Quitter la maison peut être le meilleur moyen d'apprendre

Par Mark Cardwell

Bien qu’il ait passé son enfance dans une exploitation spécialisée dans l’élevage de ponte, Emmanuel Destrijker affirme que l’idée d’être propriétaire d’une enterprise avicole ne lui a traversé l’esprit qu’après avoir terminé ses études et quitté le domicile familial.

« Je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire dans la vie », se souvient l’aviculteur québécois de 34 ans. « J’ai donc decide de voyager et de travailler en prenant des employs liés à l’agriculture. »

C’est en faisant les vendanges en France et en travaillant dans une pisciculture au Québec qu’il a découvert sa passion pour l’agriculture.

Cette passion n’a fait qu’augmenter lorsqu’il a suivi des cours spécialisés en gestion agricole dans un college d’agriculture. Ces cours l’ont aidé à se décider à se lancer en aviculture. « Ça allait de soi, dit-il, parce que c’est un secteur que je connaissais plutôt bien. »

Les poulettes avaient toujours fait partie de la vie du jeune Belge d’origine. À sa première visite au Canada à l’âge de cinq ans, il a passé la majeure partie de son temps dans une ferme de pondeuses près de Montréal appartenant à des amis de la famille. « Pendant le voyage, mes parents sont tombés amoureux du Canada. De retour en Belgique, ils ont tout vendu et 10 mois plus tard, nous avons déménagé au Canada. »

La famille Destrijker a acheté une exploitation comptant 28 000 pondeuses à Saint-Ludger, un village agricole près de Québec. Aîné d’une famille comptant trois enfants,

Emmanuel a passé la plupart des matins et des fins de semaine de son enfance à ramasser et à emballer les œufs pour l’entreprise familiale.

C’est l’expérience acquise au sein de l’exploitation avicole de sa famille qui a fait qu’Emmanuel a eu une idée novatrice pour créer sa propre entreprise, ses parents étant encore trop jeunes pour prendre leur retraite.

« Mes parents ont toujours eu de la difficulté à obtenir des pondeuses d’une seule et même source », explique-t-il. « J’ai donc pensé que je pourrais élever des poulettes en vue de les approvisionner. »

Grâce à l’appui financier de ses parents, Emmanuel a acheté une terre à bois de 425 acres près de Plessisville, soit à 90 minutes en voiture de la ferme familiale. Il y a construit un bâtiment pour élever les poulettes nouvellement nées jusqu’à l’âge de 20 semaines, âge où elles commencent habituellement à pondre. En janvier 2002, il a reçu la première des deux cargaisons de 54 000 poulettes d’un jour qu’il reçoit chaque année.

Il y a trois ans, Emmanuel a ajouté 22 500 pondeuses à son exploitation, ainsi qu’une facette production et vente d’œufs.

En plus d’avoir établi une entreprise prospère, Emmanuel consacre de nombreuses heures à la promotion de l’agriculture et à la mise au point d’outils pour aider les jeunes producteurs. « C’est facile de rester chez soi et de critiquer », Remarque Emmanuel, ancien président de la Fédération de la relève agricole du Québec et fondateur et président actuel de l’association des éleveurs de poulettes du Québec, fondée il y a à peine deux ans.« Pour ma part, j’aime contribuer à bâtir des choses qui aideront les producteurs et notre industrie. »

Il attribue sa réussite en tant qu’entrepreneur et sa fibre d’activiste tant à la manière dont il a été élevé qu’à son départ de la maison. « Ça m’a vraiment ouvert les yeux sur le monde et sur l’agriculture », dit Emmanuel Destrijker, maintenant père de jeunes enfants. « Je recommande fortement à quiconque ayant grandi à la ferme d’aller voir ce qui se fait

ailleurs pendant quelques années, avant d’y retourner. Sinon, tout ce qu’on connaît c’est son exploitation et sa manière de faire les choses »

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