Il est inhabituel de voir de la machinerie agricole à l'œuvre dans des champs au Manitoba à la fin de novembre, mais c'est exactement ce qui s'est produit cette année.
Des conditions fraîches et humides ont prévalu pendant la période de croissance au Manitoba, faisant craindre une baisse marquée des rendements de la majorité des cultures. Mais ces craintes se sont dissipées grâce à l'automne exceptionnellement doux qui a succédé à l'été pluvieux.
Les producteurs de pommes de terre, en particulier ceux qui ont signé des contrats avec des transformateurs, ont été aussi soulagés que les autres au moment où ils se préparaient à récolter quelque 79 000 acres ensemencées au printemps.
Tom Gonsalves, spécialiste en développement des entreprises –secteur de la pomme de terre, au ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Initiatives rurales du Manitoba, indique que son ministère estime que la superficie cultivée est réduite d'environ 2 000 acres par rapport aux années précédentes.
Le gel survenu au début d'octobre a interrompu la récolte alors qu'il restait environ 1 000 acres à récolter. Malgré l'aggravation de la situation pendant l'été, la récolte a été de l'ordre de 275 quintaux à l'acre, ce qui a plus que rectifié les problèmes.
Le temps doux a aussi permis d'améliorer la teneur en eau et la couleur des pommes de terre, deux caractéristiques importantes pour les transformateurs.
M. Gonsalves explique qu'en 2002, ces mêmes champs n'ont pas produit beaucoup plus que 230 quintaux à l'acre.
« L'augmentation observée cette année est attribuable à l'engagement des agriculteurs sur le plan de la productivité », indique-t-il. Donc, même si le nombre d'acres en production a légèrement diminué au fil des ans, la récolte répond à la demande du marché.
Les pommes de terre de consommation s'en sont aussi bien tirées. Tom Whitmore, vice-président de Peak of the Market, l'office de commercialisation des légumes du Manitoba, affirme que dans l'ensemble la récolte a été bonne. Il ajoute que la production a diminué de cinq pour cent par rapport à la récolte record de 2008-2009, mais que c'est signe d'un retour à une production quasi normale et non pas d'une pénurie.
Le principal problème a été le temps doux enregistré en septembre, qui a réchauffé les pommes de terre dans le sol.
« Lorsqu'on entrepose les pommes de terre, il faut qu'elles soient froides pour cesser de croître. Or, cette année, elles étaient tièdes », dit M. Whitmore.
Toutefois, il n'est pas vraiment survenu d'autres problèmes pendant la récolte.
« De façon générale, la qualité est bonne, mais le pourcentage de pommes de terre ayant obtenu le grade numéro 2 est un peu plus élevé qu'à l'habitude. La couleur ne pose pas problème pour ce qui est des pommes de terre de consommation », indique-t-il.
Des pertes éventuelles de pommes de terre de consommation sont possibles en raison du gel survenu en octobre, mais M. Whitmore indique que la seule façon de déterminer ces pertes est d'attendre de voir quelle proportion de pommes de terres a été endommagée lorsqu’elles auront été entreposées.
Peak of the Market ne doute pas de sa capacité à maintenir un approvisionnement soutenu pour ses clients.
« Nous serons en mesure d'en expédier pendant les 12 mois de l'année, comme d'habitude », assure M. Whitmore.



