six pour cent par rapport à la moyenne sur dix ans.

Les baisses de production sont attribuables aux rendements moins élevés et à une superficie cultivée réduite, malgré le fait que la superficie ensemencée totale des principales grandes cultures était pratiquement inchangée par rapport à 2008, affirme Chuanliang Su, statisticien dans le domaine des cultures au ministère de l'Agriculture et du Développement rural de l'Alberta. 

La superficie cultivée a diminué d'environ 10 p. 100, en raison principalement de la récupération de cultures aux fins de la production fourragère et du pâturage du bétail, explique-t-il.

La production de blé de printemps est évaluée à 6,18 millions de tonnes, en baisse de 15 p. 100 par rapport à 2008, en raison principalement du rendement réduit. Le rendement moyen dans la province (41,1 boisseaux à l'acre) est en baisse de 13 p. 100 par rapport à l’année précédente.

La production d'orge est aussi en baisse marquée, de 29 p. 100 par rapport à 2008 et de 21 p. 100 par rapport à la moyenne de dix ans. Cette diminution est attribuable à la baisse de rendement de 13 p. 100 par rapport à 2008 et à une réduction de 19 p. 100 de la superficie récoltée.

La production d'avoine est aussi en déclin marqué, de 43 p. 100 par rapport à 2008 et de 54 p. 100 par rapport à la moyenne sur dix ans. Une réduction d'environ 40 p. 100 de la superficie récoltée explique en partie ces chiffres, étant donné que plus de la moitié de la récolte a été utilisée aux fins de la production fourragère.

Enfin, pour ce qui est du canola, même si la production est en baisse de 27 p. 100 par rapport aux volumes de 2008, elle dépasse tout de même de 14 p. 100 la moyenne sur dix ans, malgré une réduction de 13 p. 100 de la superficie récoltée. Le rendement provincial moyen a diminué de 17 p. 100 par rapport à 2008, mais demeure comparable à la moyenne de dix ans.

Pour obtenir de plus amples renseignements, rendez-vous sur le site Web du ministère de l'Agriculture et du Développement rural de l'Alberta (www.agric.gov.ab.ca) et consultez la section « Crop Statistics » (information offerte en anglais uniquement).

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5. La Commission canadienne du blé entrevoit une hausse des exportations

La Commission canadienne du blé (CCB) a augmenté ses volumes cibles pour les exportations 2009-2010 de deux millions de tonnes par rapport aux prévisions du milieu de l’été et prévoit maintenant que les exportations seront les plus élevées des 10 dernières années.

Dans son rapport annuel, la CCB annonce un volume cible de 18,7 millions de tonnes (Mt) pour ses exportations. La CCB affirme que la dernière campagne au cours de laquelle les exportations totales ont dépassé ce volume est celle de 1999-2000, où elles ont atteint 19,2 Mt.

Malgré les craintes d’une gelée meurtrière précoce, les températures élevées enregistrées en septembre ont permis d’accroître la qualité et les rendements de la récolte 2009.

« Après une saison de croissance au cours de laquelle la CCB a dû constamment réviser à la baisse ses projections concernant les volumes et la qualité à cause du temps inclément, nous sommes heureux d’adopter un solide programme d’exportation grâce à la qualité que nous sommes en mesure d’offrir », déclare Ward Weisensel, chef de l’exploitation de la CCB, dans le rapport.

Dans un communiqué, la CCB indique que le programme d’exportation de cette année vise 13,5 Mt de blé, 3,5 Mt de blé dur et 1,7 Mt d’orge. Les exportations totales d’orge comprennent jusqu’à 1,3 Mt d’orge de brasserie en vrac. Les perspectives commerciales se sont améliorées quelque peu depuis la rédaction du rapport, et plusieurs volumes cibles d’exportation pourraient être révisés à la hausse, déclare la CCB.

Toutefois, M. Weisensel note que l’écoulement de la récolte de cette année comprendra néanmoins son lot de difficulté. Le blé dur en particulier sera confronté à une surabondance de l’offre. En effet, le Conseil international des céréales (CIC) évalue maintenant que la production mondiale de blé dur atteindra le volume pratiquement inégalé de 40 millions de tonnes.

