Le marché surveille de plus en plus près les enjeux liés aux conditions météorologiques dans les Prairies.
Les températures plus fraîches que la normale à l'échelle des Prairies – conjuguées aux conditions de sécheresse enregistrées dans l'Ouest et aux conditions d'humidité enregistrées dans l'Est – exercent une certaine pression sur le marché parce qu'elles donnent à penser que le rendement éventuel en 2009 est peut-être déjà compromis. De plus, une gelée survenue dans le Centre de l'Alberta et de la Saskatchewan dans la nuit de lundi à mardi a capté l'attention des négociants.
Les températures minimales ont atteint de nouveaux records dans quelques régions productrices de céréales et d'oléagineux de l'Alberta cette nuit-là. Je soupçonne que les dommages éventuels sont limités pour les cultures oléagineuses et céréalières, mais il est difficile d'avancer des chiffres à l'heure actuelle. Les conditions météorologiques continuent toutefois de susciter des préoccupations croissantes, notamment si les conditions actuelles persistent dans les différentes régions désignées à risque.
La société Planalytics prévoit un été frais pour les régions de Northern Plains et du Midwest des États-Unis, prévision qui englobe probablement aussi la région au Nord, soit le Canada.
Cette entreprise du domaine des prévisions météorologiques surveille de près deux situations qui donnent un avant-goût de ce que nous réserve l'été : le passage de La Niña à El Niño et l'éruption majeure d'un volcan situé dans l'hémisphère Nord, le Mont Redoubt, en Alaska, à la fin mars. Planalytics indique que ces deux facteurs donnent à penser que l'été sera plus frais que la normale à l'échelle de l'Amérique du Nord.
L'entreprise mentionne que les cycles des taches solaires sont un autre facteur qui influence les perspectives pour l'été. Des éruptions solaires (déploiements d'énergie ou éjections de matière coronale du soleil) tendent à se produire autour ou à proximité des taches solaires.
L'entreprise rapporte que l'activité du soleil a été très faible ces deux dernières années et qu'on a observé peu de taches solaires. En fait, indique Planalytics, il faudrait remonter au XVIIe et au XIXe siècle pour trouver une période semblable où les taches solaires étaient encore plus rares. Selon Planalytics, la température sur Terre était plus fraîche pendant ces périodes antérieures de relative inactivité solaire.
Il est toutefois encore beaucoup trop tôt pour s'en préoccuper. Mais si le développement végétatif demeure plus lent que la normale parce que le temps est frais cet été, les cultures au Canada et aux États-Unis risquent d'être plus vulnérables au gel à la fin de la saison. Et de fait, la relative inactivité des taches solaires annonce des températures non pas plus chaudes, mais bien plus fraîches cet été et au début de l'automne.
Précipitations
L'absence de précipitations dans les régions à l'ouest du Centre de la Saskatchewan et dans certaines régions du Centre de l'Alberta a déjà refroidi l'optimisme quant aux perspectives de production pour 2009. Le manque d'humidité annoncé dans les prévisions à court terme assombrit aussi les perspectives de récolte.
« Certaines des régions en question n'ont pas reçu de précipitations importantes depuis la fin de la dernière période de croissance », affirme Bruce Burnett, directeur du Service de météorologie et de surveillance des récoltes de la Commission canadienne du blé (CCB). « En gros, les précipitations ont été nulles pendant l'automne, l'hiver et le début du printemps. »
M. Burnett indique qu'il est très important que ces régions reçoivent un peu de pluie bientôt afin que les cultures lèvent et se mettent à croître. D'après les cartes de précipitations fournies par Agriculture Canada, moins de de 40 p. 100 des précipitations normales sont tombées sur les régions les plus sèches allant de la Saskatchewan à la moitié inférieure de l'Alberta entre le 1er avril et le 31 mai.
La région ouest de la Saskatchewan et le reste des régions de l'Alberta ont reçu de maigres précipitations, variant de 40 à 60 p. 100 des précipitations normales. Les cartes d'Agriculture Canada pour la période allant du 1er septembre 2008 au 28 mai 2009 indiquent une sécheresse record dans la région qui s'étend le long de la frontière entre l'Alberta et la Saskatchewan, dans les régions centrales de ces provinces. Les précipitations dans les régions entourant les secteurs où la sécheresse atteint des records sont aussi très faibles. La carte indique des précipitations de moins de 10 p. 100 de la normale.
« Les producteurs ont déjà commencé à constater les effets de l'absence de pluie dans ces régions, notamment la levée très inégale des cultures », dit M. Burnett.
En outre, les températures au cours de la semaine dernière se sont nettement réchauffées dans ces régions, épuisant les dernières réserves d'humidité du sol.
Les régions voisines des secteurs souffrant du manque de pluie commencent aussi à susciter beaucoup de préoccupations, indique M. Burnett.
« Certaines des régions avoisinantes jouissaient de réserves d'humidité du sous-sol suffisantes, mais compte tenu de la hausse des températures et de l'absence de pluie abondante, ces réserves d'eau sont en train de s'épuiser rapidement », affirme M. Burnett. « Maintenant, l'Ouest de la Saskatchewan et l'Alberta ont un urgent besoin de pluie. »
Mike Jubinville de Pro Farmer Canada offre de l'information sur les marchés des produits et les stratégies de marketing. Téléphoner au 204 654 4290 ou se rendre à l'adresse http://www.pfcanada.com pour en savoir plus au sujet des services qu'il offre.