AgriSuccès
Le mouvement en faveur des produits alimentaires locaux se généralise
Par Allison Finnamore
Une des tendances les plus marquées dans la commercialisation des produits alimentaires, ces derniers temps, est le mouvement en faveur des produits alimentaires locaux vantant les avantages d’acheter des produits agricoles de provenance locale. Cette tendance s’étend, maintenant, à presque tous les secteurs.
Les tactiques de commercialisation prennent différentes formes. Certains programmes font ressortir les grandes distances parcourues avant que les aliments n’atteignent l’assiette des consommateurs alors que d’autres mettent l’accent sur les avantages économiques et sanitaires d’acheter des aliments produits localement.
Ces tactiques semblent fonctionner. Selon Mike Schreiner, vice-président de Local Food Plus, organisme en faveur des produits alimentaires locaux situé en Ontario, ces statistiques montrent que la tendance des consommateurs à préférer l’éco-alimentation a augmenté de 92 p. cent depuis le début de 2007.
« Ce qui pour moi est évident, c’est que le mouvement en faveur des produits alimentaires locaux s’est généralisé », affirme M. Schreiner.
En faisant remarquer aux consommateurs que le soutien apporté aux produits alimentaires locaux bénéficie à l’agriculture et à l’économie locales, tout en protégeant les terres agricoles, M. Schreiner dit que cela crée une combinaison gagnante pour les producteurs. De plus, les programmes locaux en faveur des produits alimentaires de la région doivent bien faire ressortir que les aliments achetés dans les exploitations agricoles locales ne sont souvent pas plus chers et sont de meilleure qualité que les aliments qui viennent d’ailleurs. Les prix sont souvent la raison que l’on donne pour expliquer pourquoi les consommateurs se tournent vers les aliments importés, mais M. Schreiner dit qu’ils sont maintenant prêts à payer plus cher.
« Ce que veulent tout d’abord les consommateurs est une nourriture d’origine sûre. Les gens veulent de l’authenticité et ils votent avec leurs dollars », déclare-t-il.
Bien que cela crée l’occasion de changer une bonne partie de l’agriculture en un « marché à la recherche de l’excellence », M. Schreiner reconnaît les réalités auxquelles les producteurs font face. Il est difficile de concurrencer les pays exportateurs d’aliments avantagés par des salaires moins élevés, mais il maintient que les consommateurs sont prêts à la transition vers les produits locaux.
« Les consommateurs sont prêts à payer plus cher pour des produits qui reflètent leurs valeurs », dit M. Schreiner, en ajoutant que si les pratiques agricoles pour les aliments locaux conviennent aux résidents des alentours, les consommateurs soutiendront cette initiative.
M. Schreiner pense que cet intérêt accru va atteindre un plateau et qu’il va s’y tenir.
« Nous sommes en train de connaître une augmentation en flèche de l’intérêt des consommateurs qui deviendra bientôt la nouvelle norme », affirme-t-il.
En 1999, Bob Kerr et son équipe ont décidé de vouer leur production aux marchés locaux. La raison? Les revenus de son exploitation, générés par les produits obtenus au moyen de pratiques agricoles traditionnelles, étaient en déclin. Il a compris le besoin de trouver un marché à créneaux et il a opté pour la production d’aliments biologiques, profitant également de l’occasion pour faire la promotion des produits locaux.
L’exploitation agricole de M. Kerr, qui se trouve dans le comté de Kent, en Ontario, comprend 1 700 acres de terres cultivées et de pâturages. De cette superficie, 1 100 acres sont certifiées biologiques et il y cultive des champs de tomates, d’aubergines, d’asperges, de courges, de maïs fourrager, de soja et de petits pois destinés à la transformation, aux marchés de produits frais, ainsi qu’à son élevage bovin.
« Le prix des denrées était bas et l’exploitation n’était donc pas aussi rentable », explique M. Kerr. « Que pouvions-nous faire pour atteindre à nouveau un niveau de revenu décent? J’ai décidé d’effectuer des changements et de travailler dans les marchés à créneaux en cultivant biologique. »
M. Kerr pense que la production pour les marchés locaux a un très bon avenir et que ce secteur offre encore des possibilités d’expansion pour l’agriculture. Cependant, il suggère la prudence à ceux qui se lancent tout juste sur ce marché et leur conseille de se montrer patients lorsqu’ils créeront leurs nouveaux contacts et s’établiront en tant que producteur local.
« C’est une nouvelle façon de gagner sa vie, et même bien meilleure, au fur et à mesure que le marché se développe, mais il y a une certaine période d’apprentissage », dit-il.
M. Kerr pense que l’ingrédient clé du succès est de convaincre les consommateurs qu’il vaut mieux acheter des produits locaux.
« La production alimentaire locale est importante parce qu’elle représente un avantage concurrentiel que les serres mexicaines n’ont pas sur nous. Cela ouvre de nouveaux marchés et crée de nouvelles possibilités pour les agriculteurs locaux. » ?
Les programmes de production alimentaire locaux abondent dans tout le pays. Dans certains cas, les producteurs se regroupent pour créer des groupes de commercialisation. Dans d’autres cas, ce sont les groupes mêmes de producteurs qui s’occupent de la commercialisation. Partout au pays, différents niveaux de gouvernement organisent également des programmes de promotion des produits alimentaires locaux, comme les gouvernements provinciaux, les comtés et les municipalités.
Voici un bref aperçu de quelques programmes qui existent un peu partout au pays :
Local Food Plus (en anglais seulement) en Ontario est un organisme à but non lucratif qui amène « les producteurs et les consommateurs à partager les avantages d’une production alimentaire écologiquement et socialement responsable ». Les producteurs et les transformateurs font l’objet d’un processus de certification pour ensuite faire partie d’un réseau d’acheteurs locaux.
La campagne Eat B.C.! (en anglais seulement) est un programme provincial ciblant les restaurants, les magasins d’alimentation, les marchés, les universités et les cafétérias, ainsi qu’un certain nombre d’établissements de santé.
Select Nova Scotia (en anglais seulement) est un programme provincial appuyé par le secteur de la restauration, l’agriculture et les magasins d’alimentation. Le programme a pour but d’accroître la sensibilisation et les connaissances des consommateurs. Augmenter la consommation de produits locaux des institutions gouvernementales est également un des objectifs. Des produits locaux sont maintenant consommés dans les établissements de santé et pénitentiaires.
Inscrivez-vous dès maintenant pour recevoir gratuitement l'AgriSuccès dans votre boîte aux lettres tous les deux mois.