L’Afrique du Nord, la plus grande région importatrice de blé dur dans le monde, a engrangé de bonnes récoltes nationales qui ont considérablement réduit la demande de l’extérieur. Le CIC prévoit maintenant que le commerce mondial du blé dur en vrac atteindra 6,25 Mt, soit le plus faible niveau en 11 ans. La faible demande, conjuguée aux abondantes récoltes engrangées en Europe et en Amérique du Nord, a poussé les prix à la baisse.

Les prix du blé ont diminué considérablement depuis le sommet de février 2008, notamment à cause de l’abondance de l’offre et d’une concurrence féroce. Cette année, la récolte des Prairies devrait présenter, selon la CCB, une teneur en protéines inférieure à la moyenne, ce qui accentuera la pression baissière exercée sur les prix.

Les cours de l’orge brassicole ont également subi des pressions baissières, encore que l’on prévoie que les pertes de qualité observées récemment en Australie contribueront au maintien des prix et encourageront les importations de la Chine. Les marchés d’exportation d’orge fourragère sont actuellement peu attrayants par rapport au marché fourrager intérieur.

En 2009-2010, la CCB prévoit que les agriculteurs de la Saskatchewan recevront autour de 186 $ la tonne pour le blé de printemps de haute qualité, 159 $ pour le blé dur et 145 $ pour l’orge brassicole. Une mise à jour des perspectives de prix sera publiée le 28 janvier.

Le rapport annuel de la CCB est disponible en ligne à www.cwb.ca/grainmatters (en anglais uniquement).

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6. Les producteurs de graines à canaris veulent élargir leurs marchés

Elle ne figure peut-être pas parmi les cultures les mieux connues du Canada, mais la graine à canaris procure un revenu stable à de nombreux agriculteurs des Prairies, notamment en Saskatchewan.

Selon Kevin Hursh, directeur exécutif de la Canaryseed Development Commission of Saskatchewan (CDCS), la superficie cultivée actuelle est de quelque 400 000 acres, et elle pourrait s’agrandir.

« La superficie pourrait facilement s’accroître de 100 000 acres, en particulier en Saskatchewan », précise t il.

La graine à canaris pousse dans de nombreux types de sol et croît généralement sans mal du moment que le sol n’est pas sablonneux et aride. Selon M. Hursh, la graine à canaris est une culture à moisson tardive adaptée aux climats frais. Il indique qu’un retard de récolte n’entraîne pas de détérioration de la qualité et que cette culture ne requiert pas d’équipement spécial.

M. Hursh indique que le Canada produit 83 p. 100 de l’approvisionnement mondial en graines à canaris, utilisée exclusivement comme aliment des oiseaux. Statistique Canada signale qu’en 2007, le Brésil, la Belgique et le Mexique ont été les principaux acheteurs de graines à canaris du Canada.

Lors de la Crop Production Week de 2010, à Saskatoon, Mme Carol Ann Patterson de Pathfinders Research and Management Ltd. a présenté aux producteurs de graines à canaris un aperçu de l’histoire de cette culture ainsi qu’un aperçu de ses perspectives d’avenir.

La chercheuse affirme avoir découvert des preuves que la graine à canaris était autrefois consommée par les humains en Europe et au Mexique en raison de ses bienfaits médicinaux et de ses avantages pour la santé. Toutefois, ajoute-t-elle, des renseignements non scientifiques ne suffisent pas pour faire accepter ces graines de céréales, qui proviendraient, croit-on, des îles Canaries, comme un aliment salubre pour les humains en Amérique du Nord.

Avant de pouvoir entreprendre la commercialisation de la graine à canaris comme aliment pour les humains, la CDSC doit d’abord obtenir l’approbation de Santé Canada, ce qui nécessite des années d’analyse pour garantir que cette culture satisfait à tous les critères et à toutes les dispositions réglementaires de la Loi sur les aliments et drogues du Canada.

