Comment réduirre votre facture de carburant diesel

Par Kevin Hursh

Bien que le coût de l'engrais et des produits de protection pour les grandes cultures soient en fait plus élevés, par acre, que celui du carburant diesel, c'est de ce dernier dont on peut réduire la consommation sans que cela affecte la production.

Quand le diesel coûtait moins de 40 ¢ le litre, cela n'aurait pas paru aussi important. Au triple de ce prix, cela le devient beaucoup plus.

La façon la plus évidente de réduire la consommation de diesel est de réduire le nombre d'opérations dans les champs.

Dans de nombreuses régions du pays, la fertilisation et l'ensemencement en une seule étape sont devenus la norme. L'engrais, qu'il soit sous forme sèche, liquide ou anhydre, ou une combinaison de ces différentes formes, est répandu sur la terre en même temps que la semence.

Dans les Prairies, procéder à l'andainage avant le moissonnage était chose courante. Au cours des deux dernières décennies, un grand nombre de producteurs ont adopté le moissonnage direct et ont éliminé l'andainage, la plupart du temps et pour la plupart des cultures.

Le canola est l'exception notoire. Bien que différentes machines soient à l'essai pour en faciliter le moissonnage direct, la grande majorité des superficies consacrées au canola est encore andainée pour éviter d'importantes pertes dues aux cosses mûres qui se brisent et laissent échapper les graines.

Ces dernières années ont vu une révolution dans l'utilisation des systèmes GPS et de la conduite automatisée. Lorsqu'on compare le coût des intrants à celui de la conduite automatisée, cette dernière représente une bonne affaire. Certains producteurs optent pour les systèmes qui se branchent directement sur la servodirection, alors que d'autres préfèrent les systèmes qui contrôlent le volant et qui peuvent être facilement retirés du tracteur pour être placés sur le pulvérisateur enjambeur ou la moissonneuse-batteuse.

Réduire les chevauchements permet de réduire l'utilisation d'engrais, de produits chimiques et de semences. Cela veut également dire moins de passages dans les champs pour effectuer le travail, ce qui réduit la consommation en carburant diesel.

Beaucoup de producteurs propriétaires de grandes superficies de terre utilisent la conduite automatisée depuis plusieurs années. Le prix de cette technologie, comparé aux économies qu'elle permet de réaliser, la rend plus maintenant attirante pour la plupart des producteurs de cultures commerciales.

Quelles sont les différences en matière de consommation de diesel entre les différents tracteurs, moissonneuses-batteuses et pulvérisateurs-enjambeurs? Peut-on faire des économies de carburant en choisissant une marque et un modèle particuliers ou en changeant sa machinerie pour des modèles plus récents?

En bref, la réponse est « oui », cela peut représenter des économies. Toutefois, en pratique, il existe beaucoup d'autres facteurs qui risquent davantage d'influencer le genre de tracteur ou de moissonneuse-batteuse que l'on veut utiliser.

Aucuns résultats de tests indépendants ne sont publiés pour les différentes marques et modèles de moissonneusesbatteuses et de pulvérisateurs-enjambeurs. Le Nebraska Tractor Test Laboratory, un laboratoire qui teste les tracteurs aux États-Unis, a une longue histoire qui remonte aux années 1920.

On y mesure la prise de force en cheval-puissance. Pour les tracteurs de plus de 100 chevaux, on mesure la puissance de traction de la barre d'attelage. On évalue également la capacité de chargement de l'attelage trois points ainsi que la performance des systèmes hydrauliques à distance. La puissance, la performance et la consommation de carburant du moteur sont évaluées à différentes vitesses.

David Morgan, directeur adjoint du Nebraska Tractor Test Laboratory, affirme que ce qui intéresse le plus les producteurs sont les statistiques relatives à la puissance de la machinerie plutôt que sa consommation en carburant.

M. Morgan mentionne que la loyauté à une certaine marque ou à un concessionnaire, la disponibilité des services, le prix d'achat et la valeur à l'échange à laquelle s'attend le client sont, pour la plupart des producteurs, des facteurs beaucoup plus importants que la consommation en carburant lorsqu'ils achètent un tracteur.

« Les clients portent plus d'attention au coût en carburant et l'on peut comparer ces coûts dans nos rapports sur les tests effectués pour les tracteurs de puissance comparable », explique M. Morgan. Il affirme, toutefois, que les différences en consommation de carburant entre tracteurs ne sont généralement pas suffisantes pour l'emporter sur tous les autres facteurs dans la décision d'achat.

« Les résultats des tests montrent les avantages de passer à une vitesse supérieure et de réduire les gaz », fait remarquer M. Morgan. « Certains tracteurs sont plus efficaces que d'autres quand on réduit la vitesse de rotation du moteur. »

On peut avoir accès gratuitement à tous les résultats des tests effectués par le laboratoire depuis 1998 en consultant son site Web à tractortestlab.unl.edu. (en anglais seulement). Pour un prix modique, on peut également se procurer des tests plus anciens sur document papier. Le laboratoire essaie de rendre possible l'accès électronique à ses anciens rapports.

Gordon Kent, professeur adjoint en génie agricole et ressources biologiques à l'Université de la Saskatchewan, est d'accord avec ce qu'affirme M. Morgan. En plus d'enseigner la gestion de l'équipement agricole, M. Kent cultive des terres près de Riverhurst, en Saskatchewan.

« L'économie en carburant n'est généralement pas une bonne raison pour changer de tracteur », explique M. Kent. Il n'y a pas vraiment de grande différence en économie de carburant entre les nouveaux et les anciens tracteurs du moment que ces derniers sont en bon état.

« Si un tracteur fume, c'est qu'il a généralement un gros problème de carburant. Les tracteurs modernes ne devraient pas fumer, même à pleine puissance. »

Bien que la plupart des tracteurs de même puissance se valent en matière de consommation de carburant, M. Kent fait remarquer qu'il existe de grandes différences dans la résistance à la traction des diverses pièces d'équipement, en d'autres mots, dans la force de traction nécessaire pour les tirer. Cela est particulièrement vrai pour les semeuses. Malheureusement, l'information utile à ce sujet peut être difficile à obtenir et à analyser.

Les différentes pièces d'équipement de labour peuvent offrir une résistance entièrement différente à la traction. Cela est souvent caché par la puissance en chevaux requise pour tirer l'équipement, pour tirer le chariot à air rempli de semences et d'engrais ainsi que pour faire fonctionner le ventilateur hydraulique qui sert à répandre les semences et l'engrais.

Si l'on combine tout cela aux différents types de terres, à la quantité variable d'humidité selon les conditions atmosphériques et à la différente topographie que l'on rencontre d'un champ à l'autre, il peut être difficile pour les producteurs de savoir si un semoir nécessite plus de chevaux-puissance qu'un autre.

Cela nous ramène donc à la façon la plus sûre de réduire la facture de carburant. Choisissez bien l'équipement et faites en sorte qu'il soit toujours bien réglé et entretenu pour minimiser la résistance de traction. Réduisez,autant que possible, le nombre de passages dans les champs et utilisez les systèmes de direction automatisés pour éliminer les chevauchements et faire en sorte que l'équipement se déplace en ligne droite.

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