« Nous avons entrepris le processus à l’automne 2008 », indique Mme Patterson. « En mai 2009, nous avions terminé la première série d’analyses. En 2010, d’autres analyses seront effectuées. Ensuite, nous présenterons un dossier détaillé », dit la chercheuse, qui ajoute que ce dossier ne sera que l’un des nombreux à être présentés.

La petite graine à canaris, de couleur grise ou jaune, s’apparente à la graine de lin, mais l’objectif de la recherche est de mettre au point un produit d’une couleur jaune uniforme pour remplacer la graine de sésame.

« La graine de sésame est une graine oléagineuse dont la teneur en huile varie de 40 à 50 p. 100 », indique Mme Patterson. Par comparaison, note-t-elle, la graine à canaris a une teneur en huile inférieure à 10 p. 100.

Elle ajoute que la graine à canaris constitue une solution de rechange saine. M. Hursh partage cet avis, et souligne que la graine de couleur jaune en particulier a une apparence aussi attrayante que la graine de sésame importée.

Mme Patterson et la commission sont impatientes d’obtenir l’approbation de Santé Canada en ce qui a trait à la graine à canaris. Les producteurs devront alors décider s’il y a lieu de la renommer pour garantir la possibilité de sa commercialisation.

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7. Entente de crédit proposée

La plus grande exploitation porcine de la Saskatchewan a obtenu l'agrément du tribunal relativement à un plan visant à rembourser une partie de sa dette à ses créanciers non garantis.

La société Big Sky Farms, dont la dette estimative s’élève à quelque 113 millions de dollars, s'est placée sous la protection contre les créanciers en novembre 2009. Le ralentissement prolongé sur les marchés du porc, le coût élevé des céréales fourragères, la vigueur du dollar canadien, la récession mondiale et l'association avec le virus de la grippe H1N1 ont tous des facteurs ayant contribué au déficit persistant de l'entreprise.

« Notre plan tient réellement compte de tous nos créanciers non garantis », explique Casey Smit, président-directeur général de Big Sky Farms.

M. Smit a confirmé que les réclamations des créanciers non garantis s'élèvent à environ 32 millions de dollars. Le groupe de créanciers non garantis comprend de nombreux producteurs qui ont livré des céréales fourragères à l’exploitation d'élevage de porcs peu de temps avant l'annonce de l'obtention de la protection contre les créanciers.

En vertu du plan, les créanciers non garantis dont la réclamation est inférieure à 4 000 $ peuvent recevoir 99 p. 100 de la somme qui leur est due. Ceux dont les réclamations dépassent 4 000 $ peuvent obtenir soit
4 000 $, soit 10 p. 100 de leur créance.

« La somme de 4 000 $ s'applique à un grand nombre de nos fournisseurs et nous estimons que (ce plan d'indemnisation) constitue la meilleure façon de régler cette question », fait valoir M. Smit.

M. Smit reconnaît que de nombreux producteurs ayant de grosses factures impayées d'aliments pour animaux ne seront pas très heureux de recevoir 10 cents pour chaque dollar de créance.

« Alternativement, si aucun paiement n’était fait, peu importe le montant, ou si Big Sky Farms n’était plus en mesure de fonctionner dans les communautés où elle œuvre actuellement, personne n’y gagnerait », explique-t-il.

Rob Carlson trouve l'ensemble du processus frustrant. Big Sky Farms doit à ce producteur de Preeceville, en Saskatchewan, la somme de 47 000 $ pour des céréales fourragères qu'il a livrées quelques jours avant l'annonce de la protection contre les créanciers.

« Ce n'est pas ce que nous espérions, mais c'est à cela que je m'attendais », indique M. Carlson, qui se demande aussi pourquoi l'entreprise n'offre pas tout simplement un niveau uniforme d'indemnisation à tous ses créanciers non garantis.

« Si nous recevons 10 p. 100, tous les autres créanciers devraient aussi recevoir 10 p. 100.

Des trousses d'information apportant des précisions sur cette offre sont en ce moment distribuées aux créanciers non garantis, et un vote sur ce plan est prévu le 8 février à Saskatoon.

« Par principe, je vais voter contre cette offre », affirme M. Carlson.

Pour que le plan soit adopté, il doit être approuvé par au moins 50 p. 100 des créanciers non garantis, et les votes en faveur de l'offre doivent représenter les deux tiers du montant dû.

« Nous avons bon espoir d'obtenir ce résultat, avance M. Smit. Nous croyons que nous bénéficions de l'appui majoritaire de nos fournisseurs. »

M. Smit est aussi convaincu Big Sky Farms retrouvera bientôt le chemin de la rentabilité.

« Les marchés du porc commencent vraiment à afficher des signes encourageants. En fait, nous commençons même à voir des exploitations atteindre le seuil de rentabilité à l'heure actuelle, et nous prévoyons qu'elles réaliseront des bénéfices d'ici la fin de ce trimestre. »

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8. Publication des chiffres sur la production de sirop d’érable et la production de miel

Le Canada a produit des volumes record de sirop d’érable en 2009, rapporte Statistique Canada. Toutefois, au cours de la même campagne, les niveaux de production de miel ont diminué.

L’année dernière, les exploitants canadiens ont produit un sommet inégalé de 9,1 millions de gallons de sirop d’érable, en hausse de 4,2 millions de gallons (85,7 p. 100) par rapport à 2008. Cette augmentation a été principalement attribuable à des conditions climatiques favorables. Le volume produit en 2009 a dépassé le record précédent de 7,3 millions de gallons atteint en 2000.

La valeur totale de la récolte de sirop d’érable de 2009 s’est établie à 353,8 millions de dollars, en hausse de 141,9 millions de dollars, ou de deux tiers, comparativement à 2008.

Le Québec, d’où provient plus de 90 p. 100 de la production canadienne de sirop d’érable, a produit 8,3 millions de gallons de sirop en 2009, soit 3,8 millions de gallons de plus qu’en 2008. En 2009, le prix du sirop d’érable était de 36,92 $ le gallon au Québec, en baisse de 5,14 $ par rapport à 2008 (42,06 $ le gallon).

Statistique Canada a aussi publié les derniers chiffres sur la production de miel. On apprend ainsi que les apiculteurs canadiens ont produit 64,8 millions de livres de miel en 2009, ce qui représente une légère baisse par rapport à la production de 2008 (64,9 millions de livres). Les rendements ont chuté légèrement, de 116 livres de miel par colonie en 2008 à 115 livres cette année.

En 2009, 6 728 personnes ont mené des activités apicoles commerciales, soit 200 de moins qu’en 2008. Toutefois, elles ont exploité 576 000 ruches, soit 5 600 de plus qu’en 2008. La valeur totale du miel produit en 2008 s’est chiffrée à 105,2 millions de dollars, en hausse de 20,3 millions de dollars, ou de 23,9 p. 100, par rapport à 2007.

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9. Analyse du marché - Un rapport du département de l’Agriculture des États-Unis entraîne des pressions sur les marchés agricoles

Le mardi 12 janvier, les marchés des céréales et des oléagineux des États-Unis, qui dictent la tendance, ont été confrontés à une dure réalité.

Pendant des semaines, les indicateurs fondamentaux de l’offre ne laissaient entrevoir aucune pénurie dans les principaux marchés des produits agricoles de base, et, dans certains cas, comme le marché du blé, ils ont indiqué à maintes reprises un accroissement des stocks vers des niveaux difficiles à soutenir.

Aujourd’hui, la réalité a frappé durement les marchés et a renversé la vague positive de soutien sous-jacent (et quelque peu artificiel) fourni par la collectivité des spéculateurs dans les marchés des produits agricoles de base.

Les discussions au sujet du commerce agricole mondial cette semaine ont porté principalement sur la publication des chiffres du département de l’Agriculture des États-Unis (USDA), mardi, sur la production, l’offre et la demande et les stocks. Ce rapport a provoqué un brusque cycle de liquidation dans l’ensemble du secteur des céréales et des oléagineux.

Mardi, le marché du maïs aux États-Unis a entraîné le secteur à la baisse, la limite des échanges quotidiens du maïs ayant chuté de 30 cents. Pendant ce temps, le soja a aussi perdu 30 cents le boisseau et le blé, plus de 30 cents.

Le mouvement à la baisse des prix à terme du maïs par rapport à la limite inférieure bloquée est une réaction aux estimations beaucoup plus élevées que prévues de l’USDA au sujet de la production de maïs aux États-Unis.

Les négociants s’attendaient à ce que l’USDA revoie à la baisse ses estimations de la production en raison des retards persistants au chapitre de la récolte qui font en sorte qu’une proportion accrue des cultures de maïs risque d’accuser une baisse de rendement. Mais dans les faits, l’USDA a révisé ses projections à la hausse – et de beaucoup – soit 230 millions de boisseaux, ce qui établit un nouveau record de tous les temps de 13,151 milliards de boisseaux.

L’USDA n’a pas abaissé ses prévisions concernant la superficie cultivée, mais les a plutôt rehaussées d’un maigre 0,3 million d’acres. Les rendements ont aussi été révisés à la hausse, de pas moins de 2,3 boisseaux l’acre, et s’établissent à 165,2 boisseaux l’acre.

C’est renversant si l’on tient compte du fait qu’une récolte record a été produite dans des conditions pénibles cette année, des retards d’ensemencement causés par le printemps humide aux retards de récolte du maïs causés par un automne pluvieux. Ce résultat vient appuyer les progrès réalisés de nos jours grâce à l’amélioration génétique des variétés et leur résistance accrue aux conditions de croissance difficiles.

Toutefois, cette récolte abondante ne s’est traduite que par une augmentation modérée des prévisions des stocks en fin de campagne 2009-2010.

La question de l’utilisation du maïs sera aussi remise en cause. En effet, dans ce rapport, l’USDA prévoit une augmentation d’environ 150 millions de boisseaux de la consommation fourragère aux États-Unis.

Quelque chose semble clocher dans ce portrait, si l’on tient compte du fait que les stocks de maïs au 1er décembre aux États-Unis dépassaient les attentes de 270 millions de boisseaux. De plus, l’USDA n’a pas modifié ses estimations concernant les exportations de maïs des États-Unis en 2009-2010, maintenues à 2,05 milliards de boisseaux, malgré le fait que le rythme actuel des exportations est largement inférieur au rythme hebdomadaire moyen nécessaire pour atteindre ce volume cible.

Dans ce contexte, l’augmentation des stocks de maïs aux États-Unis en 2009-2010 à 1,76 milliard de boisseaux (une augmentation de 89 millions de boisseaux par rapport aux estimations publiées en décembre) n’est en soi pas importante d’un point de vue statistique. Toutefois, si l’on tient compte du fait que les prévisions concernant l’utilisation du blé sont peut-être surestimées et de la perspective d’une superficie de maïs accrue aux États-Unis en 2010, on peut s’attendre à ce que les prix suivent une tendance baissière plutôt que haussière.

Tous ces indicateurs nous signalent la possibilité que les prix continuent de fléchir dans l’immédiat. Les chiffres publiés mardi procurent une protection fondamentale propice à ce qu’un tel déclin des prix évolue.

Soja
L’USDA a aussi revu à la hausse la taille de la récolte de soja aux États-Unis dans son rapport. Cette révision n’est pas vraiment contraire aux attentes du marché, mais elle confirme qu’en 2009, les producteurs américains ont engrangé la plus abondante récolte de soja de l’histoire des États-Unis.

Les estimations de la demande ont été rehaussées, comme prévu, pour tenir compte de la croissance de l’activité de trituration et des exportations. Les stocks en fin de campagne ont été réduits à 245 millions de boisseaux (en baisse de 10 millions), ce qui, du point de vue statistique, ne fait aucune différence.

Néanmoins, le marché à terme du soja à Chicago s’est contracté, atteignant un creux inégalé en deux mois sous l’effet des perspectives de production pessimistes de l’USDA. Les détenteurs de fonds spéculatifs ont été des vendeurs énergiques à l’échelle du complexe de soja.

La production record aux États-Unis, la révision à la hausse des prévisions concernant la récolte en Amérique du Sud et la menace d’une demande d’exportation réduite de la Chine ont été des facteurs baissiers responsables du déclin des prix.

La faiblesse qui découle de la contraction des prix à terme du maïs en deçà de la limite des échanges quotidiens s’ajoute à l’attitude défensive, en ce sens qu’elle décourage les acheteurs d’agir pendant que la tendance est à la baisse.

La demande dans le complexe mondial des oléagineux demeure forte, ce qui ne donne pas une grande marge de manœuvre en cas de menace pour la récolte en 2010. Cependant, aucune culture n’est menacée à l’heure actuelle.

Dans l’ensemble, les prix évolueront selon une tendance latérale en 2010, jusqu’à ce que de nouveaux facteurs fondamentaux entrent en jeu. Les dernières données baissières et les graphiques négatifs donnent à penser que le récent sommet de 10,70 $ le boisseau aux contrats à terme du soja à échéance rapprochée est assez élevé. Mais pour l’instant, la tendance actuelle indique une fluctuation baissière vers la tranche inférieure des 9 $ le boisseau.

Blé
Il ne faut pas non plus passer sous silence les marchés du blé aux États-Unis, qui ont aussi été entraînés à la baisse sous l’effet de la chute des prix à terme du maïs, ainsi que des données pessimistes sur le blé publiées par l’USDA.

Les données de l’USDA n’étaient pas encourageantes pour le blé, le département ayant relevé ses estimations des stocks en fin de campagne aux États-Unis et dans le monde, et revu à la baisse ses prévisions concernant les exportations de blé des États-Unis. La demande d’exportation a fléchi en raison de la forte concurrence extérieure dans ce secteur, et parce que les prix du blé des États-Unis sont considérés comme trop élevés.

Il est vrai que les ensemencements de blé d’hiver aux États-Unis ont été inférieurs aux attentes, mais l’abondance des stocks mondiaux procure une bonne protection contre ce déclin. Cela a atténué l’effet haussier des estimations relatives aux ensemencements.

Dans le rapport sur les ensemencements de blé d’hiver, les négociants s’attendent dans une vaste proportion à une réduction marquée de la superficie de blé d’hiver. Cependant, la régression de la superficie consacrée aux variétés d’hiver aux États-Unis (blé roux de printemps et blé de force roux) est plus importante que prévu – elle a diminué à 37,1 millions d’acres, alors que le marché s’attendait à 40,9 millions et que la superficie de la dernière campagne était de 43,3 millions d’acres.

Toutefois, malgré la réduction de la superficie, l’offre de blé aux États-Unis demeure vraiment excessive. Les stocks de blé en fin de campagne 2009-2010 aux États-Unis ont été relevés de 76 millions de boisseaux et s’établissent à 976 millions de boisseaux – ce qui correspond à un ratio stocks-utilisation contraignant de 49 p. 100.

Sur la scène mondiale, les stocks mondiaux de blé ont bondi à 195,6 millions de tonnes, en hausse de 4,7 millions de tonnes par rapport aux estimations du mois dernier. Il s’agit d’un bond impressionnant de 32 millions de tonnes par rapport à 2008-2009, et, si la tendance se maintient, les volumes de blé s’amplifieront à chaque rapport de l’USDA. Les stocks mondiaux approchent des volumes surabondants atteints il y a dix ans, où ils se situaient entre 200 et 205 millions de tonnes.

Mike Jubinville de Pro Farmer Canada offre de l’information sur les marchés des produits et les stratégies de marketing. Téléphoner au 204 654 4290 ou se rendre à l’adresse http://www.pfcanada.com pour en savoir plus au sujet des services qu’il offre.

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